Un triple anniversaire de portée mondiale
18 juillet, par4 septembre 1996, 4 novembre 2016 et 12 novembre 2016
La Réunion a endigué en 1992 la maladie sans abattage systématique
26 décembre 2025, par

En décembre 2025, les abattages de troupeaux provoqués par les cas de dermatose nodulaire dans les élevages bovins et la signature de l’accord entre l’Union européenne et les pays du Mercosur ont suscité la colère des agriculteurs, avec des blocages et des manifestations dans plusieurs régions.
Hormis, l’accord du Mercosur, plusieurs sujets de tensions ont été abordés le 23 décembre lors de la rencontre entre les syndicats d’agriculteurs et le président français Emmanuel Macron. Parmi eux, la baisse de la prochaine politique agricole commune ou la taxe sur les engrais azotés.
Actuellement, l’accord de libre-échange avec le Mercosur n’est pas enterré mais reporté à janvier 2026 sous l’impulsion de la France et de l’Italie, après la forte mobilisation des agriculteurs européens à Bruxelles le 18 décembre, où plus 4 000 paysans français étaient présents.
En effet, depuis plusieurs mois les agriculteurs dénoncent la baisse programmée du budget de la politique agricole commune. Avec une proposition à 294 milliards d’euros sur 7 ans, elle diminue d’environ 21 % par rapport à la période actuelle (2021-2027). En tenant compte du niveau élevé de l’inflation ces dernières années, il s’agirait même d’une baisse en termes réels d’environ 40 % du budget, selon le communiqué des Régions de France.
Divisée en deux piliers - le soutien des marchés et des revenus agricoles et le développement durable -, la PAC représente 22 % du revenu des agriculteurs français. La France en est la première bénéficiaire parmi les Vingt-Sept.
Épidémie de dermatose nodulaire contagieuse
Depuis le début de l’épidémie de dermatose nodulaire contagieuse (DNC) en Savoie cet été, l’État tente de contenir la propagation du virus en se basant sur « trois piliers » : l’abattage systématique d’un troupeau dès la détection d’un cas, la vaccination et la restriction de mouvements.
Or de nombreuses voix se sont élevés pour dénoncer cette stratégie d’abattage des troupeaux entiers au moindre cas détecté. En Haute-Garonne, 72 vaches ont été abattues mardi après la détection d’un nouveau cas de DNC, dans le village pyrénéen de Juzet-d’Izaut, portant le bilan national à 115 foyers depuis juin. Le dernier cas majeur de DNC remontait au 15 décembre, dans le département voisin de l’Aude.
Des agriculteurs bloquaient toujours le 26 décembre plusieurs routes et autoroutes du Sud-Ouest, pour protester contre la gestion gouvernementale de la dermatose bovine. Dans les Pyrénées-Atlantiques, la préfecture a annoncé le même jour la réouverture partielle de certaines autoroutes qui avaient été affectées par des barrages levés il y a quelques jours.
Il s’agit d’un tronçon de l’A64 couvrant 70 km entre le péage de Peyrehorade (Landes) et la jonction avec l’A65 à l’ouest de Pau, ainsi que d’un autre tronçon sur l’A65. La gendarmerie avait recensé le matin du 26 décembre les mêmes points de blocage que la veille, concernant notamment les autoroutes A63 au sud de Bordeaux, A64 sur plusieurs points entre Toulouse et Bayonne, A65 à Thèze (Pyrénées-Atlantiques) et A75 en Lozère et en Aveyron.
En 1992, La Réunion a endigué la maladie sans abattage systématique
La Réunion avait été touchée par la DNC en 1992. En misant sur la vaccination totale et un abattage partiel, le département avait mis 9 mois pour mettre fin à l’épidémie, après la contamination de 10% du cheptel réunionnais.
