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5 juin, parRapport sur les riches publié par l’Observatoire des inégalités
Conflit entre la CCI et les loueurs de voiture à l’aéroport Roland-Garros
17 juillet 2004

Malgré la décision judiciaire en date du 8 juin autorisant les loueurs de voitures indépendants à stationner sur le parking public de l’aéroport Roland Garros, Arjouhoussen Mahamadali, président de la Commission aéroport et élu de la Chambre de commerce et d’industrie, maintient sa position : il veut faire cesser cette activité commerciale.
Afin de désengorger l’aérogare et d’offrir des prestations de qualité aux usagers, la décision fut prise en 1999 de construire un emplacement extérieur pour la location de véhicules. Sur les 16 loueurs qui ont répondu à l’appel public à la concurrence pour l’exploitation initiale de 12 stands, seulement 10 offres ont été retenues. Comme stipulé dans la convention mise en place pour la période de 1999 à 2005, chaque loueur agréé a dû verser l’équivalent de 3 ans de loyers pour auto-financer le bâti. À cela s’ajoute une redevance commerciale (en moyenne 4,5% du chiffre d’affaire du loueur), versée à la CCI, et qui représente un pactole de 600.000 euros par an auquel s’ajoute les 200.000 annuels de loyers.
Un commerce juteux qui justifie la poursuite de cette "bagarre judiciaire" de la CCI qui, par la voix de Arjouhoussen Mahamadali, parle avant tout de "défendre l’ensemble des activités des ressortissants" de l’aéroport, "mais aussi de respect de la convention". Au vu des investissements engagés par les loueurs agréés, qui en l’occurrence appartiennent tous à des réseaux franchisés nationaux ou internationaux - alors que l’île compte 80 loueurs de véhicules -, l’on peut comprendre qu’ils souhaitent quant à eux protéger leur mise.
Le jugement du 8 juin a réfuté l’accusation de position dominante de la CCI s’agissant de l’offre de location de véhicules, mais a néanmoins autorisé les loueurs non agréés à stationner dans le parking public de l’aéroport. Une décision qui a conduit la CCI à faire appel et à poursuivre sa chasse aux loueurs entamée depuis 2000.
Selon l’arrêté préfectoral de 1995, "aucune activité commerciale ou artisanale ne peut être exercée à l’intérieur de l’aérodrome sans autorisation du gestionnaire", et comme le gestionnaire (l’aéroport) se refuse à élargir l’offre de prestations (15 euros par jour au lieu du double et plus pour les ressortissants de l’aéroport peuvent séduire une catégorie de touristes), la bataille continue au moins jusqu’à 2005.
"On n’interdit pas l’activité de location mais elle a besoin de l’agrément de l’aéroport", souligne l’élu de la CCI qui rappelle néanmoins par la suite que "même si un loueur est agréé, il ne peut rentrer dans la période de la convention". Peut-être alors une opportunité pour ces loueurs non agréés qui souhaitent profiter de cette niche économique ?
Arjouhoussen Mahamadali, plus que de concertation ou de terrain d’entente, parle de réflexions à mener en vue d’un nouveau cahier des charges, d’une nouvelle convention qui pourrait éventuellement favoriser l’intégration des autres loueurs. Mais éventuellement. Pour l’heure, pas d’alternative, la lutte se joue dans les tribunaux et la surveillance de terrain se poursuit.
Estéfany
L’usager doit avoir le choix
Arjouhoussen Mahamadali a tenu à souligner que l’État délègue la gestion et la coordination des équipements et des personnes à l’aéroport, et ce afin de traduire la légitimité de choix et de décision de la plate-forme Roland Garros dans cette affaire. Rappelons quant à nous l’augmentation de 13%, depuis le 1er janvier 2004, des tarifs de la TAC (Taxe de l’aviation civile), entraînant une recette supplémentaire de 33,87 millions d’euros.
Cette taxe est acquittée par les voyageurs, soit une majoration de 9,5 euros sur le prix de leur billet. Elle permet, entre autres, d’aider les gestionnaires d’aéroports en matière de sécurité, de sûreté et de contrôles environnementaux, comme elle subvient aux dépenses de personnel de la BAAC (Budget annexe de l’aviation civile).
De plus, depuis 1999, le service de sûreté et le service des pompiers dans les aéroports, financés initialement par l’État, sont progressivement transférés à la charge des usagers. Ainsi il serait judicieux, en plus de légitimement défendre l’intérêt des loueurs de véhicules agréés par l’aéroport Roland Garros, de penser à diversifier l’offre de prestations faites aux usagers, car tous les entrants ne sont pas des hommes d’affaires et tous les touristes n’ont pas les moyens de dépenser plus de 30 euros par jour pour la location d’un véhicule.
En économisant sur le prix de la location, c’est plus de dépenses en faveur de l’activité économique, artisanale..., et l’opportunité d’ouvrir une niche d’emploi pour les Réunionnais. Certainement un autre point de réflexion pour le nouveau cahier des charges.
Rapport sur les riches publié par l’Observatoire des inégalités
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