La pauvreté et les inégalités à La Réunion en 2021

Près de 500 000 Réunionnais dans une famille touchant les minima sociaux

23 février, par Manuel Marchal

L’INSEE a présenté hier la photographie de la pauvreté et des inégalités à La Réunion en 2021. L’étude publiée indique que si des progrès ont été accomplis au cours des 15 dernières années, la tendance est à la stabilisation : le taux de pauvreté n’a pas diminué en 2021 où il est à 36 %, et les niveaux des inégalités est le même depuis 2017.
« La pauvreté est particulièrement élevée dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville à La Réunion où elle touche plus d’une personne sur deux », affirme l’INSEE.
La pénurie d’emplois est la principale cause de cette situation qui fait dépendre une grande partie de la population d’aides sociales : « fin 2021, 496 500 personnes vivent dans un ménage bénéficiant de minima sociaux ».

L’INSEE a présenté hier le numéro 268 de sa revue « INSEE Flash Réunion ». Elle est consacrée à une étude appelée « Niveau de vie et pauvreté en 2021 à La Réunion ». C’est une photographie de La Réunion au moment de la fin de la crise COVID-19 en termes de pauvreté et d’inégalité.
Rappelons que l’abolition de la grande pauvreté d’ici 2030 est l’Objectif numéro 1 des Objectifs de développement durable de l’ONU. Ces ODD ont été ratifiés par la République française, donc ils s’appliquent à La Réunion. A 9 ans de l’échéance, 36 % de la population est considérée comme vivant sous le seuil de pauvreté.

108 200 enfants dans une famille pauvre

« La politique de redistribution permet néanmoins de réduire fortement la pauvreté et les inégalités : sans celle-ci, 49 % de la population réunionnaise serait pauvre », note l’INSEE qui indique également que « dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville et dans certaines petites communes rurales, plus d’une personne sur deux vit sous le seuil de pauvreté ».
« La pauvreté est particulièrement élevée dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville à La Réunion où elle touche plus d’une personne sur deux », affirme l’INSEE qui poursuit : « elle est également très forte dans certaines petites communes rurales (figure 3) : une personne sur deux est concernée à Salazie (54 %), Cilaos (51 %) et Sainte-Rose (49 %). À l’inverse, La Possession (24 %), L’Étang-Salé (27 %) et Les Avirons (28 %) sont les communes les moins concernées ».
Les plus jeunes sont très touchés : « La pauvreté concerne particulièrement les mineurs : 46 % d’entre eux vivent dans un ménage pauvre, soit 108 200 enfants »

Emplois insuffisants et mal payés

L’INSEE note une amélioration progressive qui s’est arrêtée, « entre 2007 et 2019, le taux de pauvreté avait largement reculé à La Réunion (-11 points ). En 2020, il continuait à baisser malgré la crise sanitaire, notamment en lien avec l’aide exceptionnelle de solidarité Covid et la majoration de l’allocation de rentrée scolaire en 2020 – toutes deux non reconduites les années suivantes. En 2021, le taux de pauvreté ne diminue pas ».
L’INSEE note que « l’emploi constitue la meilleure protection contre la pauvreté mais cette hausse de l’emploi est portée par les micro-entreprises et par les contrats d’apprentissage, des formes d’emploi peu rémunératrices ».
Or, « le déficit d’emplois reste important à La Réunion : en 2021, seules 49 % des personnes en âge de travailler ont un emploi, contre 68 % » en France. « Les salaires moyens et le niveau des retraites sont également moins élevés à La Réunion », précise l’INSEE qui ajoute que « fin 2021, 496 500 personnes vivent dans un ménage bénéficiant de minima sociaux. Le nombre de bénéficiaires du revenu de solidarité active (RSA) diminue néanmoins en 2021 et se situe à un niveau inférieur à celui de 2019, avant la crise sanitaire ».

Inégalités importantes

Concernant les inégalités, elles « restent ainsi importantes à La Réunion : en 2021, l’ensemble des revenus disponibles des 20 % les plus favorisés est 5,4 fois plus important que celui des 20 % les plus modestes ». En France, l’écart est de 4,5 fois. L’INSEE note une amélioration au cours des 15 dernières années, qui là aussi a connu un coup d’arrêt : « En 2007, le rapport entre les revenus des 20 % les plus aisés et ceux des 20 % les plus modestes était nettement supérieur (7). Mais depuis 2017, il stagne autour de 5,5 ».

M.M.

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