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Deux ministres au Port demain pour y parler de coopération régionale
14 mai 2024, par

Marie Guevenoux, ministre déléguée aux Outre-mer, sera ce 15 mai au Port pour rencontrer la direction du Grand Port maritime de La Réunion. Chrysoula Zacharopoulou, sécrétaire d’État chargée du Développement, de la Francophonie et des Partenariats internationaux, est également annoncée pour cette séquence car il sera question de coopération régionale. D’ici un an, le nouveau quai du port de Toamasina permettra d’y accueillir les porte-containers panamax de près de 300 mètres. Actuellement, ces bateaux transbordent leurs marchandises pour Madagascar à La Réunion. Toamasina veut devenir le principal port de transbordement de notre région, cela ne sera pas sans impact pour La Réunion.
La modernisation du port de Toamasina est un projet issu d’un partenariat entre Madagascar et le Japon. L’objectif est d’en faire le hub maritime de notre région. Débuté en 2018, le chantier doit se terminer en 2026. Dans un an, Toamasina pourra accueillir les plus gros porte-containers. Jusqu’à présent, ces bateaux doivent transborder les marchandises pour Madagascar à La Réunion ou à Maurice.
C’est dans ce contexte que se situe la visite demain au Grand Port maritime de La Réunion de deux membres du gouvernement : Marie Guevenoux, ministre déléguée aux Outre-mer, et Chrysoula Zacharopoulou, secrétaire d’État chargée du Développement, de la Francophonie et des Partenariats internationaux. Il y sera question notamment de coopération régionale.
D’importants investissements ont été faits par les pouvoirs publics au port pour accueillir les plus grands porte-containers.
La montée en puissance du port de Toamasina vise à faire du plus grand port de Madagascar une escale obligatoire pour ces navires. La rénovation du train et la construction d’une autoroute reliant Toamasina à Antananarivo accélérera les échanges, ouvrant de nouvelles perspectives pour les exportations. A la différence de La Réunion, ce sera donc la certitude de pouvoir charger des containers pleins pour repartir. Cette escale permettra également de mettre fin au transbordement des marchandises sur de plus petits bateaux dans des ports situés dans d’autres pays.
Ainsi, les transbordements effectués à La Réunion pour Madagascar ne seront plus nécessaires. Cela signifie une perte de trafic pour Port Réunion.
Par ailleurs, comme l’ambition de Toamasina est de devenir le hub maritime de l’océan Indien, un des objectifs est de devenir un port de transbordement pas seulement pour desservir les autres ports de Madagascar. Ainsi les bateaux faisant escale à La Réunion pour décharger des marchandises à destination de Mayotte pourront très bien le faire à Toamasina. C’est à se demander si les containers importés à La Réunion ne seront-ils pas transbordés à Madagascar ? A quoi aurait servi tous l’argent dépensé à La Réunion pour s’équiper de grues capables de décharger les plus grands bateaux ? Face à une telle éventualité, il est nécessaire de coopérer pour agir dans la complémentarité.
M.M.
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