Nouvelle illustration de la faillite du système néocolonial

Défaillances d’entreprises : crise persistante dans les anciennes colonies comme La Réunion

4 juin, par Manuel Marchal

Les défaillances d’entreprises continuent d’augmenter dans les anciennes colonies françaises ayant le statut de La Réunion. Entre avril 2025 et mars 2026, 2 868 redressements et liquidations judiciaires ont été enregistrés, soit une hausse de 9,8 % sur un an, contre 5 % en France, annocce l’IEDOM. Construction, commerce et services sont les secteurs les plus touchés. Cette situation révèle la fragilité persistante d’économies dépendantes des importations et souligne l’urgence de renforcer la production locale et l’emploi.

Les chiffres publiés par l’IEDOM pour le premier trimestre 2026 confirment une réalité préoccupante : la situation économique continue de se dégrader dans les anciennes colonies intégrées à la République française. Entre avril 2025 et mars 2026, 2 868 entreprises ont fait l’objet d’un redressement ou d’une liquidation judiciaire. Sur un an, le nombre de défaillances progresse de 9,8 %, soit près du double du rythme observé en France (+5 %).

Ceci souligne des centaines d’emplois menacés, des familles fragilisées et un tissu économique local qui peine à résister aux difficultés structurelles. La construction, le commerce et la réparation automobile, mais aussi les services aux entreprises et les activités liées à la santé ou à l’action sociale figurent parmi les secteurs les plus touchés.
Cette situation montre la vulnérabilité persistante des économies soumises çà un système néocolonial. Dans ces pays, la dépendance aux importations, la faiblesse de la production locale et la concentration des richesses entre les mains d’une classe privilégiée continuent de freiner le développement. Les petites et moyennes entreprises, qui constituent pourtant l’essentiel du tissu économique, sont les premières victimes de cette organisation économique déséquilibrée.

Limites d’un système fondé sur la dépendance

Les réalités diffèrent selon les pays mais la tendance générale reste préoccupante. En Guadeloupe, les défaillances augmentent encore de 19,1 %. En Martinique et en Guyane, la hausse se poursuit également. À La Réunion, malgré une amélioration dans le secteur de la construction, le nombre de procédures collectives repart à la hausse. Seule la Polynésie enregistre une baisse significative.
Ces résultats interrogent l’efficacité des politiques publiques menées depuis des décennies. Malgré les promesses de rattrapage économique et social, les écarts persistent. La multiplication des faillites révèle les limites d’un système fondé sur la dépendance extérieure plutôt que sur la valorisation des ressources locales, le soutien à la production et la création d’emplois durables.
Face à cette situation, la question d’un développement maîtrisé par les populations concernées demeure plus que jamais d’actualité. Car sans transformation profonde des structures économiques héritées de l’histoire coloniale, les mêmes causes risquent de produire les mêmes conséquences : précarité, chômage, pauvreté, corruption et affaiblissement du tissu productif local.

M.M.

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