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Conséquence de l’importation de la société de consommation à l’occidentale
9 mars 2024, par

Dans sa dernière enquête sur le surendettement des ménages, l’Institut d’émission des départements d’Outre-mer (IEDOM) constate une hausse de 13 % du nombre de situations de surendettement dans les départements et collectivités dites « d’outre-mer » en 2023. 2619 dossiers ont été déposés. C’est un record en 10 ans, pour un montant de dettes globales de 74 millions d’euros. Les personnes concernées sont majoritairement des femmes (63 %), notamment des femmes seules avec enfants. L’importation de la société de consommation dans ces pays est la cause principale. Plus de la moitié des familles ayant déposé en 2023 un dossier de surendettement ne disposent d’aucune capacité de remboursement pour faire face à ses dettes.
« En 2023, 2 619 dossiers de surendettement ont été déposés auprès des services de l’IEDOM, soit une hausse de 13 % sur un an et de 7 % par rapport à 2019 (année de référence avant COVID 19) », affirme un communiqué de l’IEDOM publié ce 7 mars. Selon la banque centrale des anciennes colonies françaises intégrées à la République, « ce niveau, jamais atteint en dix ans, reflète en partie les conséquences économiques de la crise sanitaire et de la hausse de l’inflation pour les populations d’Outre-mer, déjà marquées par un chômage structurellement élevé ».
Ces 2 619 dossiers représentent une dette globale de plus de 74 millions d’euros, soit un endettement médian de 18 880 euros.
L’importation de la société de consommation à l’occidentale est la principale responsable de cette situation. En effet, « il s’agit pour 43 % de dettes de crédits à la consommation ; pour 25 % de dettes de crédits immobiliers ; pour 16 % de dettes de charges courantes (loyers, factures impayées, etc.). Le cumul des dettes à la consommation (prêts personnels, crédits renouvelables, LOA, etc.) fragilise des situations financières déjà compliquées : en 2023, un ménage surendetté sur deux cumule 3 crédits ou plus. C’est davantage qu’en 2022 ».
« Aucune capacité de remboursement pour faire face à leurs dettes »
63 % des dossiers déposés auprès de l’IEDOM concernent des femmes : 63 % et 32 % des femmes élévant seules leurs enfants.
Dans 54 % des dossiers, les victimes de surrendettement n’ont « aucune capacité de remboursement pour faire face à leurs dettes », indique le communiqué de l’IEDOM.
Air Austral, Run Market notamment ont bénéficié d’un large soutien de l’État pour effacer une grande partie de leurs dettes. Paris étendra-t-il cette mesure aux familles victimes de surendettement ?
M.M.
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