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4 juin, parNos peines
Débat à l’Assemblée nationale
10 octobre 2008, par

Mercredi, lors du débat à l’Assemblée nationale sur la crise financière, le Premier ministre a annoncé la création d’une « structure juridique » destinée à aider les banques en difficulté. Dénommée Société de Prises de Participation de l’Etat (SPPE), elle est déjà intervenue pour soutenir Dexia. La SPPE pourrait également racheter les ’actifs pourris’ des banques françaises, sur le modèle du ’Plan Paulson’ aux Etats-Unis, et du plan du gouvernement britannique annoncé mardi. A la veille de la réunion des ministres des Finances du G7, la situation évolue donc vers une réponse politique concrète en Europe. Reste à savoir si cette riposte à l’offensive monétaire lancée depuis plus de deux semaines sera coordonnée et efficace.
Mercredi, les députés ont débattu de la crise financière. A cette occasion, le Premier ministre a annoncé la création d’une « structure juridique » destinée à soutenir les banques françaises face à la crise.
Selon Bercy, cette structure est née voici quelques jours. Elle s’appelle la SPPE (Société de Prises de Participation de l’Etat) et elle a déjà été mise à contribution lors du sauvetage de Dexia, la banque des collectivités locales. L’Etat était en effet intervenu à hauteur de 1 milliard d’euros, en complément de la Caisse des Dépôts (2 milliards). Elle sera financée par des emprunts effectués par l’Agence du Trésor. « Afin qu’elle puisse disposer de tous les capitaux nécessaires aux interventions qui se justifieraient à l’avenir, le gouvernement sollicitera du Parlement, par voie d’amendement au projet de loi de Finances, la garantie explicite de l’Etat », a précisé François Fillon.
Jusqu’à 40 milliards d’euros
Quant à son champ d’action, « il n’est pas exclu que la SPPE prenne en charge les éventuels actifs “pourris” des établissements français », écrivent “Les Echos” datés d’hier. Notre confrère cite le ministère des Finances qui précise qu’« elle sera alimentée de manière très progressive, de façon à ne pas brusquer les marchés, le temps que les banques se défassent de certains actifs ». Le montant des fonds levés pourra atteindre jusqu’à 2% du PIB, selon Bercy, ce que "Les Echos" traduisent par une hausse de la dette publique pouvant aller jusqu’à 40 milliards d’euros.
Cette mesure a de fortes ressemblances avec deux plans annoncés récemment. Il s’agit tout d’abord du "Plan Paulson", mis au point par le gouvernement américain et voté par le Congrès. Il met à disposition du gouvernement un fonds de 700 milliards de dollars (502 milliards d’euros - ndlr) que ce dernier peut utiliser à sa guise pour racheter les créances douteuses des banques américaines.
Force est de constater qu’avant d’avoir été déployé, ce plan produit déjà un effet psychologique. La Bourse américaine résiste mieux que celles d’Europe, et le dollar s’apprécie face à l’euro.
L’autre plan est celui du gouvernement britannique. Il se décompose en une ligne de crédit de 200 milliards de livres pour venir immédiatement en aide aux banques, et d’un fonds de 250 milliards de livres prévus pour racheter les créances douteuses. Tout comme le plan américain, le plan britannique vise également à restructurer l’industrie financière du pays, à coup de nationalisations.
Réunion des ministres du G7
Ces deux plans ont comme point commun de soutenir les économies de deux pays situés en dehors de l’euro.
L’annonce de François Fillon fait donc penser que Paris veut aussi se doter d’un fonds capable de soutenir l’économie face à l’impact de la crise. L’Espagne a aussi annoncé la création d’un fonds analogue, d’un montant de 30 milliards d’euros.
Qu’en est-il d’un plan européen ? Aussi étonnant que cela puisse paraître, ce sont les Britanniques qui annoncent qu’ils sont en discussion avec Paris au sujet d’un plan européen de financement du secteur bancaire. Jusqu’à présent, des désaccords entre les Etats ont empêché l’adoption d’un "Plan Paulson" européen.
C’est aujourd’hui que doivent se réunir les ministres des Finances du G7. La question de la crise financière sera naturellement à l’ordre du jour. La précédente rencontre s’était déroulée avant l’amplification de la crise. Celle d’aujourd’hui permettra d’avoir une idée de l’évolution des rapports de force au sein du club des pays riches. Cela donnera un éclairage sur un aspect : à qui la crise profite-t-elle ?
Manuel Marchal
Stratégie coordonnée de l’Allemagne et de la France
Angela Merkel et Nicolas Sarkozy ont décidé de coordonner « totalement » les actions de la France et de l’Allemagne face à la crise financière. La chancelière allemande et le président français ont annoncé cette décision dans une déclaration conjointe qui, selon le communiqué de l’Elysée, précise qu’ils ont « approuvé pleinement les décisions prises par la Banque Centrale Européenne tant en ce qui concerne la baisse de ses taux directeurs décidée en concertation avec les banques centrales d’Angleterre, du Canada et des Etats-Unis d’Amérique qu’en ce qui concerne les améliorations considérables apportées à l’accès des banques de la zone euro à son refinancement ».
Mais le communiqué ne donne pas de réponse à l’appel britannique à un plan européen de financement du secteur bancaire.
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