Après la conférence annuelle de l’IEDOM

Confirmation d’un système au bord de la faillite à La Réunion

16 avril, par Manuel Marchal

Derrière les indicateurs en légère amélioration, la réalité économique des anciennes colonies françaises intégrées à la République reste marquée par des déséquilibres structurels hérités de l’histoire coloniale. Chômage élevé, dépendance énergétique, fragilité des entreprises : la reprise annoncée en 2025 demeure précaire, indique l’IEDOM. Cela rappelle que ces pays doivent sortir d’un modèle économique imposé, le néocolonialisme français, et construire un véritable développement.

À l’issue de la conférence annuelle de l’IEDOM-IEOM, le constat est sans ambiguïté : les économies des anciennes colonies françaises intégrées à la République française connaissent en 2025 une amélioration relative, mais celle-ci reste fragile et inégalement répartie.

Reprise fragile dans des économies toujours dépendantes

Après une année 2024 marquée par des crises multiples — sociales, climatiques et économiques —, les indicateurs repassent timidement au vert. Le climat des affaires progresse, le financement bancaire se redresse, porté par des conditions de taux plus favorables. Mais derrière ces signaux, la réalité demeure préoccupante. En Kanaky Nouvelle-Calédonie, les séquelles des événements de 2024 continuent de peser lourdement sur l’activité.
Dans la plupart de ces économies, l’emploi privé stagne. Le chômage reste structurellement élevé, bien au-dessus de celui observé en France. Cette situation n’est pas conjoncturelle : elle est le produit d’un modèle économique dépendant, organisé historiquement au service d’intérêts extérieurs plutôt que du développement local.

Populations et entreprises sous pression

Si l’inflation recule, ses effets continuent de se faire sentir. Pour de nombreux ménages, notamment les plus modestes, la hausse des prix récente a durablement entamé le pouvoir d’achat. Le recours au surendettement progresse, signe d’une précarisation persistante.
Du côté des entreprises, la situation n’est guère plus rassurante. L’année 2025 pourrait battre des records de défaillances. Derrière l’effet de rattrapage post-Covid, ce sont surtout des fragilités structurelles qui apparaissent : faiblesse du tissu productif, dépendance aux importations, délais de paiement pénalisants. Autant de symptômes d’économies maintenues dans une position périphérique.

Sortir de la dépendance : impératif politique

Les perspectives pour 2026 restent incertaines. Certes, des investissements sont annoncés et certains pays, comme Mayotte, pourraient bénéficier de programmes de reconstruction. Mais ces dynamiques restent largement conditionnées aux décisions de l’État et à des arbitrages extérieurs.
Dans le même temps, la hausse des prix de l’énergie rappelle une évidence : ces territoires demeurent fortement dépendants des importations. La crise actuelle met en lumière l’urgence d’un changement de cap.
Car les solutions sont connues : développement des infrastructures, souveraineté alimentaire, transition énergétique, renforcement des circuits économiques locaux. Mais leur mise en œuvre suppose une rupture avec les logiques su système néocolonial.
Une transformation en profondeur est nécessaire. Sans cela, les « améliorations » constatées resteront superficielles, et les anciennes colonies comme La Réunion continueront de subir un modèle économique qui ne répond ni aux besoins des populations, ni aux exigences du développement.

M.M.

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