Le monde a changé, et La Réunion ?

Corée du Sud-Afrique : l’intelligence artificielle au cœur d’un nouveau partenariat

5 septembre, par Manuel Marchal

La coopération économique entre la Corée du Sud et l’Afrique ouvre un nouveau chapitre. Du 8 au 11 septembre à Séoul, la 8e Conférence ministérielle de la KOAFEC placera l’intelligence artificielle, les infrastructures numériques et l’innovation au centre des discussions. Une évolution qui intéresse directement La Réunion, île africaine au cœur d’un océan Indien en pleine transformation.

Vingt ans après sa création, la Coopération économique Corée-Afrique (KOAFEC) entend changer d’échelle. La conférence réunira responsables africains et coréens, investisseurs, entreprises, partenaires au développement, innovateurs et représentants de start-up.
Le thème choisi est révélateur : « Exploiter l’intelligence artificielle et les infrastructures numériques pour la transformation de l’Afrique ». L’objectif est de faire des nouvelles technologies un levier de développement et de renforcer les capacités africaines dans des secteurs devenus stratégiques.

Créer de nouvelles possibilités de coopération régionale

Cette dynamique, Pour La Réunion, constitue un signal important. L’île est géographiquement située au cœur de l’océan Indien, à proximité d’un espace où les économies africaines, les échanges commerciaux et les infrastructures numériques connaissent de profondes mutations. Madagascar, Maurice, les Comores, les Seychelles et les pays d’Afrique australe sont directement concernés par cette transformation.
Dans ce contexte, l’avenir de La Réunion ne peut être pensé uniquement dans ses relations avec l’Europe et la France. Le développement de coopérations avec les pays de l’océan Indien et les grandes puissances technologiques constitue également un enjeu pour l’île. L’essor de l’IA, des télécommunications, des data centers, des énergies renouvelables et des infrastructures numériques peut créer de nouvelles possibilités de coopération régionale.

Atouts considérables de l’Afrique

L’expertise coréenne sera notamment mobilisée dans l’intelligence artificielle, les technologies de l’information et de la communication, l’énergie, l’industrie manufacturière et l’innovation. Pour l’Afrique dont fait partie La Réunion, l’enjeu est de ne pas rester de simples marchés consommateurs, mais de développer nos propres compétences et capacités de production.
Le bilan de la KOAFEC témoigne déjà de l’ampleur de cette coopération. Son Fonds fiduciaire a mobilisé environ 50 millions de dollars pour préparer des projets ayant contribué à catalyser plus de 6 milliards de dollars d’investissements. Plus de 1 300 start-up et entrepreneurs ont également été accompagnés.
Mais les besoins restent immenses. L’Afrique doit notamment combler un déficit annuel de financement du développement estimé à plus de 400 milliards de dollars. Elle dispose cependant d’atouts considérables : une population jeune, des minerais critiques et un marché continental en expansion.
La conférence devrait déboucher sur un Plan d’action 2027-2028 portant notamment sur le numérique et l’IA, l’énergie, les infrastructures, le commerce et le capital humain.

La Réunion ne doit plus rester à l’écart

Pour La Réunion, l’enjeu est de regarder cette mutation régionale avec attention. Alors que l’île cherche à diversifier ses échanges et à renforcer son insertion dans l’océan Indien, les coopérations technologiques qui se nouent entre l’Afrique et l’Asie peuvent ouvrir de nouvelles perspectives. Encore faut-il que La Réunion soit en mesure de participer à ces réseaux et de ne pas rester à l’écart des grandes transformations qui s’opèrent autour d’elle.
L’avenir de l’océan Indien se joue aussi dans le numérique et l’intelligence artificielle. La Réunion a intérêt à y prendre sa place pour survivre et ne pas devenir un pays dominé par le chômage et dépendant de l’argent de touristes de passage.

M.M.

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