Étude de l’IEDOM

Défaillances d’entreprises : forte aggravation dans les anciennes colonies françaises intégrées à la République comme La Réunion

29 août, par Manuel Marchal

Les chiffres de l’IEDOM-IEOM confirment une nouvelle fois la fragilité du tissu économique des anciennes colonies françaises intégrées à la République. Sur un an, les défaillances d’entreprises y progressent trois fois plus vite qu’en France. À La Réunion, 1 236 procédures ont été enregistrées, soit une hausse de 17,7 %. Derrière ces chiffres, la crise structurelle d’un système économique, le néocolonialisme français, qui empêche le développement pour maintenir ces pays sous la dépendance de l’argent de la France qui est converti en profits privés rapatriés en France.

Les entreprises des anciennes colonies françaises intégrées à la République sont beaucoup plus nombreuses à connaître des difficultés que leurs homologues de France. Entre juillet 2025 et juin 2026, 3 040 redressements et liquidations judiciaires ont été enregistrés dans ces pays. C’est 14,9 % de plus en un an, contre seulement 5,1 % en France. L’accélération est également nette par rapport au premier trimestre 2026, où la progression était de 10,4 %.
La Réunion figure parmi les pays les plus touchés. Sur la période, 1 236 défaillances ont été recensées, contre 1 050 un an auparavant, soit +17,7 %. L’île représente ainsi plus de 40 % des procédures enregistrées dans l’ensemble des colonies françaises intégrées à la République étudiées. Les secteurs de l’enseignement, de la santé, de l’action sociale et des services aux ménages, ainsi que le commerce, contribuent particulièrement à cette progression.

Une crise qui touche presque tous les secteurs

Le phénomène ne se limite pas à quelques activités. Dans les anciennes colonies françaises intégrées à la République, les défaillances progressent dans presque tous les secteurs. Le commerce et la réparation automobile bondissent de 24,1 %, les activités d’enseignement, de santé, d’action sociale et de services aux ménages de 23,5 %. Le transport et l’entreposage connaissent une envolée de 47,2 %, tandis que l’information-communication augmente de 36,2 %.
La construction progresse encore de 6,3 %, tandis que l’industrie augmente de 13,2 %. Seul le secteur de l’agriculture, de la sylviculture et de la pêche échappe à cette tendance, avec une baisse de 16,7 %.

La facture d’un système, le néocolonialisme

Ces statistiques doivent être mises en regard des politiques publiques présentées depuis des décennies comme indispensables à ces pays : exonérations de cotisations sociales, défiscalisation, aides à l’investissement et autres dispositifs de soutien au patronat.
Pourtant, malgré ces transferts massifs, le tissu économique reste particulièrement vulnérable. Les entreprises subissent de plein fouet le coût des importations, la dépendance énergétique, l’étroitesse du marché et les conséquences des crises internationales.
Le problème n’est donc pas seulement celui de la trésorerie des entreprises. Il est celui d’un système économique, le néocolonialisme, qui ne vise pas à produire suffisamment de richesses localement.

Pauvreté et chômage de masse à La Réunion

À La Réunion, où le chômage et la pauvreté restent massifs, ces nouvelles défaillances constituent un nouvel avertissement. Plutôt que de perpétuer indéfiniment un système d’aides destiné à maintenir à flot une économie dépendante de l’argent de la France, il est urgent d’engager une transformation profonde : produire plus localement, renforcer l’emploi, développer l’industrie et l’agriculture, et construire des coopérations économiques avec les pays voisins.

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