La concentration de richesses révèle l’ampleur des inégalités dans les anciennes colonies intégrées à la République française comme La Réunion
5 juin, parRapport sur les riches publié par l’Observatoire des inégalités
Conférence de presse des Jeunes de la CGPER
31 janvier 2005

Nous reproduisons ci-après un communiqué diffusé hier par les jeunes de la CGPER. Ils dénoncent dans leur synthèse de la conférence de presse qu’ils ont tenue hier à Sainte-Suzanne, la négligence de la Chambre d’agriculture vis à vis d’eux et de leur profession.
(Page 6)
"Au cours d’une conférence de presse ce dimanche matin à Sainte-Suzanne, les jeunes agriculteurs de la CGPER ont montré leurs inquiétudes devant le bilan catastrophique de la Chambre d’agriculture en quatre ans de mandat.
Après avoir mis l’Institution sous perfusion financière des collectivités locales avec un plan de redressement jusqu’en 2007, les jeunes agriculteurs s’inquiètent du coma léthargique dans lequel M. Dérand et son équipe sont plongés, avec aucune proposition pour les planteurs et éleveurs de La Réunion.
Contrairement aux autres institutions publiques ou politiques comme on l’a vu dernièrement à la CCIR, M. Dérand, qui fêtera ses 4 ans de mandature le 12 février, n’a toujours pas fait un discours de politique générale sur ses orientations en matière agricole. Cet état léthargique est dramatique pour le monde agricole dans la mesure où ce sont les administrations qui ont pris en mains les destinées du développement agricole, sans toujours prendre en compte les recommandations de la profession.
Deux exemples frappants : l’élaboration de la loi de modernisation agricole, où c’est la Préfecture qui a été obligée de réunir l’ensemble de la profession (syndicats, Chambre d’agriculture, DAF, CNASEA, FRCA, APR...) dans un restaurant à Saint-Gilles, alors que dans l’ensemble des régions de Métropole, le projet de loi de modernisation agricole est porté par les Chambres d’agriculture.
Autre exemple, l’élaboration des Cahiers de l’agriculture de La Réunion sera réalisée par un comité de pilotage dont le secrétariat est assuré par un cabinet d’expertise privé plaçant la Chambre d’agriculture au même titre que la FRCA et le CNASEA.
Si aujourd’hui La Réunion fait figure d’exception, c’est bien le signe que l’inaptitude de M. Dérand et de son équipe est reconnue hors de nos frontières, jetant un discrédit sur notre profession.
Par ailleurs, le projet d’entreprise adopté en 2002, dont le président nous promettait monts et merveilles, n’est toujours pas opérationnel et l’organigramme n’a toujours pas évolué. Aucune disposition du projet n’a été appliquée, malgré les promesses. À l’époque, la CGPER avait déjà parlé de catalogue la Redoute inapplicable du projet d’entreprise.
Autre exemple de ce manque de lisibilité : le responsable de la filière canne, qui a 25 ans de service, va être remplacé à partir du 1er février 2005 par un administratif de l’APR, qui n’a jamais travaillé dans la canne à sucre. Le temps que cet administratif se mette au parfum et comprenne le fonctionnement de la filière de canne, il se sera passé une bonne campagne sucrière ainsi que la réforme de l’OCM sucre.
Compte tenu de l’importance de cette filière à La Réunion, des échéances à court terme et des difficultés financières, pourquoi ne pas avoir privilégié une promotion interne, ce qui aurait permis une transition en douceur !
Il est incontestable qu’aujourd’hui, la Chambre d’agriculture est un bateau qui navigue à vue avec un capitaine fantôme.
Quant à la filière fruits, force est de constater que le comité de pilotage pour l’export, dirigé par le secrétaire de l’Institution, est un fiasco total et le SUAD (Service d’utilité agricole et de développement) s’est reconverti en bazardier en mettant en relation des producteurs et les consommateurs lors des marchés des producteurs, alors que son rôle était d’organiser l’exportation des fruits.
Sur ce dossier, la Chambre d’agriculture a failli à 2 reprises :
1°) La majorité des exportations de letchis et d’ananas est assurée par les groupements de la CGPER (Fédération départementale des fruits et Réunion fruit éxotique) qui exportent près de 60% du volume total de La Réunion sans grand moyen logistique ni financier, mais présidés par de vrais producteurs qui ont des compétences dans ce domaine. C’est là qu’on voit qu’une Chambre d’agriculture avec 5 élus agriculteurs ne peut pas jouer un rôle moteur dans le développement agricole. La problématique de la canne et de la mangue ne sont pas forcément les mêmes.
