Economie

Coronavirus : les agriculteurs mobilisés pour nourrir les Réunionnais

Le Marché de gros de Saint-Pierre proche de retrouver son activité normale

Manuel Marchal / 30 avril 2020

L’arrivée du coronavirus à La Réunion par avion et le confinement depuis le 17 mars ont entraîné de nombreux bouleversements dans les chaînes d’approvisionnement. Si de nombreux hommages sont légitimement rendus aux personnels soignants, il est nécessaire de souligner qu’à La Réunion, les agriculteurs sont mobilisés pour assurer une mission essentielle : nourrir les Réunionnais.

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La crise du coronavirus et le confinement qui a suivi ont bousculé les certitudes. En raison des restrictions de déplacement dans le monde entier, les transports ne fonctionnent plus normalement. Les chaînes d’approvisionnement sont bouleversées, ce qui remet en cause des certitudes.

Le confinement a vu également des Réunionnais découvrir ou redécouvrir qu’il existe à La Réunion des agriculteurs qui font des produits de qualité, et à un prix abordable. C’est en effet un des constats du développement des marchés de producteurs et de la vente à distance avec livraison à domicile pratiquée par des agriculteurs.
La crise a montré les effets d’une alimentation en produits frais dépendant des importations, comme l’ont rappelé l’envolée des prix de l’ail et des oignons entretenue par la spéculation.

A La Réunion, des agriculteurs travaillent chaque jour pour nourrir les Réunionnais. 70 % d’entre eux ne sont pas affiliés à une coopérative, et ne touchent donc aucune subvention. Ils constituent une des forces vives de notre île.
Ce mercredi, ils étaient nombreux à venir vendre leurs produits au marché de gros, tout en respectant les mesures de protection et de distanciation sociale imposées par l’existence du coronavirus à La Réunion.

Pour Jean-Max Payet, directeur du Marché de gros à Saint-Pierre, « l’activité est comprise en 70 et 80 % de la normale ». Au début du confinement, des perturbations ont été notées, mais Jean-Max Payet rappelle que le mois d’avril est habituellement une période plus calme que les autres sur le plan des transactions. En effet, vendre au mois d’avril signifie planter en janvier ou en février, c’est prendre le risque qu’un cyclone vienne détruire toute une récolte.
Afin l’annonce du déconfinement pour le 11 mai, gageons que les Réunionnais vont garder à l’esprit qu’une des richesses de leur pays, ce sont ces agriculteurs qui les nourrissent.

M.M.