Dans le Village Réunion

Salon de l’agriculture : pourquoi des producteurs réunionnais viennent et reviennent

1er mars

Parmi les exposants réunionnais du 60e Salon international de l’agriculture (SIA), regroupés au sein du « Village Réunion » que le Département met à leur disposition, il y a 15 nouveaux, dont c’est la première participation, et aussi des habitués, qui reviennent chaque année.

La palme de la participation revient sans conteste à Louis Leichnig, producteur de vanille à Saint-Philippe, qui compte 20 Salons de l’agriculture. « Au début, je suis venu pour tester, raconte-t-il. Je me suis donné trois ans pour voir si on continuait. La première année, le stand n’a pas été payé par les ventes. La troisième, tout était payé. On est passé de 6 à 12 m2, jusqu’à 30 m2. J’ai trouvé une clientèle ici, pour un produit assez cher. On vient aussi pour se mesurer aux autres, et on représente La Réunion au milieu du monde agricole de la France entière. »

Si les retombées économiques sont fluctuantes, le SIA a néanmoins pu représenter 20 % du chiffre d’affaires de la société les meilleures années. Aujourd’hui, Louis Leichnig y vient surtout pour entretenir sa clientèle de France et l’image de marque de sa vanille.

Ludovic Maufras, patron de la distillerie saint-pauloise « La part des anges », affiche, lui, six participations au SIA. Et il l’assure, c’est le fait de revenir qui permet aux producteurs de rencontrer des professionnels capables de leur proposer des débouchés. « La première année, ils passent sans nous parler, explique-t-il. On est sur des produits hauts de gamme, ils veulent voir si on tient dans la durée. Nous venons aussi pour les particuliers, ceux qui sont venus à La Réunion et nous connaissent. Nous sommes peu distribués en France, si on ne vient pas tous les ans, on perd cette clientèle. »
« La part des anges » a ainsi rencontré un distributeur et lui envoie une palette de 500 bouteilles par an, qu’il répartit ensuite dans les points de vente. « Ce n’est pas un volume énorme mais c’est quand même important de le faire, continue Ludovic Maufras. Nous ne cherchons pas les volumes, plutôt la qualité et la notoriété. »

Difficile d’être un « petit » nouveau quand on s’appelle « Mascarin », mais c’est bien la première participation au Salon de l’agriculture de cette marque emblématique de l’île, qui n’est pas distribuée en France et souhaiterait l’être. « Nous recevons trois ou quatre fois par jour des demandes émanant de l’Hexagone », commente Frédéric Auché, le P-DG de « Mascarin ». « Nous ne savons pas gérer ça nous-mêmes. Nous souhaitons être dans les épiceries fines avec nos sirops et chocolats, là où les consommateurs viennent chercher des produits du nouveau monde. Je pense que nous pourrions réaliser 20 % de nos ventes dans l’Hexagone si nous trouvons le bon distributeur. A Maurice, avec un seul point de vente, nous en réalisons 10 %. Nous avons des produits uniques qu’on ne retrouve pas ailleurs. » Frédéric Auché livre un second objectif pour la présence de « Mascarin » au SIA, tester les goûts des consommateurs hexagonaux. « Surtout, conclut-il, nous faisons partie du collectif Réunion. Nous sommes une marque emblématique et nous apportons notre pierre à ce qui est fait par le Département. »


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