Un triple anniversaire de portée mondiale
18 juillet, par4 septembre 1996, 4 novembre 2016 et 12 novembre 2016
Un précédent inquiétant pour la classe des surrémunérés à La Réunion
4 novembre 2025, par

À Mayotte, l’école publique traverse une crise inédite. Depuis plusieurs mois, plus de 350 enseignants attendent encore le versement complet de leurs salaires. Certains n’ont pas touché un centime depuis la rentrée. Face à cette situation explosive, la rectrice de l’Académie de Mayotte, Valérie Debuchy, a enfin pris la parole. Invitée sur Mayotte la 1re, elle a présenté ses excuses et promis des mesures « imminentes » pour débloquer la situation. Cette faillite administrative dépasse le cadre de Mayotte. Elle pose une question plus large : la France peut-elle encore assurer son modèle de sur-rémunération dans des pays comme La Réunion, hérité d’une époque où l’attractivité passait par le versement du supplément colonial devenu « prime de vie chère » en grande partie responsable du coût de la vie excessivement élevé à La Réunion ?
Dans un communiqué publié sur la page Facebook de l’Académie de Mayotte pour répondre à la demande de centaines d’enseignants sans salaire deouis plusieurs mois, plusieurs annonces ont été faites : versement d’acomptes grâce à l’appui de la DRIFP de La Réunion, régularisation prévue avec la paie d’octobre, et engagement à réformer les processus techniques de gestion administrative. La rectrice évoque aussi le renforcement des effectifs et la mise en place d’un plan de formation pour stabiliser les compétences des services, régulièrement mis en cause pour leur manque d’efficacité.
Mais sur le terrain, la colère reste vive. Vendredi 31 octobre, lors d’une réunion entre la direction des ressources humaines, des chefs de service et une délégation de professeurs du lycée de Bamana accompagnés de la FSU Mayotte, les syndicats ont dénoncé « des promesses répétées, sans résultat tangible ». « Rien n’a changé depuis un mois », déplore la FSU, qui appelle à poursuivre la mobilisation dès le 4 novembre.
La réalité est brutale : des enseignants incapables de payer leur loyer, leur essence ou même leurs courses, dans une île comorienne administrée par la France où le coût de la vie reste élevé et les conditions d’exercice souvent difficiles. L’État, censé garantir la continuité du service public, se révèle incapable d’assurer la base : la rémunération de ses agents.
Cette faillite administrative dépasse le cadre de Mayotte. Elle pose une question plus large : la France peut-elle encore assurer son modèle de sur-rémunération dans des pays comme La Réunion, hérité d’une époque où l’attractivité passait par le versement du supplément colonial devenu « prime de vie chère » qui augmente le salaire de 53 % ? À La Réunion, où les enseignants bénéficient eux aussi d’un système de sur-rémunération, il y a de quoi s’inquiéter. Le dysfonctionnement mahorais agit comme un signal d’alarme : que se passera-t-il si Paris n’a plus d’argent pour acheter la paix sociale ?
M.M.
4 septembre 1996, 4 novembre 2016 et 12 novembre 2016
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