Obsèques de Pierre Thiébault : un départ en chantant
4 juin, parNos peines
5 ans après la vente à Téréos du groupe Quartier-Français
1er septembre 2015, par

La boucle serait-elle en passe d’être bouclée ? Alors actionnaire de la Société sucrière de Quartier Français, le groupe Marbour avait cédé ses parts à Téréos ce qui a facilité le rachat par les planteurs de betteraves de la dernière usine sucrière de La Réunion. Après cette vente, Marbour avait investi dans Édéna. Mais hier, un communiqué a annoncé qu’une société mauricienne va racheter Édéna à Marbour. Cette décision confirme que le contrôle de l’économie de La Réunion échappe aux Réunionnais. Après l’énergie, le BTP, la grande distribution, l’industrie sucrière et les télécoms notamment, c’est le secteur des eaux en bouteille qui voit l’arrivée d’un groupe étranger à notre île en position dominante.
Le 19 février 2011, le Journal de l’île de La Réunion publiait un article dans lequel il donnait des détails sur la vente à Téréos de l’industrie sucrière de La Réunion l’année précédente. La coopérative française de planteurs de betteraves avait réussi à racheter les parts de plusieurs actionnaires de la holding Société sucrière de Quartier Français (SSQF). Parmi ces derniers figuraient le PDG de Marbour. C’est la SSQF qui détenait 100 % du capital du groupe Quartier français, qui était alors propriétaire de l’usine sucrière du Gol. Téréos avait réussi à s’engouffrer dans une brèche qui avait été ouverte par une coalition d’intérêts personnels. Après s’être désengagé de l’industrie sucrière, Marbour avait investi dans Édéna.
10 ans auparavant, Téréos avait réussi à s’implanter à La Réunion en rachetant les actifs sucriers du Groupe Bourbon. C’était ainsi que Téréos est devenu l’actionnaire majoritaire de l’usine de Bois-Rouge.
Dans les deux cas, un groupe extérieur avait bénéficié des stratégies d’actionnaires réunionnais qui ont voulu se désengager d’un outil industriel stratégique pour rechercher ailleurs d’autres sources de profit. Pour La Réunion, cette stratégie a signifié la fin des usiniers réunionnais. Depuis 2011, la stratégie de l’industrie sucrière est donc entre les mains d’un groupe qui n’a pas La Réunion comme centre privilégié de ses préoccupations.
Il n’a donc fallu que 10 ans pour que le plus important patrimoine industriel réunionnais passe dans les mains d’une société qui n’a pas de lien historique avec La Réunion.
Hier, c’est une autre société industrielle qui a fait la une de l’actualité. Il s’agit d’Édéna. Selon les informations diffusée hier par Réunion Première, Phoenix Beverages Limited s’apprête à prendre le contrôle du distributeur d’eau en bouteille.
Si en nombre d’emplois, Édéna pèse beaucoup moins que le groupe Quartier Français, c’est un symbole fort. L’eau Édéna est souvent présentée comme un fleuron de l’industrie réunionnaise. Elle a ainsi accueilli des ministres. Ses bouteilles sont présentes dans toutes les boutiques à La Réunion.
Mais Marbour serait prêt à vendre la totalité de la société Édéna au groupe mauricien.
Voici quelques mois, un groupe malgache avait été préféré à une société réunionnaise pour acquérir Outremer télécoms que SFR-Numéricâble était contrainte de céder. Si Édéna passait entre les mains de Phoenix, alors ce serait une nouvelle confirmation de la prise de contrôle de l’économie réunionnaise par des groupes extérieurs à La Réunion.
Quelle stratégie envisager si les leviers de décisions sont entre les mains de société pour qui La Réunion n’est pas la préoccupation essentielle ?
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