2°) Deux années de suite que la Chambre d’agriculture et le Conseil général se rendent en Métropole avec une tonne de letchis pour soi-disant promouvoir notre produit à la veille de Noël. Là encore, l’initiative est un échec selon la presse métropolitaine (France Inter) puisque les grossistes passent leur commande 6 mois avant les fêtes avec Madagascar (qui a exporté 22.000 tonnes en 2004). Nos letchis sont donc arrivés en retard et ont dû être distribués gratuitement avec le personnel du Ministère de l’Outre-mer et de l’Élysée. Est-ce que ce projet n’a pas servi à permettre à un groupe d’élus de la Chambre d’agriculture de passer les fêtes de fin d’année en Métropole avec l’argent public ?
Bien que La Réunion de par son éloignement avec l’Europe doit nouer une coopération avec nos voisins, les jeunes agriculteurs sont inquiets pour les agriculteurs malgaches qui ont choisi la Chambre d’agriculture de La Réunion pour apporter son expertise.
Nos amis malgaches sont-ils au courant de la situation de la Chambre d’agriculture et que ses gestionnaires actuels sont des médaillés d’or de la liquidation judiciaire ?
Si M. Dérand assure le développement de l’agriculture malgache comme il gère la Chambre d’agriculture, les planteurs et éleveurs de la Grande-Ile ont du souci à se faire.
Depuis quatre ans, l’équipe de la Chambre d’agriculture n’a cessé de mentir aux agriculteurs, aux salariés de l’Institution et à l’opinion publique avec l’indulgence des autorités. Sans vouloir ouvrir une quelconque polémique mais lorsque la tutelle parle de “poids du passé”, on lui pose les questions suivantes :
- Est-ce que le président percevait un salaire dans le passé ?
- Est-ce que les élus voyageaient en classe affaires (1.700 euros) dans le passé ?
- Est-ce que le taux des emprunts était de 48% dans le passé (27% en 2000) ?
- Est-ce que les fonds propres étaient de 46% dans le passé (68% en 2000) ?
- Est-ce que les subventions représentaient 12% du budget dans le passé (6% en 2000) ?
- Est-ce que dans le passé il y avait 800.000 euros de dettes sociales ?
- Est-ce que dans le passé les élus étaient payés 110 euros par jour pour représenter l’Institution ?
Voilà des chiffres concrets des audits des bailleurs de fonds et de l’inspection générale des finances, qui montrent comment la Chambre d’agriculture est arrivée dans un tel état.
Tout ceci a été dénoncé à plusieurs reprises par la CGPER, mais certains ont fait la sourde oreille en faisant preuve de laxisme avec un soutien financier démesuré. Aujourd’hui devant cette gabegie financière, ils ne peuvent plus faire marche arrière après avoir cautionné la gestion de Guy Dérand.
M. Dérand tente de redorer son blason en déclarant à tout va que les indemnités des élus vont diminuer de 11% après les avoir augmentées de 150%. C’est de la poudre aux yeux des agriculteurs, tout comme la mise en place d’un comité d’entreprise qui s’est révélé illégal et condamné par la Préfecture.
Aujourd’hui, nous demandons à l’État et aux collectivités locales de prendre leurs responsabilités et de commander un audit sur l’utilisation des quelque 5,5 millions d’euros d’argent public octroyés depuis 2001 à la Chambre d’agriculture.
L’équipe de l’union FDSEA-CDJA-UFA-CFDT doit rendre des comptes à ses ressortissants et aux agriculteurs, qui non seulement doivent payer la Chambre d’agriculture mais encore ne reçoivent plus de conseils sur le terrain puisqu’à ce jour, près de 16 postes de techniciens ne sont pas pourvus.
Sans faire une relation de cause à effet, les jeunes agriculteurs constatent que leurs acquis obtenus depuis de longues années sont remis en cause et qu’ils doivent payer de nouvelles taxes (RCO, CSG, AEEXA, taxe Chambre d’agriculture...)".
Rapport sur les riches publié par l’Observatoire des inégalités
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