Obsèques de Pierre Thiébault : un départ en chantant
4 juin, parNos peines
30 octobre 2008

L’accumulation par quelques-uns d’une part importante de la richesse mondiale ne peut plus se justifier ; les riches sont trop riches ! Dix millions de personnes (soit 0,15% de la population de la planète) possèdent vingt-cinq % de la richesse mondiale(1) ! Il ne s’agit plus de l’accumulation primitive du capital, mais d’une “bulle de richesse” produite en une ou deux décennies par le jeu du marché. Cette concentration ne peut que se poursuivre et s’accélérer tant qu’une prise de conscience de la population n’aura pas eue lieu, et que des barrières n’auront pas été dressées par les Etats pour contenir cette bulle, puis la réduire. Cela relève évidemment de la morale (n’est-ce pas d’ailleurs une des formes d’atteinte aux droits de l’Homme face à la pauvreté de masse ?), mais c’est d’abord un problème économique : la crise financière actuelle est aussi due à la confiscation de la richesse mondiale par quelques-uns : les riches sont trop riches !
Non seulement ils vivent entre eux “dans une bulle sociale”, mais leur richesse est aussi une “bulle” qui forme une économie parallèle, fermée sur elle-même, à l’abri des aléas du monde réel qu’elle pille en toute impunité. C’est un système prédateur : une grande partie de cette richesse est dilapidée, perdue, brûlée. (L’exemple le plus visible est donné par les prix extravagants du marché de l’art.) Réduire cette “bulle de richesses” est une des conditions nécessaire (mais non suffisante) pour traiter la crise financière actuelle.
Le retour sur investissement que l’on pourrait obtenir des sommes qui sont gelées dans cette “bulle” est infiniment supérieur à ce qu’elles produisent dans l’industrie du luxe, le marché de l’art, l’immobilier et d’autres services propres à cette catégorie sociale. Il est donc urgent de crever cette “bulle de richesses” pour réinjecter ces sommes dans l’économie, pour soutenir la croissance mondiale et réduire la pauvreté de masse. Un développement durable orienté vers la réduction de la pauvreté de masse - qui aura un impact favorable pour faire baisser la croissance démographique, elle-même facteur aggravant de cette pauvreté - ne peut se faire que par l’élargissement constant de la “classe moyenne”, facteur de croissance pour l’éducation et la démocratie, d’une part, et de stabilisation de la démographie, d’autre part : un cercle vertueux pour le futur qui répond aux interrogations du présent.
La vraie bonne nouvelle serait donc d’entendre dire que les riches vont s’appauvrir... - à défaut de pouvoir reprendre ce qu’ils ont confisqué.
Cursoux Gérald, AgoraVox
(1) et 5% de la richesse mondiale est détenue par 100.000 personnes, soit 0,00015% de la population totale.
Nos peines
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