Économie réunionnaise : le calme avant la tempête
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« Activités en hausse et à forte valeur ajoutée » selon une étude de l’INSEE
8 octobre 2022

INSEE Analyses numéro 75 publié ce 7 octobre rend compte d’une étude réalisée en partenariat avec la Région sur un secteur au potentiel important pour La Réunion : l’économie bleue. Ainsi, en termes de valeur ajoutée par emploi salarié par an, la pêche culmine à 142000 euros, tandis que dans la manutention portuaire, elle atteint 102000 euros. Voici des extraits de cette étude.
« À travers cette étude menée en partenariat avec l’Insee, la Région entend établir une image plus juste et actualisée de l’économie bleue, de ses potentiels afin de permettre aux décideurs d’affiner au mieux leurs stratégies et de décliner leurs actions d’accompagnement, de structuration et de rayonnement de l’économie bleue durable à La Réunion, vecteur de croissance et d’emplois, et moteur de préservation de notre biodiversité exceptionnelle. »
« L’économie bleue regroupe tout ce qui, de près ou de loin, a trait aux activités maritimes et aquatiques. Elle regroupe ainsi une très grande variété d’activités, telles que le transport maritime, la pêche, la protection de l’environnement littoral et marin, le tourisme littoral, la défense, la recherche ou tous les services liés.
En 2018, à La Réunion, l’économie bleue emploie 10 000 personnes, soit 3,4 % de l’emploi total. Près de 7 emplois sur 10 relèvent du tourisme littoral, une part plus élevée que dans les régions littorales de métropole. Les emplois dans le transport maritime sont également plus fréquents sur l’île, du fait du Grand Port Maritime de La Réunion, premier port de l’Outre-mer. Avec une croissance moyenne de 4,5 % par an entre 2012 et 2018, l’emploi que génère l’économie bleue progresse trois fois plus vite que l’emploi régional. Cette croissance s’appuie en grande partie sur le tourisme littoral, et dans une moindre mesure sur le transport maritime et la pêche australe.
L’économie bleue est également créatrice de richesses : en 2018, elle génère 485 millions d’euros de valeur ajoutée, soit 2,6 % du produit intérieur brut de l’île. Le secteur des produits de la mer est le plus productif grâce à la pêche australe, activité à forte valeur ajoutée pratiquée dans les Terres australes et antarctiques françaises. Il est suivi par les transports maritimes et l’intervention publique. »
« Pour une île comme La Réunion, la place de l’économie bleue et son potentiel de développement revêtent une importance particulière. L’île bénéficie d’une zone économique exclusive (ZEE) importante (330 000 km²), source de richesses. Aussi, l’ensemble des captures de pêche effectuées dans les Terres australes et antarctiques françaises sont débarquées à La Réunion : l’île profite donc également de la ZEE des îles australes qui s’étend sur 1,6 million de km², une superficie proche de celle de la mer Méditerranée.
L’économie bleue se situe au coeur des stratégies maritimes de l’Union européenne, de la France, de la Région Réunion mais aussi de la Commission de l’océan Indien (COI), qui a d’ailleurs adopté en mai 2021 un plan d’action régional pour l’économie bleue. Ces stratégies visent une « économie bleue durable ». Son développement doit ainsi respecter l’un des objectifs de développement durable définis par l’ONU dans le cadre de l’Agenda 2030, qui est de conserver et d’exploiter de manière durable les océans, les mers et les ressources marines. La mise en place d’un conseil maritime ultramarin en 2016 à l’échelle du bassin sud océan Indien et de l’Institut bleu en 2019 participe à cette démarche environnementale, tout en visant à développer une économie bleue encore émergente. »
« À La Réunion, le tourisme littoral est prépondérant : il regroupe 69 % des emplois de l’économie bleue, contre 58 % dans les régions littorales de l’Hexagone. Le transport maritime pèse également davantage dans l’économie bleue de l’île, en lien avec l’importance du Grand Port Maritime de La Réunion (GPMLR), premier port de l’Outre-mer et quatrième port français pour les conteneurs [Creignou, 2019]. Le GPMLR constitue ainsi la porte d’entrée de la quasi-totalité des approvisionnements de l’île. Le transport et les activités maritimes de loisir sont néanmoins moins développés qu’aux Antilles, du fait d’une activité touristique et de croisière moins développée et d’une géographie maritime plus contraignante, avec un linéaire côtier plus réduit et un nombre de sites de mouillages ou de baies plus limité.
Le domaine des produits de la mer (pêche, aquaculture, commerce des produits de la mer notamment) pèse également un peu moins que dans les autres régions de l’Hexagone. Mais c’est surtout la construction et la réparation de navires qui est très peu présente à La Réunion en 2018, alors que ce secteur représente 9 % des emplois maritimes des régions littorales de l’Hexagone. Cependant, ce secteur se développe, notamment grâce à l’installation en 2018 d’une entreprise de chantier naval de premier plan national et de perspectives d’aménagement à court et moyen termes prometteuses (aire de carénage, renouvellement de la flotte de pêche). »
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