La concentration de richesses révèle l’ampleur des inégalités dans les anciennes colonies intégrées à la République française comme La Réunion
5 juin, parRapport sur les riches publié par l’Observatoire des inégalités
Point presse avec la Chambre d’agriculture
8 janvier 2005

Guy Derand, président de la Chambre verte, a dressé le bilan de la campagne 2004-2005. Les agriculteurs réunionnais n’ont pas souffert de la disparition d’Air Bourbon ; 500 tonnes de fruits ont été exportées en décembre.
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Les agriculteurs réunionnais ont fait une bonne campagne d’exportation. Guy Derand, président de la Chambre d’agriculture, a dressé hier un bilan positif pour la campagne 2004-2005, à l’occasion d’une conférence de presse. La fin d’année 2004 n’a pas été marquée par des problèmes de disponibilité de fret. Les agriculteurs réunionnais n’ont pas eu à subir des conséquences de la disparition de la compagnie Air Bourbon, cela grâce à l’efficacité du comité de pilotage export, qui a su mobiliser les compagnies aériennes.
Ces dernières ont mis à disposition des vols cargo supplémentaires et des disponibilités nouvelles sur des vols passagers. Plus de 700 tonnes de fruits ont pu être expédiés au cours de ces deux derniers mois, dont environ 500 tonnes pour le seul mois de décembre.
La Chambre espère beaucoup de l’exportation de l’ananas. Selon les estimations des exportateurs, cette campagne 2004-2005, qui devrait s’achever en avril 2005, devrait être meilleure que celle de l’année précédente, avec plus de 1.400 tonnes d’ananas expédiés.
L’exportation du letchi stagne. Les volumes exportés devraient être identiques à ceux de la précédente campagne, soit environ 200 tonnes. Ce manque de progression serait dû à la précocité des letchis malgaches, mais aussi aux fortes pluies, qui ont mis à mal la durée de la campagne.
C’est la mangue qui souffrira le plus. Les volumes exportés seront vraisemblablement plus faibles que lors de la précédente saison. Si en 2003, 44 tonnes de mangue ont été expédiées, on estime son exportation à 30 tonnes pour l’année 2004. La Chambre met en avant le marché difficile. Les mangues réunionnaises subissent la concurrence de mangues en provenance de pays d’Amérique du Sud, qui sont vendues à un prix beaucoup plus attractif. Quant aux fruits de la passion, les volumes devraient être identiques à ceux de la précédente année, soit environ 35 tonnes.
Bbj
Une campagne sucrière encourageante
"Un signe fort envoyé à Bruxelles sur la nécessité de préserver la filière canne à La Réunion" estime Guy Derand.
L’année 2004 a été la meilleure campagne sucrière depuis 1992, selon le président de la Chambre verte. "C’est un signe fort envoyé à Bruxelles sur la nécessité de préserver la filière canne à La Réunion", notera-t-il.
Avec 1.968.891 tonnes de cannes récoltées, et plus de 220.000 tonnes de sucre, les agriculteurs devraient être confortés dans cette agriculture au service de notre pays. Bois-Rouge a enregistré 980.712 tonnes de cannes broyées, contre 903.000 en 2003.
L’usine de l’Est a ainsi produit 107.000 tonnes de sucre. "Ces résultats 2004, au niveau du tonnage, approchent le record de l’année 1999, où l’usine de l’Est avait broyé 1 million de tonnes", indique fièrement Guy Derand, même s’il note les difficultés rencontrées par les agriculteurs de l’Ouest et du Sud.
Sur les balances de l’Ouest, les tonnages sont en baisse par rapport à la précédente campagne, cela malgré la mise en valeur récente de nouvelles parcelles. 53.721 tonnes contre 54.041 en 2003 pour l’antenne de Savanna-Grand Pourpier, 84.710 tonnes à Stella contre 86.336 tonnes pour la campagne précédente, 74.830 tonnes contre 83.239 sur Vue Belle - Tamarins. Les chiffres parlent d’eux-mêmes. La Chambre avance l’explication d’une “certaine” fatigue des sols.
Dans le Sud, la campagne a été gênée par les grèves successives, notamment dans la centrale thermique, ajoutées à un taux de panne de l’usine de l’ordre de 10%. Au final, entre 1.500 à 2.000 tonnes de cannes sont restées au champ.
