Économie réunionnaise : le calme avant la tempête
6 juin, parIEDOM : « Un premier trimestre favorable avant l’impact de la crise au Moyen-Orient »
Trois points de suspension... d’Emmanuel Lemagnen
12 juillet 2007

Mardi 26 juin 2007.
Siège de la SEMA*, Paris - 10h45
Le Président annonce a ses délégués départementaux et régionaux que ceux qui ne remplissent pas leur mission se verront supprimer leur indemnité de fonction.
Sachant que l’indemnité pour un délégué bénévole se monte à 250 euros par an, l’injonction présidentielle résonne comme un coup de tonnerre dans la salle soudain attentive... et comme un pet de coccinelle dans ma tête !
En tant que délégué régional pour La Réunion, je prends alors la parole pour signaler qu’encore une fois, on lie une mission à une indemnité, que le seul moyen de coercition est la suppression de cette obole annuelle et qu’on pourra désormais dire : « vous êtes délégué, mais vous touchez de l’argent pour ça ! ».
J’expose alors que si un délégué ne remplit plus sa fonction, il doit être remplacé.
On est tous amenés à traverser une perte de motivation, à avoir un problème de disponibilité lié à des engagements professionnels ou familiaux, voire à vivre des désaccords avec son institution mère. Dans ce cas, il faut savoir le dire, laisser sa place à d’autre pour que la mission continue et ne surtout pas s’attacher à une indemnité caritative, ni à un logo sur une carte de visite.
Dans le grand projet de réforme des institutions et dans le grand chantier de réhabilitation de la chose politique vis-à-vis des citoyens, il faudra aborder en priorité ce problème qui parasite l’image de tous les mandats, de tous les élus et qui pollue les relations de toutes les assemblées.
Certains veulent être élus pour les indemnités, d’autres achètent le silence dans les rangs ou un vote dans l’opposition. Il y en a qui mènent une campagne uniquement pour négocier après un poste grassement rémunéré, il y en a beaucoup qui, une fois élus, perçoivent pendant des années leur chèque mensuel sans jamais pointer leur nez en séance, et d’autres qui ne veulent pas perdre les élections pour ne pas perdre leur revenu.
Cela existe partout, chez nous, surtout dans l’Ouest où on cumule toutes les fonctions, où on additionne toutes les indemnités, où on n’a pas honte de parler de démocratie participative, ni d’affirmer, en toute immoralité, qu’on se préoccupe de la misère du monde.
Pour rompre avec le procès d’intention, pour réhabiliter l’image de l’engagement associatif ou politique et pour attirer une nouvelle génération compétente et désintéressée, il faut sans attendre revisiter les systèmes de représentation et d’indemnisation.
Sachant que ceux qui en débattront et ceux qui voteront les nouveaux dispositifs sont déjà largement indemnisés, il leur faudra une grande dose de courage et d’abnégation.
D’avance, qu’ils en soient ici tous gratuitement remerciés.
* Société d’Encouragement aux Métiers d’Art
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