Economie

Baisse de l’emploi salarié à La Réunion

Note de conjoncture de l’INSEE

Témoignages.re / 11 janvier 2019

En dépit de toutes les mesures d’aide aux entreprises allouées, l’emploi salarié dans le public et le privé est en baisse. Au 3e trimestre 2018, 254 800 salariés travaillent à La Réunion, secteurs privé et public confondus, soit 300 salariés de moins qu’au 2nd trimestre 2018.

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Au 3e trimestre 2018, l’emploi salarié diminue de 0,1 % à La Réunion, moins fortement qu’aux deux trimestres précédents (- 0,4 % chacun). Depuis la mi-2017, il est tiré à la baisse par les services non marchands (- 0,3 % ce trimestre) et par les « autres services » du secteur marchand (- 1,6 %), en lien avec la forte contraction du nombre de contrats aidés.

Cette baisse continue du nombre de salarié, et la hausse des demandeurs d’emploi rappellent la nécessité de définir une alternative viable à la situation économique et sociale de La Réunion. Celle-ci passe par la prise en compte des besoins du territoire et surtout trouver des solutions réunionnaises à des problèmes réunionnais sans attendre la voix de Paris.

Dans sa note de conjoncture, l’INSEE explique que "la baisse de l’emploi salarié s’explique de nouveau par un recul de l’emploi dans le secteur public (- 0,5%), qui représente un tiers des effectifs".

Ainsi, sur un an, 4,5% des emplois publics ont disparu, soit 4 000 emplois en moins. D’autant plus que le nombre de contrats aidés baisse depuis mi-2016, ce qui pèse notamment sur l’emploi public.

Baisse très remarquée des emplois aidés

L’emploi salarié privé est en légère hausse au 3e trimestre 2018 (+ 0,1 %), comme au trimestre précédent (+ 0,1 %). Comme au 2e trimestre, il ne parvient pas à contrebalancer les pertes d’emplois du secteur public. Sur an, l’emploi privé reste dynamique (+ 1,2%).

L’INSEE note qu’au début du 3e trimestre 2018, 11 700 personnes sont en contrats aidés, secteurs marchand et non-marchand confondus, soit 4 100 de moins qu’au début du trimestre précédent.

"Sur un an, la baisse est encore plus marquée", précise l’institution, car il y a 14 300 contrats aidés en moins sur l’année 2018. Depuis le début de l’année, les nouveaux contrats aidés du secteur non-marchand, appelés « Parcours emploi compétences » (PEC), augmentent.

8 800 personnes en bénéficient à la fin du 3e trimestre 2018 de ce PEC. Mais sa progression est "à un rythme qui ne compense pas la disparition des anciens contrats aidés". "Depuis le pic atteint mi 2016, ce sont 17 100 contrats aidés qui ont disparu", déplore l’INSEE.

La baisse se poursuit dans les services non marchands

Au 3e trimestre 2018, 106 200 salariés travaillent dans les services non marchands tels que l’enseignement, l’administration publique, la santé ou l’action sociale. Ils travaillent majoritairement dans le public (80%), mais peuvent aussi exercer dans le privé (activités de soutien scolaire, enseignement de la conduite, médecine, etc.).

Dans ces services non marchands, l’emploi diminue de nouveau au 3e trimestre 2018, en perdant 300 salariés. "C’est sur le premier semestre qu’ont en effet pris fin une grande partie des contrats aidés signés en 2017", explique l’INSEE. Sur un an, 3,4% des emplois non-marchands ont disparu.

L’emploi salarié baisse de façon encore plus marquée dans les associations avec une baisse de 1,6% sur un trimestre et - 8,7% sur un an. "Ce secteur, comme les secteurs non-marchands, est particulièrement concerné par la baisse des contrats aidés", écrit l’institut.

Dans le secteur de l’industrie, l’emploi salarié continue de progresser de 0,9% pour un trimestre, à + 3,9% sur un an. Dans la construction, l’emploi salarié rebondit au 3e trimestre 2018 de 0,4% après une baisse de 0,7% au trimestre précédent. Sur un an, l’emploi a progressé de 2,3%.

Dans le commerce, l’emploi ralentit de + 0,2% sur un trimestre, à + 1,9% sur un an, et dans l’hébergement et restauration, avec respectivement + 2,5% et + 6,8% sur un an. Dans les secteurs des services aux entreprises, l’emploi salarié diminue faiblement (- 0,2 % au 3e trimestre). Toutefois, sur un an, la croissance de l’emploi reste soutenue (+ 2,3 %).