Obsèques de Pierre Thiébault : un départ en chantant
4 juin, parNos peines
5 heures du matin : réunion de crise à l’Elysée
1er octobre 2008

Hier, à 5 heures du matin, le chef de l’Etat, le Premier ministre, la ministre de l’Economie, le gouverneur de la Banque de France et le directeur général du Trésor ont tenu une réunion sur un plan de sauvetage de la principale banque des collectivités locales. Il a été décidé une augmentation de capital de 6 milliards d’euros. L’Etat et la Caisse des dépôts détiendront 25% du capital de la banque.
Hier s’est tenue une réunion d’urgence à l’Elysée. L’heure inhabituelle, cinq heures du matin, témoigne de l’urgence du dossier.
Touchée par les conséquences de l’offensive monétaire du gouvernement américain, la banque Dexia s’est trouvée en grave difficulté. Dexia a subi l’impact de la crise des "subprimes" à travers sa filiale américaine FSA, spécialisée dans le rehaussement de crédit.
Autour de Nicolas Sarkozy étaient donc présents le Premier Ministre, la ministre de l’économie, de l’industrie et de l’emploi, le gouverneur de la Banque de France et le directeur général du Trésor et de la politique économique. Un communiqué de l’Elysée indique qu’« après négociations avec les autorités belges et luxembourgeoises, la décision a été prise de la participation de l’Etat à un plan de recapitalisation de Dexia aux côtés des Etats belge et luxembourgeois, du groupe Caisse des Dépôts et Consignations et des actionnaires institutionnels belges actuels de Dexia ».
L’Elysée précise que ce plan consiste en une augmentation de capital réservée de Dexia d’un montant de 6 milliards d’euros, dont un milliard d’euros sera souscrit directement ou indirectement par l’Etat français. A l’issue de cette augmentation de capital, l’Etat français d’une part et le groupe Caisse des Dépôts et Consignations d’autre part détiendront au total une part du capital supérieure à 25% qui représente en droit belge la minorité de blocage. Par ailleurs, l’Etat luxembourgeois souscrira à l’émission d’obligations convertibles à hauteur de 376 millions d’euros dans Dexia BIL au Luxembourg. Le communiqué ne précise pas la part de la Belgique, ni de la Caisse des Dépôts. Le Premier ministre belge a déclaré que son pays va apporter 3 milliards d’euros. Pour sa part, la Caisse des Dépôts injectera 2 milliards d’euros.
La présidence de la République précise que « cette décision a été prise pour garantir la continuité du financement des collectivités locales françaises, dont Dexia Crédit Local est le principal prêteur, ainsi que pour contribuer à la sécurité et à la stabilité des systèmes financiers français et européen ».
François Fillon et Christine Lagarde devront informer les parlementaires du contenu de l’accord.
Quelques heures après cette rencontre, le cours de Dexia a fait l’objet d’une suspension à la bourse de Paris, après l’annonce de l’opération de sauvetage. A son retour sur le marché, il a fait un bond de 12%. La veille, le cours s’était effondré de près de 30% en l’espace d’une journée, après le sauvetage en urgence de Fortis au cours du week-end. Enfin, il est à noter que les deux dirigeants de Dexia, Pierre Richard et Axel Miller, respectivement président du conseil d’administration et administrateur délégué et président du comité de direction, ont démissionné de leurs fonctions, « tirant les conclusions de la crise financière actuelle et de son impact sur le groupe ».
Le plongeon de Natixis
Natixis est une banque d’affaires, filiale des Caisses d’Epargne et des Banques populaires. Introduite en Bourse au cours de 19,55 euros en novembre 2006, l’action Natixis ne valait plus que 2,2 euros lundi.
Les dirigeants des banques convoqués à l’Elysée
Nicolas Sarkozy a convoqué hier, à l’Elysée, les dirigeants des principales banques et assureurs de la place - Henri de Castries (Axa), Baudouin Prot (BNP Paribas), Frédéric Oudéa (Société générale), Philippe Dupont (Banques populaires) etc. -, en présence du Premier ministre François Fillon et du gouverneur de la Banque de France, Christian Noyer. Objectif, rassurer les Français, alors que le tsunami financier a commencé à attaquer les banques européennes pendant le week-end et fait chuter les valeurs financières à la Bourse de Paris, lundi 29 septembre.
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Messages
1er octobre 2008, 21:09, par Marie-Cécile SEIGLE-VATTE
6 milliards pour sauver Dexia et les parachutes dorés de ses patrons ! L’Elysée et le gouvernement ne nous avaient-ils pas certifié qu’il n’y avait plus d’argent dans les caisses pour la mise en place du RSA ? On nous prend vraiment pour des c...!