Obsèques de Pierre Thiébault : un départ en chantant
4 juin, parNos peines
Guerre monétaire
8 octobre 2008, par

Lundi, l’Europe, le Brésil et la Russie ont été les marchés financiers les plus touchés par la crise. Même si hier matin, la Bourse de Paris repartait à la hausse, cela ne compensait pas la baisse historique de -9,04% de la veille. En une journée, l’euro a vu sa position fragilisée. Pendant que Washington se prépare à mettre en action son plan de 700 milliards de dollars, la monnaie unique européenne est au centre de la crise. Ce coup est une première victoire à mettre au crédit de la stratégie de la Maison Blanche : faire des Etats-Unis et du dollar les leaders incontestés de l’économie mondiale.
En une journée, l’euro a dû subir l’offensive la plus violente de sa courte histoire. La monnaie unique européenne a vu son crédit s’affaiblir brutalement lundi. C’est la conséquence de la guerre monétaire lancée par Washington. Le plan de la Maison Blanche entre maintenant dans une deuxième étape. Après avoir dans un premier temps profité de la déstabilisation des marchés pour restructurer l’industrie financière américaine, Washington lance la deuxième phase. Il s’agit de casser la seule monnaie capable de concurrencer le dollar dans les échanges internationaux : c’est l’offensive contre l’euro.
Lundi, la situation s’est brutalement aggravée en Europe. Les banques européennes s’enfoncent dans les pires difficultés. Cela entraîne une crise de confiance vis-à-vis de l’euro. Et le dollar commence à redevenir une valeur refuge. Car à la différence des Européens, les Etats-Unis ont mis en œuvre une stratégie. Ils ont su profiter de la crise pour déstabiliser la finance mondiale. Cela a permis au gouvernement américain d’être en mesure de faire accepter un plan de bataille jamais vu.
Vendredi, les parlementaires américains ont donné à leur gouvernement un pouvoir sans précédent : disposer à sa guise d’un fonds de 700 milliards de dollars afin de relancer l’économie du pays. De plus, la publication des derniers chiffres de la dette publique américaine permet d’apprendre que le gouvernement américain a réussi à bénéficier de conditions les plus favorables, pour financer les mesures de soutien de la FED aux établissements bancaires que Washington a décidé d’aider. Ces conditions favorables sont le résultat de la panique sur les marchés boursiers (voir texte ci-après). Elles donnent donc les moyens au gouvernement américain de financer la création d’un fonds souverain de 700 milliards de dollars à moindre coût.
L’existence de ce plan donne un avantage psychologique aux Etats-Unis par rapport à l’Europe. Les investisseurs savent qu’ils peuvent compter sur le soutien sans faille du gouvernement américain. Ce dernier a montré qu’il est prêt à assainir la situation des banques américaines, même si le prix à payer est très important.
En Europe, il n’y a pas à ce jour de stratégie commune. Les gouvernements s’emploient à mettre en œuvre des solutions nationales pour faire face à une crise mondiale. Et si les divisions persistent, alors une chute encore plus importante de l’euro est prévisible.
Alors, l’objectif de la stratégie du gouvernement américain sera atteint. L’euro ne constituera plus une menace à la domination du dollar, et les Etats-Unis sortiront renforcés de la crise. Et grâce à cette stratégie, « les Etats-Unis tiendront leur rôle de leader dans l’économie mondiale », comme l’affirmait George Bush vendredi.
Manuel Marchal
Pourquoi le G8 ne se réunit pas
Dans un tel contexte de crise internationale, force est de constater que le G8 n’a pas convoqué de Sommet extraordinaire. Samedi dernier, un G4 européen s’est réuni pour tenter d’enrayer la crise. Pour former le G8, il manquait les Etats-Unis, le Japon, le Canada et la Russie.
Or, le gouvernement américain affirme mettre en place un plan qui, officiellement, vise à sauver l’économie mondiale. Mais concernant la mise en œuvre de ce plan qui aura des impacts dans le monde entier, on ne peut que constater que ni le G8, et encore moins le Fonds Monétaire International (FMI), n’ont été associés à son élaboration, et à la décision. Ce n’est pas étonnant, car c’est un plan qui est là pour régler les problèmes de l’économie américaine, quel qu’en soit le prix payé par les autres pays du monde. L’arrivée sur les marchés d’un fonds de 700 milliards de dollars ne sera pas en effet sans conséquence.
Cela explique pourquoi l’intérêt du gouvernement américain n’est pas de participer à une réunion d’urgence du G8. Mieux vaut en effet attendre que la conjugaison de deux facteurs produit son effet : l’aggravation de la situation en Europe et la mise en œuvre du plan de 700 milliards d’euros. Après, il sera toujours temps pour Washington de participer à un Sommet du G8, car si l’euro continue de chuter, alors l’économie mondiale sera remodelée autour du roi dollar.
Nos peines
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