Economie

Autonomie alimentaire et relocalisation de la production : fondations d’un modèle économique réunionnais

Devant la vulnérabilité de La Réunion aux événements extérieurs pour son approvisionnement en produits de première nécessité

Manuel Marchal / 2 septembre 2021

Ce mercredi, 7 parlementaires réunionnais, représentatifs d’une grande partie de l’échiquier politique, ont écrit au ministre de l’Economie. Ces 7 élus interpelle l’État afin qu’il intervienne face à la hausse des prix de première nécessité causée par l’augmentation du coût du fret maritime. Et ils mettent en évidence une explication de cette augmentation : la dépendance de La Réunion aux importations. D’où la nécessité d’en sortir grâce à l’autonomie alimentaire et à la relocalisation des productions.

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5 députés et 2 sénateurs de La Réunion ont écrit hier au ministre de l’Economie afin que l’État agisse face à la hausse des prix de première nécessité et des matériaux de construction notamment. Ce phénomène résulte de l’augmentation du coût du fret maritime causée par la spéculation sur l’offre de transport favorisée par la pandémie de coronavirus. Cette augmentation du fret maritime est répercutée sur le consommateur final.
A La Réunion, l’État a présenté un plan de lutte contre la vie chère. Ce plan ne peut aller plus loin que des mesures conjoncturelles dans ce domaine, à savoir un blocage du prix global du Bouclier-qualité-prix, sélection de produits de grande consommation. Un accord a également été signé pour que la hausse du coût des aliments pour bétail importé ne soit pas intégralement supporté par l’éleveur afin de protéger le consommateur d’une trop grande inflation.

« Une question essentielle de dignité »

Les 7 parlementaires vont plus loin. Rappelant que la hausse des prix des produits de première nécessité pèse le plus sur le budget des familles ayant les revenus les plus faibles, ils demandent un changement structurel :
« Cette situation à laquelle nous sommes confrontés vient à nouveau confirmer l’impérieuse nécessité de construire une stratégie ambitieuse et rapide d’autonomie alimentaire pour notre territoire et de relocalisation massive des activités et de la production. »
« Nous nous tenons à votre disposition pour construire ensemble des solutions pérennes qui permettraient à notre territoire de sortir de la dépendance aux aléas du commerce international et aux fluctuations des cours des marchés financiers. Il s’agit là d’une question essentielle de dignité et de considération à l’égard des familles réunionnaises, dont près de 40% vivent sous le seuil de la pauvreté. »
Les 7 parlementaires plaident donc pour un développement économique répondant d’abord aux besoins essentiels des Réunionnais. Ceci tourne le dos avec le rôle fixé à La Réunion depuis sa colonisation : répondre aux besoins d’une ancienne métropole par des cultures d’exportation, par la fuite des cerveaux en direction de l’Europe et une économie de comptoir où les transferts publics servent en grande partie à acheter des produits fabriqués en Europe.

Une priorité de la Conférence territoriale

Cette prise de position des parlementaires converge avec celle adoptée par le PCR depuis sa création en 1959, pour qui le développement de La Réunion passe par l’autonomie énergétique et alimentaire, avec la production à La Réunion de biens et de service adaptés aux besoins des Réunionnais.
Elle fait le lien entre autonomie alimentaire et lutte contre la pauvreté.
La crise causée par la pandémie de coronavirus a rappelé la vulnérabilité de La Réunion aux événements extérieurs pour son approvisionnement en énergie, en produits de première nécessité, et en intrants indispensables à la production locale comme l’alimentation pour le bétail. Elle a favorisé la prise de conscience de l’impasse dans laquelle se situe La Réunion en raison d’une économie de comptoir qui bloque son développement et fait payer lourdement aux plus démunis le prix de la moindre crise touchant le commerce mondial.
Il est clair qu’un plan de développement pour La Réunion ne pourra que prendre en compte cette nécessaire autonomie de La Réunion pour son alimentation et son énergie. Aussi, la prise de position des 7 parlementaires plaide pour que cette question soit une priorité de la Conférence territoriale.

M.M.



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  • Les transports vont augmenter, c’est sur. Pour tout, fret et citoyens. Aussi, arrêtons de produire autant de sucre qui ne rapporte plus autant qu’avant, sans oublier le diabète qu’il entraîne, une plaie dans les deux sens du terme. Ensuite, je propose que l’on mette à se place des légumes, en bio, pour renforcer l’autonomie. Sans oublier les épices, comme la vanille qui n’est utilisée que par un seul glacier local, ce qui est un comble je trouve, non ? Idem pour le sel, je n’ai toujours pas compris pourquoi, étant sur une île, donc entourés d’eau salée, on persiste à en importer, encore un comble. Un autre pour la route ? Toute les énergies renouvelables présentes, le volcan pour la géothermie, la houle marine, le vent, le soleil, l’hydraulique, alors pourquoi encore du charbon, du fioul ? Et pour les transports, à quand enfin, le retour du train, un TER péi reliant Ste Rose à St Joseph ? Pensez aux touristes, aux réunionnais de retour sur leur île, tous seraient ravis, fiers, et l’idée pourrait être copiée ailleurs, comme Maurice, Madagascar, Mayotte, etc. Vite, ça urge, ça chauffe ! Arhur qui pédale dans les bouchons polluants.

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