Innovation à La Réunion

Australe Concrete lance un béton « puits carbone » pour limiter la pollution créée par le BTP

4 mai, par Manuel Marchal

À La Réunion, Australe Concrete innove avec un béton « puits carbone » intégrant la technologie de Paebbl. Ce procédé capte et minéralise le CO₂ dans les sols, réduisant fortement l’empreinte du BTP. Testée à Saint-Louis, la solution ouvre la voie à une production locale grâce à l’olivine, et attire déjà des acteurs majeurs comme Amazon.

Une avancée dans la lutte contre le changement climatique vient d’émerger à La Réunion. L’entreprise Australe Concrete annonce avoir développé et déployé une technologie inédite de sols en béton capables de piéger durablement le dioxyde de carbone. Une première mondiale dans un secteur responsable d’environ 8 % des émissions globales.

Minéralisation accélérée du CO₂

Au cœur de cette innovation, un partenariat avec la scale-up Paebbl, spécialisée dans la minéralisation accélérée du CO₂. Le procédé consiste à transformer ce gaz en un composant solide intégré au béton, grâce à une réaction chimique avec des ressources naturelles. Résultat : un liant dit « à carbone négatif », qui stocke davantage de CO₂ qu’il n’en émet lors de sa production, transport inclus.

Première application à Saint-Louis

Après une première application remarquée à Paris, le dispositif a été déployé à plus grande échelle à Saint-Louis, sur le chantier du siège de l’entreprise Manéo. Au total, 410 m² de sols ont été réalisés en remplaçant 18 % du ciment traditionnel par ce nouveau liant. Selon Australe Concrete, l’opération a permis de séquestrer 20 kg de CO₂ directement dans le matériau, sans risque de rejet ultérieur.
Cette technologie suscite déjà l’intérêt de grands acteurs internationaux. Le cimentier Holcim et le géant Amazon figurent parmi les investisseurs de Paebbl, ce dernier ayant prévu d’utiliser la solution dans plusieurs de ses data centers européens.

Réduire la dépendance aux importations de ciment

Au-delà de l’innovation technique, l’enjeu est aussi stratégique pour notre pays. La présence naturelle d’olivine dans les sols réunionnais — un minéral clé du procédé — ouvre la voie à une production locale de ce liant décarboné. « La Réunion pourrait réduire sa dépendance aux importations de ciment et bâtir une véritable filière industrielle », souligne le président d’Australe Concrete.
Une perspective qui positionne l’île comme un laboratoire de la construction.

M.M.

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