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5 juin, parRapport sur les riches publié par l’Observatoire des inégalités
Fait-Main au Tampon
6 novembre 2004

André Thien Ah Koon expulse la foire-exposition du Tampon, sans sommation, ni justification. Une aberration, un non-sens, lorsque l’on connaît le succès grandissant de cette manifestation, pour les artisans et pour le public toujours plus nombreux.
On se demande si certains de nos élus sont vraiment responsables de leurs actes. Après 19 ans de partenariat, le maire du Tampon, André Thien Ah Koon, décide brutalement de ne plus accueillir la foire-exposition Fait-Main sur sa commune. Ni courrier, ni fax, pas même un appel téléphonique : "aucune réunion de travail n’a été organisée pour nous avertir", déplorait hier Dany Martin, la présidente du Fait-Main.
Si elle s’adresse en dernier recours à la presse, c’est pour en appeler à la compréhension du maire "pour soutenir le développement de l’économie locale".
Il ne lui reste que quelques jours pour trouver une solution et ne pas laisser sur le carreau les 300 artisans qui animent chaque année cette manifestation.
De 65 exposants en 1985, ils étaient 370 en 2003. Qu’il s’agisse du Fait-Main de Saint-Denis en juillet, ou de celui du Tampon en décembre, ces manifestations sont inscrites sur le calendrier des Réunionnais comme les rendez-vous incontournables de la création artisanale.
Artistes, demandeurs d’emplois, érémistes, jeunes en insertion : le Fait-Main du Tampon est constitué d’un panel éclectique de créateurs qui tentent leur chance dans le difficile secteur de l’artisanat.
Ils ont préparé pendant plus de 6 mois leurs commandes pour répondre à la fidèle clientèle du Fait-Main, et se retrouvent du jour au lendemain largués en plein vol, sans autre point de chute.
"Beaucoup de sans-emploi s’adonnent à l’artisanat. Le Fait-Main représente pour eux un galop d’essai. C’est la “mort annoncée” pour des dizaines de jeunes", appréhende Dany Martin. Pour ces jeunes artisans, le Fait-Main est l’occasion de présenter leurs créations au public, de se confronter à leurs critiques pour améliorer la qualité de leurs produits, de vendre et prendre des commandes pour l’année suivante.
Certains, même, qui ont trouvé le produit tendance, créent leur propre entreprise. Le Fait-Main est devenu un tremplin, une motivation pour nombre d’entre eux. Il concourt à l’émergence d’une nouvelle filière économique que certains de nos élus reconnaissent et encouragent. Pas André Thien Ah Koon.
Mais qu’est-ce qui peut bien provoquer chez le maire du Tampon un tel revirement, si brutal et occultant tout dialogue social avec les artisans, le public, les organisateurs ? Dany Martin attend toujours la réponse et "se refuse aujourd’hui à comprendre ce qui se passe".
Inimitiés politiques, conflits de personnes...? Peut-être la place de l’ancien président du Fait-Main aujourd’hui à la Région dérange-t-elle l’élu du Tampon ? Peut-être est-ce celle de Dany Martin à la mairie du Tampon ?
Ces hypothèses nous appartiennent mais sont sans fondement. Un élu responsable ne mettrait pas en péril des dizaines d’artisans pour des raisons aussi futiles. Dès lors que les kiosques artisanaux de Bourg-Murat sont achevés, peut-être craint-il la concurrence du Fait-Main ? Dany Martin en doute, "il n’y a aucune rivalité" entre les 3 jours que dure le Fait-Main et ces stands permanents.
Ce qui dérange profondément la présidente, c’est que la disparition d’une telle manifestation risque de creuser le déséquilibre Nord/Sud. "Si il n’y a plus de Fait-Main dans le Sud, il va y avoir un réel déséquilibre de création et d’offre à la clientèle par rapport au Nord."
Dans l’hypothèse où André Thien Ah Koon déciderait de mettre à disposition ces kiosques de Bourg-Murat, tous les exposants ne pourront y trouver une place. Quelle solution apporter dans des délais aussi courts ?
"À ce jour, je ne désespère pas et je mettrai tout en œuvre pour rendre service à l’économie locale", confirme Dany Martin. Elle est actuellement dans l’attente de réponses d’autres communes du Sud pour y implanter le Fait-Main. Cette manifestation exige de la place pour les stands mais aussi le stationnement. La tâche s’annonce difficile, mais rien n’est perdu.
Estéfany
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