Économie réunionnaise : le calme avant la tempête
6 juin, parIEDOM : « Un premier trimestre favorable avant l’impact de la crise au Moyen-Orient »
10 juillet 2007

C’est au cours d’un voyage d’étude en Australie en mars dernier, organisé par l’Association des Irrigants de Saint-André (AISA), en collaboration avec la Chambre d’Agriculture, que 15 agriculteurs ont pu découvrir d’autres techniques de production innovantes. Ils ont donc pu voir ce qu’était l’irrigation hydroponique, qui consiste à allier protection de l’environnement et économie.
C’est de par l’immensité de son territoire, son avancée en matière de développement durable et aussi à cause de la place mondiale que le pays occupe dans le domaine de la production du sucre que la destination Australie a été largement privilégiée par l’AISA.
Suite à ce voyage d’étude, la cellule irrigation de la Chambre d’Agriculture a mené avec l’agriculteur une réflexion pour la mise en place d’un projet d’irrigation hydroponique, à partir de la récupération des eaux de drainage d’une serre.
Le technicien “irrigation” de la zone Nord/Est, Denis Nallacarpapoule, a assisté l’agriculteur Jena Louis Payet pour le montage du réseau. Le 5 juin 2007, a eu lieu, en même temps, la plantation de 365 plants de salade de variété Sierra en appliquant le principe de l’irrigation, et une autre plantation identique, mais cette fois en plein champ.
La méthode toujours au stade expérimental
Frédéric Aure, responsable de la cellule irrigation à la Chambre d’Agriculture, nous explique que la méthode de l’irrigation hydroponique est encore en phase d’expérimentation, mais que « nous sommes sur la bonne voie, la méthode est assez prometteuse ». En effet, les résultats des deux plantations effectuées simultanément montrent une différence de développement.
« La culture hydroponique, c’est-à-dire en hors sol, a permis d’éviter des maladies de sols. De plus, il y a eu une maîtrise parfaite des rejets, ainsi que des économies d’eau considérables ».
En d’autres termes, en culture hydroponique, les plantes vivent au-dessus de l’eau et leurs racines sont baignées par un courant fermé et dynamique de solution nutritive.
Cela permet donc un meilleur contrôle de la nutrition de la plante, une nette amélioration du rendement et de la qualité, et enfin une importante économie d’engrais, et surtout d’eau, dans une planète qui commence à en manquer sérieusement.
A La Réunion, très peu d’agriculteurs et organismes de formation pratiquent cette technique de production.
Mais déjà, bon nombre d’agriculteurs souhaitent tester cette méthode plus respectueuse de l’environnement, car cela représente une réelle économie pour eux.
De plus, ce type d’action répond aux exigences européennes sur la valorisation des déchets agricoles tout en respectant l’environnement.
Pour l’heure, l’objectif est de définir des références précises pour pouvoir appliquer cette méthode à plus grande échelle et à d’autres variétés de cultures. « En Australie, les agriculteurs ont noté que cette méthode était aussi utilisée en horticulture », précise Frédéric Aure.
Côté financier, il est vrai que cette technique nécessite un investissement de départ, comme dans toute entreprise, car la plantation ne se fait pas en plein champ. Mais, selon le responsable de l’irrigation, il s’agit d’un investissement durable, très vite amorti. Il sera peut-être possible également de prétendre à des subventions dès que la vulgarisation de la méthode sera effective.
Sophie Périabe
L’hydroponique, ce n’est pas si nouveau !
L’hydroponique, c’est l’art de cultiver des plantes dans l’eau. Les techniques de la culture hydroponique étaient connues déjà depuis la plus haute Antiquité. Le mot vient du grec “hydro = eau” et “ponos = travail”. Le concept a été “réinventé” à l’Université de Berkeley, en Californie, en 1930, par le Dr. W. E. Gericke, et depuis, la culture sans terre a frappé l’imagination du monde entier.
Mais cette méthode de culture existe depuis la nuit des temps.
Nous avons tous entendu parler des jardins suspendus de Babylone, mais aussi de ces peuples vivant au bord de lacs de hautes montagnes comme le “Titicaca” au Pérou ou le “Inle” au Myanmar, qui cultivent leurs potagers à la surface de l’eau, sur du paillage, des colonies de jacinthes d’eau, ou tout autre substrat local.
De plus en plus de nourriture provient de la culture sans terre. Au Québec, de vastes serres hydroponiques produisent des tomates et de la laitue très recherchées.
Cette technologie de l’ère spatiale est vouée à un avenir des plus prometteurs et il est fort probable que, un jour, toutes nos denrées alimentaires soient cultivées sans sol.
Des milliers de serres commerciales à travers le monde utilisent des systèmes hydroponiques pour la culture de tomates, de laitues, de concombres et d’autres productions légumières.
Une bonne partie de ces productions est maintenant proposée sur les étalages des supermarchés du monde entier.
(Source : www.hydroponix.com)
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