315 emplois supplémentaires en trois mois

Emploi à La Réunion : le cap des 200 000 salariés franchi dans le privé, malgré des fragilités persistantes

4 juillet, par Manuel Marchal

L’emploi privé poursuit sa progression à La Réunion avec un record de 200 020 salariés au premier trimestre 2026, selon l’Urssaf-CGSS. La croissance est portée par les services, la santé et le commerce, tandis que le bâtiment et certains secteurs industriels restent en difficulté. Les salaires demeurent inférieurs à la moyenne française et les disparités entre les régions persistent. Le salaire moyen s’établit à 2 487 euros par mois, 600 euros de moins qu’en France.

L’emploi salarié réunionnais poursuit sa progression. Selon la dernière publication « Stat’ur » de l’Urssaf-CGSS, les effectifs salariés du secteur privé ont franchi pour la première fois le seuil symbolique des 200 000 emplois au premier trimestre 2026. L’île compte désormais 200 020 salariés, soit 315 emplois supplémentaires en trois mois (+0,2 %) et plus de 1 000 créations sur un an (+0,5 %). Une évolution qui contraste avec la situation française, où l’emploi salarié est resté stable sur la même période.

Santé, action sociale et commerce

Cette croissance est principalement portée par les services. Les secteurs de la santé humaine et de l’action sociale enregistrent la plus forte progression avec 445 emplois créés en un trimestre. Le commerce confirme également son dynamisme avec 160 postes supplémentaires, tandis que le transport et l’entreposage poursuivent leur développement. L’intérim repart à la hausse après plusieurs mois plus hésitants.

La situation est toutefois plus contrastée selon les territoires. Le Sud se distingue comme le principal moteur de l’emploi avec une hausse de 0,9 % de ses effectifs, devant l’Est (+0,4 %). En revanche, le Nord recule de 0,4 %, pénalisé notamment par la baisse de l’intérim et de l’industrie, tandis que l’Ouest reste globalement stable.

L’emploi recule dans l’industrie

Tous les secteurs ne profitent pas de cette embellie. La construction replonge après un léger rebond fin 2025 et perd 65 emplois au premier trimestre. Les industries agroalimentaires enregistrent également un recul, tout comme les services aux entreprises, qui suppriment près de 400 postes sur la période.
Sur le plan des rémunérations, la masse salariale atteint près de 1,49 milliard d’euros, en hausse de 0,9 % sur le trimestre. Le salaire moyen par tête progresse de 0,7 % pour s’établir à 2 487 euros mensuels. Ce niveau demeure toutefois sensiblement inférieur à la moyenne française, qui atteint 3 081 euros, soit un écart de près de 600 euros par mois.

Salaire moyen : 600 euros par mois de moins qu’en France

Les difficultés des entreprises semblent légèrement s’atténuer. Le taux d’impayés des cotisations sociales des entreprises de plus de dix salariés recule à 2,41 %, tandis que les procédures collectives diminuent nettement. Les redressements judiciaires sont divisés par deux sur un trimestre et les liquidations judiciaires baissent de plus de 20 %.
Ces indicateurs témoignent d’une économie réunionnaise qui résiste dans un contexte international pourtant incertain. Mais derrière le franchissement du seuil des 200 000 salariés demeurent des défis importants : un secteur du bâtiment toujours en difficulté, des disparités territoriales marquées et des niveaux de rémunération qui restent bien en deçà de ceux observés en France.

A la Une de l’actuLuttes pour l’emploiLutter contre la vie chère

Signaler un contenu

Un message, un commentaire ?


Témoignages - 82e année


+ Lus