Si la campagne semble être encourageante, elle a dû être rageante pour les petits producteurs du Sud. Guy Derand s’inquiète des difficultés pour trouver de la main d’oeuvre au moment de la coupe. "Les coupeurs de cannes semblent préférer ne pas travailler, plutôt que de risquer de perdre le bénéfice du RMI", déclare-t-il. La Chambre verte demande que les saisonniers agricoles puissent bénéficier des allocations chômage entre deux périodes travaillées.
Bbj
Déclarations aux Douanes : c’est urgent
Il est important que les agriculteurs réunionnais déclarent leur production auprès des services douaniers. Le président de la Chambre d’agriculture y tient : il l’a souligné hier lors d’une conférence de presse (lire ci-contre).
Après une directive européenne votée en juin 2004 et l’ouverture des déclarations à la fin septembre 2004, seulement 1% des agriculteurs concernés se sont soumis à cette obligation, soit une soixantaine uniquement. Les agriculteurs peuvent encore se déclarer jusqu’à la mi-février 2005, dernier délai pour accomplir les formalités d’identification auprès de l’administration des Douanes.
"C’est la première fois qu’une demande sur l’octroi de mer est réclamée aux agriculteurs", déclare Guy Derand, et malgré les quelques réticences, cette déclaration est obligatoire. La Chambre verte a ainsi réparti 3.000 imprimés de Déclaration de production locale et chargé ses conseillers Points Verts d’aider et de conseiller les agriculteurs dans cette démarche nouvelle, qui concerne tous les agriculteurs, quelle que soit leur production, s’ils veulent bénéficier des avantages de ce nouveau dispositif.
"Ça ne leur coûtera pas un centime d’euro, par contre, cela risque de leur coûter cher s’ils ne se déclarent pas", avertit Guy Derand. Il précise par ailleurs que la Région devra déposer un rapport à la commission agricole de l’Union européenne, pour argumenter sur l’utilité de l’exonération de l’octroi de mer.
Bbj
Marché de producteurs aujourd’hui à Saint-Denis
Les consommateurs réunionnais connaissent maintenant bien ce rendez-vous de la qualité. Le premier marché de producteurs a été lancé en août 2003, notamment pour répondre aux difficultés rencontrées par les agrumiculteurs et groupements de producteurs à écouler leur production.
Le principe est clair : il s’agit d’organiser de manière directe la vente de produits du terroir, du producteur au consommateur. Aujourd’hui, à Saint-Denis, sur le parking de l’ancienne gare routière, de 8 heures à 16 heures, les consommateurs devraient encore y gagner, particulièrement en termes de qualité, d’autant que le prix “unique” restera attractif.
Si les consommateurs trouvent une réponse adaptée à leurs attentes, les producteurs se disent totalement satisfaits de cette initiative. Face au succès rencontré, le nombre d’agriculteurs n’a cessé d’augmenter à chaque édition, passant de 7 agriculteurs à 35 lors de la dernière édition, sur le parking du théâtre de Saint-Gilles, au mois de décembre dernier. Initié par la cellule Mise en marché de la Chambre d’agriculture, c’est un concept axé sur l’authenticité et les produits du terroir, une vigoureuse intention de promouvoir la production légumière et fruitière réunionnaise.
Bbj
Mesurer le travail des éleveurs réunionnais
Le service Élevage de la Chambre d’agriculture, le SUADER-EDE, est chargé des missions réglementaires d’identification et de contrôle de performances et des missions conventionnelles que sont l’insémination artificielle et l’appui technique aux éleveurs.
Depuis maintenant trois ans, l’EDE de La Réunion s’y attelle, notamment en travaillant à la connexion du fichier local à la Base de données nationale d’identification (BDNI), devenue effective en mai 2003. Ainsi, “les vaches réunionnaises font partie du troupeau national”, déclare Guy Derand, permettant à l’ensemble du cheptel bovin de notre île d’être comparé objectivement au cheptel métropolitain, et ainsi mesurer le travail réalisé par les éleveurs réunionnais, notamment en termes d’amélioration génétique.
Cette mesure de traçabilité permettra de connaître la généalogie du cheptel, fiché à l’État civil bovin (ECB), utile pour le contrôle des performances. Ce contrôle mesure les productions des animaux. Le contrôle laitier officiel est opérationnel depuis novembre 2003, avec la mesure de la production en quantité et qualité (taux de matière grasse, matière azotée et cellules).
Officiel depuis le début 2004, avec ses données de croissance et ses pointages morphologiques, le contrôle bovin croissance permet de mesurer la production de viande. La Chambre d’agriculture s’exprimera plus longuement sur la pertinence de la traçabilité pour l’éleveur réunionnais.
Bbj
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