Economie

Ericka Bareigts à la rencontre des producteurs indépendants au Marché de Gros

Régionales : échanges avec les acteurs d’un modèle alternatif fonctionnant sans aides publiques

Manuel Marchal / 1er avril 2021

Le Marché de Gros contribue à la lutte pour l’autosuffisance alimentaire de La Réunion. Ce sont chaque année 30.000 tonnes de fruits et légumes qui sont livrés par des producteurs qui ne sont pas, pour la plupart, des adhérents à une coopérative. En conséquence, ils n’ont pas droit aux aides publiques. Ericka Bareigts compte porter la voix de ces producteurs pour que la Région puisse soutenir ce modèle alternatif qui correspond aux attentes des Réunionnais en termes de promotion de l’emploi réunionnais et de circuit court.

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Après la visite de l’aéroport de Pierrefonds, Ericka Bareigts est allée à la rencontre des producteurs au Marché de Gros de Saint-Pierre. Accompagnée par une délégation du PCR composée d’Elie Hoarau, président du PCR, d’Yvan Dejean, secrétaire général du PCR, Gélita Hoarau, ancienne sénatrice, et Virginie Gobalou qui conduisait la liste soutenue par le PCR aux dernières élections municipales à Saint-Pierre, la candidate aux élections régionales a eu tout d’abord un échange avec Jean-Max Payet, directeur du Marché de Gros.

Le Marché de Gros, ce sont 30.000 tonnes de fruits et légumes qui font l’objet d’un volume de transactions de 30 millions d’euros, ce qui permet l’existence de 3.000 emplois indirects. Sur 1.100 livreurs, 133 viennent du Nord et de l’Est. D’où la proposition faite par Jean-Max Payet d’ouvrir une structure analogue dans le Nord-Est pour développer ce secteur.

Reconnu comme Marché d’intérêt régional, le Marché de Gros de Saint-Pierre est le fer de lance d’une alternative au modèle agricole dominant en place à La Réunion. Ce sont en effet essentiellement des agriculteurs qui ne sont pas adhérents à des coopératives. En conséquence, ils ne touchent aucune aide publique. Or, La Réunion est autosuffisante à 80 % en termes de fruits et légumes. L’autosuffisance alimentaire dans ce secteur est donc à portée de main, à condition que les producteurs indépendants puissent avoir un revenu suffisant, ce qui pose le problème de l’accès aux aides. Jean-Max Payet rappelle que les livreurs de canne à sucre ne sont pas tous forcément des adhérents à une coopérative, mais tous peuvent bénéficier des aides.

« La vraie question est le juste prix payé aux producteurs », a poursuivi le directeur du Marché de Gros qui a pointé plusieurs dérives du système dominant à La Réunion, notamment la construction avec des aides publiques d’une champignonnière surdimensionnée pour le marché local.
Ericka Bareigts compte porter la voix de ces producteurs pour que la Région puisse soutenir ce modèle alternatif qui correspond aux attentes en termes de promotion de l’emploi réunionnais et de circuit court.

La séquence s’est poursuivie par des rencontres avec des producteurs livrant au Marché de Gros. Ericka Bareigts a pu ainsi discuter avec Jean-Michel Moutama, président de la CGPER. Le dirigeant syndical a rappelé qu’il était prêt à discuter avec toutes les personnes animées par la volonté d’améliorer la situation des agriculteurs, qui ont la responsabilité de nourrir La Réunion.
La candidate aux élections régionales a également souligné le rôle important de ces producteurs depuis le début de la crise sanitaire. Cet épisode a permis aux Réunionnais de découvrir ou redécouvrir la qualité de la production locale dans des marchés de proximité.

M.M.