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Défaillances d’entreprises dans les Départements d’Outre-Mer (DOM) au 4 ème trimestre 2025 : une hausse de +28 % par rapport au T4 2024 et une hausse de +16 % pour l’ensemble de l’année 2025
23 janvier, par

Les défaillances d’entreprises à La Réunion et dans les anciennes colonies françaises devenues départements révèlent l’échec d’un système néocolonial à bout de souffle. Fondé sur la dépendance et l’importation, ce modèle bloque le développement endogène. La crise est générale et frappe l’ensemble de ces pays.
La dernière étude publiée ce 22 janvier 2026 par Allianz Trade, leader mondial de l’assurance-crédit, sur les défaillances d’entreprises au quatrième trimestre 2025, confirme ce que les forces progressistes dénoncent depuis des décennies : le modèle économique imposé aux anciennes colonies françaises devenues départements est à bout de souffle. À La Réunion comme en Guadeloupe, en Martinique ou en Guyane, les chiffres révèlent non pas une crise passagère, mais l’échec structurel d’un système néocolonial qui bloque tout développement endogène.
Au quatrième trimestre 2025, 754 défaillances d’entreprises ont été enregistrées dans les anciennes colonies françaises devenues départements, soit une hausse massive de +28 % par rapport au T4 2024, la plus élevée des 14 régions françaises. Cette situation s’inscrit dans une trajectoire lourde : +44 % en 2023, +12 % en 2024, puis encore +16 % sur l’ensemble de l’année 2025. Ces territoires figurent désormais dans le Top 3 des hausses les plus importantes au niveau de la République française, preuve que la crise est systémique.
La Réunion est au cœur de cette réalité. Avec 380 défaillances d’entreprises au quatrième trimestre, le département demeure le principal contributeur à cette hécatombe économique. Après deux trimestres de baisse en 2025, la remontée brutale de +17 % au T4 marque un retour des tensions, conséquence directe d’un modèle économique fondé sur la dépendance aux importations, la domination des grands groupes extérieurs et la marginalisation des entreprises locales.
Certes, La Réunion affiche une baisse annuelle limitée de -2 % en 2025. Mais cette apparente résistance ne doit pas masquer l’essentiel : le tissu productif réunionnais reste prisonnier d’un système qui organise la dépendance et la précarité. Les entreprises locales subissent de plein fouet l’explosion des coûts, l’inflation importée et l’absence de véritables filières locales de production et de transformation.
Les secteurs les plus touchés — services, construction, commerce et hébergement-restauration — sont précisément ceux qui vivent sous perfusion de la commande publique, de la consommation importée et des décisions prises hors du territoire. Ce n’est pas un hasard. Le système néocolonial en place n’a jamais eu pour objectif de permettre aux anciennes colonies françaises devenues départements de construire une économie autonome. Produire ailleurs, consommer ici, capter la valeur ailleurs : telle est la logique toujours à l’œuvre.
La situation est encore plus dramatique dans d’autres territoires. En Guyane, les défaillances explosent de +192 % en 2025. La Guadeloupe enregistre une hausse de +39 %, la Martinique +15 %. Partout, les mêmes causes produisent les mêmes effets. La crise est générale, car le cadre institutionnel et économique est le même pour toutes ces anciennes colonies intégrées dans un système centralisé.
Les chiffres d’Allianz Trade sont sans appel : ce n’est pas l’économie réunionnaise qui échoue, c’est le modèle néocolonial français qui s’effondre. Tant que le développement endogène restera entravé, tant que les choix stratégiques continueront d’être dictés depuis l’extérieur, les défaillances d’entreprises continueront de se multiplier.
À La Réunion, l’urgence est politique. Il ne s’agit plus seulement de sauver des entreprises, mais de rompre avec un système qui empêche le peuple réunionnais de maîtriser son développement. C’est à cette condition seulement que pourra s’ouvrir la voie d’un avenir économique juste, solidaire et durable.
M.M.
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