Economie

Coronavirus : 20 recommandations du Sénat face à l’urgence économique

Plan de relance

Témoignages.re / 10 juillet 2020

La délégation Outre-mer du Sénat a présenté hier lors d’une conférence de presse un rapport présentant des recommandations de la Haute assemblée pour faire face aux conséquences économiques de l’épidémie de coronavirus. Ses 20 recommandations sont articulées autour de deux axes : la nécessaire adaptation des dispositifs nationaux au regard des spécificités du tissu entrepreneurial des anciennes colonies françaises intégrées à la République et le besoin d’accompagnement des collectivités locales afin de maintenir leur capacité d’investissement et d’appui à l’économie locale.

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À la suite de l’épidémie de Covid-19, la Délégation sénatoriale aux outre-mer a décidé de conduire une étude sur l’urgence économique outre-mer pour laquelle Stéphane ARTANO (Rassemblement Démocratique et Social Européen, Saint-Pierre-et-Miquelon), Viviane ARTIGALAS (Socialiste et Républicain - Hautes Pyrénées) et Nassimah DINDAR (Union Centriste - La Réunion) ont été désignés rapporteurs.

Pour mesurer la situation dans les différentes géographies, elle a procédé, sous la conduite de son président Michel MAGRAS (Les Républicains - Saint-Barthélemy), à 14 réunions plénières et près de 35 heures d’auditions, en particulier dans le cadre de 6 tables rondes thématiques (transport aérien, BTP et logement social, agriculture et pêche, numérique, tourisme, données statistiques) réunissant en visioconférence des acteurs économiques des trois bassins océaniques.

Ces auditions ont permis d’adresser dès le 14 mai au Gouvernement 20 recommandations articulées autour de deux axes : la nécessaire adaptation des dispositifs nationaux au regard des spécificités du tissu entrepreneurial ultramarin et le besoin d’accompagnement des collectivités locales afin de maintenir leur capacité d’investissement et d’appui à l’économie locale.

La délégation considère que le nouveau Gouvernement doit prendre la mesure de l’urgence économique dans les outre-mer compte tenu de l’ampleur de la crise actuelle dont elle a pu recueillir de nombreux témoignages.

M. Stéphane Artano rappelle que « les fragilités structurelles des économies ultramarines les rendent de fait très sensibles aux chocs conjoncturels. Très dépendantes des échanges extérieurs et composées à 95 % en moyenne de TPE/PME, elles ont subi une baisse brutale d’un tiers de leurs activités avec la perspective d’une contraction inédite de leur PIB qui s’aggravera dramatiquement si la crise perdure ».

Pour Mme Viviane Artigalas, « Face à cette crise sans précédent et les spécificités du tissu économique ultramarin, il faut favoriser une relance territorialisée axée sur le désenclavement et le soutien aux secteurs leviers tels que le transport aérien, le tourisme, et le secteur du BTP tout en adaptant les solutions à la situation de chaque territoire, en concertation avec leurs représentants et les professionnels concernés ».

Considérant que la sortie de crise doit être l’opportunité pour les outre-mer d’une réelle transformation, Mme Nassimah Dindar plaide « pour un modèle de développement plus résilient axé sur l’objectif d’autosuffisance alimentaire, la transition numérique, le développement des infrastructures de réseaux et de connectivité ainsi que sur des formations plus qualifiantes ».

Dans ce contexte très difficile, le président Michel Magras salue « l’émergence durant la période récente d’initiatives, d’expérimentations et d’actions démontrant une formidable capacité d’adaptation et d’innovation. Cela traduit une volonté de capitaliser sur des expériences positives, à l’instar des acteurs du monde agricole et de la pêche qui ont su faire face aux besoins des populations locales, et d’aller résolument de l’avant ».

Consciente du risque que les effets directs et induits de la crise économique ne conduisent à une grave crise sociale, la Délégation sénatoriale aux outre-mer demande au Gouvernement d’accélérer la relance des économies ultramarines, et formule dans cette perspective une cinquantaine de propositions afin d’apporter sa contribution à ce défi majeur pour l’avenir de ces territoires.