Un triple anniversaire de portée mondiale
18 juillet, par4 septembre 1996, 4 novembre 2016 et 12 novembre 2016
Le blocus du détroit d’Ormuz par les États-Unis : urgence d’une nouvelle économie à La Réunion
15 avril, par

Le blocus du détroit d’Ormuz par les États-Unis, décidé par Donald Trump, révèle la vulnérabilité énergétique de La Réunion. Dépendante à 90 % des importations pour l’énergie, l’île subit les crises mondiales. Cette situation relance l’urgence d’une autonomie énergétique et d’une intégration régionale, portée par des Réunionnais conscients et décolonisés.
Le blocus du détroit d’Ormuz par les États-Unis n’est pas qu’un épisode de plus dans les tensions internationales. Il agit comme un révélateur brutal : La Réunion est à la merci de décisions prises à des milliers de kilomètres, sans aucune prise sur leur déroulement.
Quand Donald Trump décide de jouer avec les routes maritimes mondiales, ce sont les prix du carburant, de l’électricité, des produits importés qui flambent ici. Une réalité simple : une île dépendante à 90 % des importations pour la production d’énergie ne peut être souveraine dans ses choix économiques et sociaux.
Et face à cette situation, un constat : ce ne sont ni Paris ni Bruxelles qui apporteront la solution. Ni la France, ni l’Union européenne ne peuvent protéger durablement La Réunion des secousses d’un monde instable. Parce que leurs priorités ne sont pas les nôtres, parce que leur regard reste tourné vers d’autres enjeux.
La seule voie possible est celle de la responsabilité collective des Réunionnais eux-mêmes. Une prise de conscience politique, économique et culturelle est indispensable. Être lucide, c’est comprendre que notre avenir ne peut pas reposer sur une dépendance héritée de l’histoire coloniale.
Cela implique un changement profond : se décoloniser dans les têtes comme dans les pratiques. Cesser de regarder exclusivement vers l’Occident, situé à des milliers de kilomètres, et se tourner enfin vers notre environnement naturel : la région des îles africaines de l’océan Indien.
Madagascar en est un pilier essentiel. Proche, riche en ressources, capable de produire une grande partie de ce que nous importons aujourd’hui à grands frais. Mais pour construire ce partenariat, encore faut-il rompre avec une vision hiérarchisée héritée du passé, ce complexe de supériorité du colonisé qui s’ignore.
Il ne s’agit pas de substitution, mais de coopération. Un co-développement gagnant-gagnant, où La Réunion sécurise ses approvisionnements tandis que Madagascar renforce son économie. Une dynamique régionale qui profite à l’ensemble des peuples de l’océan Indien.
Parallèlement, l’autonomie énergétique doit devenir une priorité absolue. Solaire, éolien, biomasse : les ressources existent. Ce choix est vital pour réduire notre exposition aux crises internationales et construire une économie plus résiliente.
Le blocus du détroit d’Ormuz est un avertissement. Il montre que notre dépendance nous fragilise, qu’elle nous condamne à subir. Mais il ouvre aussi une perspective : celle d’un réveil collectif.
Ce ne sont pas les grandes puissances qui sauveront La Réunion. Ce sont les Réunionnais eux-mêmes, conscients, organisés et capables de s’inscrire pleinement dans leur région. C’est à cette condition que l’île pourra sortir de la dépendance et construire un avenir maîtrisé.
M.M.
4 septembre 1996, 4 novembre 2016 et 12 novembre 2016
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