Un triple anniversaire de portée mondiale
18 juillet, par4 septembre 1996, 4 novembre 2016 et 12 novembre 2016
Les entreprises recherchent-elles avant tout des spécialistes de l’IA ?
18 juillet

L’essor de l’intelligence artificielle renforce la valeur des compétences humaines, selon un article de Isaure Delaporte et Hannah Liepmann, économistes à l’Organisation internationale du Travail. Esprit critique, communication, travail en équipe et capacité d’adaptation restent les qualités les plus recherchées par les employeurs, bien davantage que l’expertise en IA.
L’intelligence artificielle transforme progressivement le monde du travail. Les entreprises recherchent-elles avant tout des spécialistes de l’IA ? Selon une étude récente de l’Organisation internationale du Travail (OIT), ce sont les compétences humaines les plus classiques qui demeurent les plus précieuses pour s’adapter aux nouvelles technologies.
L’IA devrait modifier de nombreux métiers plutôt que les faire disparaître. Environ un quart des travailleurs dans le monde exercent aujourd’hui des professions potentiellement concernées par cette évolution. Dans ce contexte, la capacité à évoluer avec les outils numériques devient essentielle, mais elle ne repose pas uniquement sur des connaissances techniques.
L’OIT a analysé des millions d’offres d’emploi dans plusieurs pays d’Afrique, d’Amérique latine et du Moyen-Orient. Le résulltat est le suivant : les employeurs privilégient avant tout les profils capables de communiquer, de travailler en équipe, de faire preuve d’esprit critique, de résoudre des problèmes et d’analyser des situations complexes. Ces compétences cognitives et relationnelles figurent parmi les plus demandées, bien avant les connaissances spécialisées en intelligence artificielle.
À l’inverse, les compétences directement liées à l’IA ne représentent qu’une très faible part des offres d’emploi, souvent autour de 1 %. Elles concernent principalement des métiers spécialisés comme les développeurs ou les experts en données.
Dans la plupart des professions, les salariés utiliseront des outils d’IA déjà conçus plutôt que de les développer eux-mêmes. Leur valeur ajoutée résidera donc dans leur capacité à interpréter les résultats, vérifier les informations produites par les machines, exercer leur jugement et adapter les réponses aux besoins réels de leur activité.
Les qualités humaines prennent également une importance particulière dans les métiers de la relation, du soin, de l’accompagnement ou du service. Même si l’IA peut automatiser certaines tâches répétitives, elle ne remplace ni l’empathie, ni l’écoute, ni la capacité à instaurer une relation de confiance. Au contraire, en déchargeant les professionnels de certaines opérations techniques, elle pourrait leur permettre de consacrer davantage de temps aux interactions humaines.
Pour l’OIT, cette évolution rappelle une évidence : la formation tout au long de la vie reste indispensable, mais elle ne doit pas se limiter aux compétences numériques. Les savoir-faire fondamentaux, acquis à l’école comme tout au long de la carrière, constituent le meilleur atout pour évoluer dans un monde en pleine mutation.
À l’heure où l’intelligence artificielle s’impose dans les entreprises, les qualités les plus recherchées restent donc profondément humaines : réfléchir, coopérer, communiquer et savoir s’adapter.
M.M.
4 septembre 1996, 4 novembre 2016 et 12 novembre 2016
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