Economie

COPIL emploi agricole : faire beaucoup mieux que 80 embauches par an

Services de l’État, syndicats agricoles et Chambre d’Agriculture évoquent de nouveaux dispositifs

Manuel Marchal / 21 juin 2019

Le Comité de pilotage sur l’emploi agricole s’est tenu hier à la préfecture. Les 80 recrutements annuels recensés chaque année en moyenne sont jugés insuffisants tandis que 2600 ouvriers agricoles sont inscrits comme demandeurs d’emploi. La création d’un groupement d’employeur, et une meilleure information sur le cumul d’un salaire et des minima sociaux sont des moyens pouvant permettre d’augmenter les recrutements dans ce secteur stratégique de l’économie réunionnaise.

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À la veille de la campagne sucrière qui mobilisera durant 6 mois de juillet à décembre, à elle seule, plus de 3 000 salariés agricoles, le préfet de La Réunion et ses services de la direction de l’alimentation, de l’agriculture et de la forêt (DAAF) et de la direction des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi (DIECCTE), la chambre d’agriculture, pôle emploi, la caisse générale de sécurité sociale (CGSS-URSSAF), la caisse d’allocation familiale (CAF) et le groupement d’employeur « RUN Réunion » se sont mobilisés pour faire connaître les dispositifs d’accompagnement financiers dont peuvent bénéficier les travailleurs saisonniers.

Afin de faire un point global de situation sur la question de l’emploi agricole salarié à La Réunion et évoquer les différentes actions menées et les dispositifs d’accompagnement disponibles, le Comité de pilotage de l’emploi agricole (COPIL) s’est tenu hier en présence du préfet, des services de l’État concernés, de la Chambre d’agriculture, des principaux syndicats agricoles, de la Fédération réunionnaise des coopératives agricoles et du co-président industriel du Comité interprofessionnel de la canne et du sucre.

Jacques Billant, préfet de La Réunion, a rappelé quelques données du contexte social. Selon l’INSEE, notre île compte un taux de chômage de 24 %, avec 2600 demandeurs d’emploi inscrits en tant qu’ouvrier agricole.

Pour le moment, les embauches sont estimées à 80 personnes par an. Un chiffre insuffisant qui appelle à des mesures visant à améliorer le nombre de créations d’emploi dans l’agriculture.

Une des principales difficultés reste la précarité de ces emplois. Les contrats durent le temps d’une saison, quelques mois pour la coupe de la canne par exemple. Et si un chômeur est recruté, il risque alors d’être dans une situation financière moins favorable à la fin de son contrat qu’au moment de son embauche en raison du recalcul à son détriment des prestations sociales. Le revenu perçu durant quelques mois l’amène en effet à dépasser des plafonds de revenu qui détermine le versement d’une aide sociale.

Le COPIL a donc permis de rappeler que la clé est d’informer sur les conditions du cumul d’un salaire et des prestations sociales. Mais à plus long terme, le défi est de transformer ces emplois saisonniers en emplois durables. Cette sécurisation des parcours professionnels est un des objectifs. Cela pourrait passer par la création d’un groupement d’employeur. Le travailleur deviendrait alors salarié de ce groupement, et pourrait alors être employé dans les entreprises adhérentes pour occuper différents postes en fonction de l’activité saisonnière de différentes productions.

Le COPIL a également noter une demande croissante de conducteurs d’engin et d’ouvrier spécialisés en maraîchage. Ce sont donc des offres d’emploi à anticiper.
Lors du débat, la CGPER a demandé que les centres de formation soient plus impliqués dans ce Comité de pilotage de l’emploi agricole. Pour sa part, la Chambre d’agriculture a présenté deux dispositifs liés : l’Espace emploi agricole et la Bourse de l’emploi. Il s’agit de favoriser la mise en relation entre les agriculteurs qui recrutent et les travailleurs à la recherche d’un emploi.

M.M.