Obsèques de Pierre Thiébault : un départ en chantant
4 juin, parNos peines
Hausse impressionnante de la marge de distribution des pétroliers entre 2001 et 2009
5 septembre 2009, par

Alors que les Réunionnais sont confrontés à une grave crise qui se manifeste par une augmentation de la pénurie d’emploi et un pouvoir d’achat de plus en plus menacé, il existe un opérateur de la chaine économique qui insiste malgré tout pour augmenter ses bénéfices. L’Autorité de la concurrence constate qu’entre 2001 et 2009, la marge de détail des compagnies pétrolières opérant à La Réunion a augmenté de 77%. Mais pour les bénéficiaires de ce système, ce n’est pas suffisant.
« La dérive des marges a été particulièrement nette à La Réunion et à la Guadeloupe », c’est ainsi que l’Autorité de la concurrence décrit la situation du marché des carburants dans notre pays. Car entre 2001 et 2009, les documents que cette instance a pu se procurer démontrent que la marge de distribution des pétroliers a augmenté de 77%. Qui à La Réunion a vu ses revenus augmenter de 77% durant la même période ?
Au contraire, la situation de la majeure partie de la population s’est aggravée. L’augmentation de chômage et des prix ont poussé dans la rue des dizaines de milliers de Réunionnais au mois de mars. Ces grandes actions ont abouti sur quelques avancées au profit du pouvoir d’achat de tous les Réunionnais. Parmi ces conquêtes figure la baisse des prix des carburants. Le 9 mars, il n’était plus question de savants calculs, la pression populaire a obtenu la baisse des prix, qui a été notamment de 15% sur le prix de la bouteille de gaz.
La crise s’aggrave
L’État a aussi adopté une mesure de relance du pouvoir d’achat : c’est le RSTA pour les bas salaires. Il a aussi étendu à l’ensemble des entreprises un accord salarial régional qui prévoit une augmentation de 50 à 60 euros, cumulable avec le RSTA. Mais toutes ces mesures ne sont pas encore opérationnelles, et donc la situation ne s’est pas franchement améliorée depuis mars. Elle s’est même aggravée puisque la crise provoque la fermeture de nombreuses entreprises, et donc des licenciements de milliers de travailleurs.
Dans le même temps, les premiers avis d’imposition commencent à arriver dans les boîtes aux lettres. Dans la plupart des communes, les conséquences de l’insuffisance des transferts financiers par rapport aux compétences transférées aux communes se traduisent par une hausse des impôts locaux.
Tous ces éléments font qu’il est difficile d’appliquer la procédure habituelle pour augmenter le prix des carburants. La rencontre avec les pétroliers suivie d’un communiqué peut déboucher sur un affrontement frontal avec l’opinion.
Mais les compagnies pétrolières veulent voir leurs marges augmenter, ce qui ne peut être possible que par une augmentation des prix des carburants.
Une nouvelle manœuvre
Alors c’est une nouvelle tactique qui est mise en œuvre. Pour cela, le représentant de l’État utilise tout d’abord une conclusion de la mission de l’Inspection générale des Finances qui préconise un nouveau mode de calcul. Et essaie de faire valider cette nouvelle formule par l’Observatoire des prix et des revenus. Pour tenter de faire passer la pilule, on lance des chiffres : ce sera 5 cts de plus pour le gasoil et 14 cts de plus pour le super à moins que l’on mette en œuvre les recommandations de l’IGF. Cerise sur le gâteau, on entend même sur les ondes du service public le représentant des pétroliers demander à l’État de faire la transparence s’il veut changer la formule de calcul. Autrement dit, on tente de préparer l’opinion à une augmentation qualifiée d’« inéluctable » par RFO. Le préfet pourrait être le "sauveur". Car s’il arrivait à imposer le nouveau mode de calcul, la hausse serait moins importante.
Face à ce qui se prépare, des précisions s’imposent.
Tout d’abord, le nouveau mode de calcul aboutit lui aussi à une augmentation des prix !
Des "actifs pourris"
D’aucuns insistent sur une hausse moins importante que prévue, mais en pleine crise du pouvoir d’achat, toute hausse sera perçue comme faire passer les intérêts particuliers de quelques actionnaires avant l’intérêt général de 800.000 Réunionnais.
Ensuite, les différents rapports ont conclu à des dérives. Cela veut dire que la base même de ce système de calcul est vicié. C’est sur la base de ces informations manquant pour le moins de transparence, comme le reconnaissent en substance les rapports officiels, qu’a été calculé pendant des années un prix qui a été imposé aux Réunionnais. Le nouveau mode de calcul s’appuie sur ces bases qui dans d’autres circonstances et sous d’autres cieux s’appelleraient des "actifs pourris". Une base qui a permis une augmentation de 77% des marges en 8 ans, intégralement prélevée sur le pouvoir d’achat des Réunionnais.
Manuel Marchal
Incroyable mais vrai : les pétroliers accusent l’État de ne pas jouer la transparence !
« La hausse est inéluctable et les pétroliers déplorent à leur tour un manque de transparence » : c’est sur cette information extrêmement étonnante qu’a ouvert le journal du matin de Radio Réunion.
Le service public donne alors la parole à un représentant des pétroliers : « Il y a un problème de transparence pour le rapport Bolliet puisqu’il met en avant des calculs pour lesquels nous n’avons aucun détail ». Autrement dit, c’est le pétrolier qui demande à l’État de faire la transparence ! Et d’ajouter : « dans certains rapports qui sortent il y a des chiffres, mais qui ne sont pas expliqués ».
Lorsque l’on sait que jusqu’à présent, le prix des carburants est fixé à par le préfet à partir des informations données par les pétroliers, une telle affirmation est incroyable. C’est celui qui donne les informations qu’il veut bien donner qui accuse celui qui les reçoit de rétention d’information.
On voit bien que toute cette affaire est cousue de fil blanc. Il s’agit par un moyen détourné d’arriver à un objectif : faire baisser le pouvoir d’achat des Réunionnais en pleine crise. Tout cela pour faire triompher l’intérêt particulier au détriment de l’intérêt général. Gageons que le représentant de l’État ne tombera pas dans un piège aussi grossier.
Nos peines
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