La DNC a bien été maîtrisée grâce à la vaccination du cheptel bovin sur le territoire et non grâce à l’abattage total des troupeaux contaminés. Le ministère de l’Agriculture de l’époque avait indiqué que "487 foyers" ont été recensés sur le territoire réunionnais et que "la vaccination générale du cheptel bovin de La Réunion" a permis de "maîtriser l’épizootie". Au total, la maladie a entraîné "le décès de 22 bovins, soit un taux de mortalité spécifique de 1 pour 1 000", selon le ministère.
L’accord commercial entre l’UE et le Mercosur contesté
En 2019, après 20 années de négociations, l’UE et le Mercosur (Argentine, Brésil, Uruguay, Paraguay et Bolivie depuis 2023) sont parvenus à un accord de libre-échange, afin d’encourager et d’accroître les relations commerciales et de promouvoir la coopération et un dialogue politique.
Sur le volet commerce, l’accord prévoit à terme la suppression des droits de douane sur 91% des biens exportés par les entreprises de l’UE vers le Mercosur. Il s’agit du plus important accord de libre-échange conclu par l’UE.
L’économiste au CEPII Charlotte Emlinger a expliqué à Public Sénat que "les viticulteurs et les producteurs de lait risquent d’être plus avantagés que les éleveurs bovins. Il ne faut pas oublier que l’accord se fait sur des volumes limités. Pour la viande bovine, c’est seulement entre 1 et 2 % de la consommation européenne".
Or pour les agriculteurs, les données sont faussées. Concerne la filière bovine, le volume ouvert aux échanges concerne les morceaux nobles (faux-filet, filet, entrecôte…), des pièces qui ne constituent qu’une partie de la carcasse d’un bœuf, elle représente le tiers de sa valeur.
Au total, c’est 99 000 tonnes de bœuf, 180 000 tonnes de volailles, 16 millions de tonnes de sucre, 60 000 tonnes de riz et 45 000 tonnes de miel qui devraient débarquer chaque année dans l’Union Européenne à un taux préférentiel (7,5%). De l’autre côté, les droits de douane du Mercosur seraient progressivement diminués sur des produits européens, tels que les voitures, machines, vêtements, vins, fruits frais ou chocolats.
Selon les agriculteurs, les normes environnementales et sociales européennes sont plus strictes que celles appliquées dans les pays du Mercosur. "L’agriculture française et européenne ne supporterait pas longtemps la concurrence déloyale d’un tel afflux de poulets dopés aux antibiotiques, de maïs traité à l’atrazine ou de bœuf responsable de la déforestation", ont indiqué plusieurs sénateurs dans une résolution adoptée le 16 janvier 2024.
De son côté, le secrétaire général de la FNSEA, Hervé Lapie, a regretté dans Libération que "l’agriculture soit sacrifiée avec des productions que nous faisons sur notre territoire". Dans une note parue en novembre 2024, l’Institut de l’élevage (Idele) a estimé que "les coûts de production en élevages de bovins viande du Mercosur étaient inférieurs en moyenne de 40% à ceux des élevages européens et même de près de 60% pour les fermes brésiliennes".
Une autre étude publiée en novembre 2024, le groupe des Verts au Parlement européen a expliqué que "la part des importations en provenance du Mercosur pour ce produit spécifique en 2030 sera équivalente à environ 21 % à 26 % de la production des Vingt-Sept (au lieu de 13 % entre 2018 et 2021)".
Pour apaiser les tensions, notamment la France, la Commission européenne a proposé le 3 septembre 2025 la mise en place de mesures de sauvegardes pour certains secteurs sensibles comme la viande bovine, la volaille, le sucre ou encore l’éthanol.
Mais ces clauses de sauvegarde sont largement insuffisantes. "Cette clause de sauvegarde est un dispositif conjoncturel, temporaire et provisoire. Elle ne résoudra pas les problèmes structurels causés par les différentiels de compétitivité. Au mieux, elle amortira les impacts négatifs en rendant moins ’brutale’ la sortie du métier des agriculteur·rices des filières agricoles touchées par la concurrence déloyale", a dénoncé la Confédération paysa
4 septembre 1996, 4 novembre 2016 et 12 novembre 2016
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