Obsèques de Pierre Thiébault : un départ en chantant
4 juin, parNos peines
4 février 2011, par

Les Réunionnais ont tendance à considérer pour acquis les inégalités dans les échanges économiques. Dans un communiqué, la Mairie du Port interpelle l’opinion sur l’achat d’Edena par Marbour qui, dans une récente affaire, a servi de cheval de Troie au groupe Tereos pour acquérir les deux dernières usines sucrières réunionnaises. Conséquence : le siège social du patrimoine industriel réunionnais se trouve désormais au Brésil ! Que réserve la transaction d’Edena ?
Dans cette affaire, il y a trois acteurs : la société Edena (le producteur), le groupe Marbour (acheteur), et les propriétaires des deux sources « Denise » et « Blanche ». Pourquoi les débats actuels mettent-ils en avant uniquement deux acteurs : le groupe Marbour, représenté par la famille Bourdillon, et, Edena qui est la société exploitante des eaux de sources. Les négociations vont bon train, des chiffres sont avancés ; tout cela paraît normal, mais que serait la valeur marchande de ces deux acteurs sans la matière première, c’est-à-dire l’eau ?
Or ni Edena, ni Marbour ne sont les propriétaires des sources, donc de la matière première qui est l’eau. Alors pourquoi ne pas traiter l’acteur public, la commune du Port, avec plus d’égard ? Sans oublier la commune d’accueil de La Possession.
Transparence sur les dividendes
Les Réunionnais s’étonnent alors que dans ce débat, seuls les intérêts économiques d’Edena et de Marbour sont légitimés. À aucun moment, les intérêts de la collectivité représentant plusieurs dizaines de milliers habitants ne sont évoqués. Puisque tout semble si logique, que personne n’a rien à se reprocher, que chacun déclare agir pour le bien des Réunionnais, pourquoi ne pas jouer la transparence ? Les travailleurs d’Edena et de Marbour, les habitants du Port et de La Possession ne sont pas moins désintéressés !
Dans la transaction de Marbour et de Téréos, les planteurs n’ont jamais été traités comme un acteur majeur de la chaîne de production de la valeur ajoutée (la richesse). D’après les déclarations de M. Bourdillon de Marbour, cela lui a bien rapporté. Tant mieux pour lui et ses actionnaires. Mais quel dividende ont perçu les 5.000 livreurs de cannes ? Or, que valent les actionnaires de Marbour et les usiniers sans les planteurs-livreurs de cannes qui sont les fournisseurs de matières premières, base de la production de richesse ?
Alors que Jean Bourdillon déclare vouloir accroître son pôle économique, en faisant au passage de conséquents bénéfices avec l’activité d’Edena, la déclaration du MEDEF, hier, est un élément supplémentaire d’inquiétude, surtout si cela a reçu l’aval du groupe Marbour.
Céline Tabou
Nos peines
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