L’ADIR veut participer au projet Réunion

Créer 2.000 emplois d’ici 3 ans dans l’industrie

24 septembre 2004

La Réunion se rassemble et l’Association pour le développement industriel s’en félicite. Elle appelle tous les acteurs à mettre en place un projet de développement dans le cadre de l’adaptation du plan de cohésion sociale.

L’industrie c’est 10.000 emplois aujourd’hui, peut-être 12.000 dans trois ans. Le plan industrie 2005 de l’Association pour le développement industriel de La Réunion (ADIR) sera présenté aujourd’hui en assemblée générale. Ce matin les débats sont animés par Christophe Giltay, qui présente l’émission télévisée mensuelle de l’ADIR “Les nouveaux défis”. Cette assemblée accueillera également l’écrivain Jacques Marseille, historien et économiste.
Hier, le président Maurice Cerisola s’est montré enthousiaste pour l’avenir industriel de La Réunion. Déclarant que "les industriels ont une responsabilité lourde" vis-à-vis de la jeunesse, il ajoute que ceux-ci "doivent donner envie d’entreprendre et conserver cet esprit d’entreprise. Pour rester une Région ultrapériphérique performante, La Réunion a besoin de son industrie".
La vocation de l’ADIR est justement de faire la promotion des productions locales, et d’encourager la consommation locale, ce qui dépend aussi selon lui d’une volonté politique. Et cette volonté s’exprime aujourd’hui. L’ADIR se fixe un objectif : créer 2.000 emplois supplémentaires en trois ans. Un objectif jugé réalisable par son président : "il faut embaucher, créer, innover et consommer réunionnais bien sûr".

"Une occasion unique de travailler ensemble"


La période semble propice à un nouvel essor. Maurice Cerisola commente : "L’équipe Réunion, distendue, se reconstitue, preuve en est avec le sucre, où le mot d’ordre est “jouons groupés”". Cette "union sacrée pour défendre la culture cannière à La Réunion" est un signe encourageant, auquel il ajoute "les orientations données par le préfet pour un plan de cohésion sociale Borloo version Réunion".
Entendre le préfet vouloir créer en trois ans 20% d’emplois supplémentaires dans le secteur marchand, voilà qui conforte l’ADIR dans son action. Les collectivités sont unies dans cette même volonté et pour l’association, c’est sa raison d’être depuis 29 ans.
Autre signe intéressant relevé par Maurice Cerisola : le préfet demande à tous les acteurs réunionnais de moins se tourner vers Paris et de le solliciter davantage.
"Il y a en ce moment une occasion unique de travailler ensemble, une volonté partagée par toutes les chambres consulaires, avec le Comité de pilotage de l’industrie et l’ADIR, auxquels peuvent s’ajouter le MEDEF et la CGPME" fait-il remarquer.
Toutes les conditions sont donc réunies "pour que les acteurs économiques parlent d’une même voix et arrivent à avoir un discours commun pour bâtir le plan de développement de La Réunion. Il va y avoir un projet Réunion, c’est le challenge que nous nous fixons, en travaillant aux cotés de l’État, de la Région et du Département".

Eiffel


Plan Industrie 2005-2015 : produire plus

Selon l’ADIR, c’est le marché intérieur qui reste le principal levier de développement, créateur d’emplois durables dans l’industrie. Sans oublier les marchés voisins de la région.

Dans un contexte plein d’incertitudes, les industriels de La Réunion souhaitent "mobiliser autour d’une Réunion active qui produit, transforme, et qui est fière de ses jeunes qualifiés, de son savoir-faire et de ses progrès technologiques. Une Réunion qui s’inscrit résolument dans la politique nationale de relance d’une politique industrielle".
La proposition d’un Plan Industrie 2005-2015 a pour but de contribuer de façon volontariste, par la richesse produite et les emplois créés, au nouveau Plan de cohésion sociale présenté par les pouvoirs publics.

Les principes fondamentaux de l’ADIR sont les suivant : "Aucun territoire, a fortiori une île, ne peut se passer de production à moins d’accepter d’être totalement dépendant de l’extérieur. La croissance économique et la cohésion sociale s’alimentent. Notre marché intérieur dynamique, sophistiqué et exigeant, demeure notre principal atout compétitif, formidable levier de développement et d’emplois durables pour répondre aux besoins d’une population en croissance. Après une phase de croissance accélérée fondée sur l’élévation du pouvoir d’achat (alignement du SMIC, création du RMI et alignements des prestations familiales), notre développement va se jouer sur notre capacité à capter une part de la croissance du marché régional de l’océan Indien".

Désenclaver les télécommunications

Le plan industrie à 10 ans dessine un scénario volontariste. En partant du postulat qu’il est possible de renouer avec un taux de croissance de 6% par an en moyenne sur 10 ans, l’ADIR se fixe des objectifs : l’augmentation sensible de notre part relative dans la contribution industrielle au PIB Réunion (15 % en 2015 au lieu de 11% en 2000) et la création de 6.000 nouveaux emplois directs industriels d’ici 2015 ( soit + 60 % en dix ans.)

Elle formule plusieurs propositions : "consolider notre base productive dans l’agroalimentaire, poursuivre les efforts entrepris dans la filière matériaux et composants du BTP, renforcer le partenariat entre industrie, formation et recherche, définir une vraie politique d’intégration économique régionale, donner à La Réunion les moyens d’exister commercialement dans son environnement géographique malgré les contraintes de la politique européenne".
Elle propose aussi de "favoriser les efforts de productivité des outils existants" et de "déployer de nouveaux axes de désenclavement". Notre histoire étant marquée par 3 types de désenclavements : maritime d’abord, aérien ensuite, télécommunications enfin.
"Pour autant, le combat continue car notre territoire reste très enclavé dans une relation Nord-Sud alors que sur le plan intérieur, le rééquilibrage du territoire s’impose", estime l’association qui veut "renforcer les dynamiques collectives vers l’extérieur par la mise en place de lobbies communs".


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