Economie

Grande distribution : La Réunion n’est décidément pas un « petit marché »

Le Groupe Bernard Hayot achète Score et Jumbo Score

Manuel Marchal / 23 juillet 2019

Le rachat des hypermarchés et supermarchés du groupe Vindemia par le Groupe Bernard Hayot est une recomposition du marché de la grande distribution à La Réunion. Mais elle ne remet pas en cause un modèle jugé sévèrement par une étude réalisée pour l’Observatoire des prix, des marges et des revenus.

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En mettant plus de 200 millions d’euros sur la table, le Groupe Bernard Hayot a pris le contrôle de Vindemia, filiale du groupe Casino. Cette acquisition permet au groupe antillais de consolider son implantation à La Réunion, ainsi que dans les pays de notre région, en faisant passer sous son pavillon les enseignes SCORE. Pour que GBH ne soit pas en position dominante, il cédera quatre hypermarchés à Make Distribution, filiale du Groupe Adrien Bellier connu pour ses activités dans la canne à sucre. Ils changeront d’enseigne.

Cette restructuration de la grande distribution à La Réunion rappelle tout d’abord que La Réunion n’est pas un « petit marché ». C’est au contraire un marché suffisamment important pour que GBH n’hésite pas à mettre plus de 200 millions d’euros pour absorber Vindemia. Or, si ce marché est si important, c’est bien parce que les Réunionnais ont un pouvoir d’achat qui leur permet de consommer les marchandises vendues par ces magasins, à des prix plus élevés qu’en France.

Ensuite, GBH est déjà présent à La Réunion avec l’enseigne Carrefour notamment. Il est donc un acteur d’un modèle jugé « mortifère » par une étude commandée par l’Observatoire des prix, des marges et des revenus, au sujet du marché de la grande distribution alimentaire. Il n’y a donc aucun changement à attendre de son côté. Quant à l’acquéreur des 4 hypers que GBH doit céder, il dévoilera sa stratégie demain. Son objectif est-il de remettre en cause ce système qui tire ses marges les plus importantes de la pression sur les producteurs réunionnais, et des prix plus chers qu’en France payés par les consommateurs ?

M.M.