Économie réunionnaise : le calme avant la tempête
6 juin, parIEDOM : « Un premier trimestre favorable avant l’impact de la crise au Moyen-Orient »
Questions à François Mandroux, président de Club Export et DG de Factories
10 juin 2006

Quels sont les principaux freins à l’exportation que rencontrent les entreprises réunionnaises ?
- Entreprises et industries de La Réunion manquent d’expériences dans le domaine. C’est pourquoi le Club a aussi pour vocation de mutualiser l’expérience de ses membres. Ses 70 adhérents de secteurs variés peuvent aider les primo accédants à l’exportation. Une de nos missions est d’ailleurs de mettre au point, avec la CCIR, des formations pour clarifier toutes les procédures à l’export qui sont complexes, denses et représentent des contraintes administratives qui nécessitent une information. Le second frein est que le tissu économique local est principalement constitué de Très petites entreprises qui n’ont pas les moyens de se tourner individuellement vers l’export. C’est pourquoi il faut jouer groupés, pour donner à l’extérieur un effet de puissance, une représentativité plus forte de l’entreprenariat réunionnais. Enfin, il y a encore des conditions logistiques à créer. En effet, nous recevons des produits que nous avons du mal à éclater dans la zone par manque de liens logistiques. C’est pourquoi nous voulons créer la bourse au fret, avec l’aide de la CCIR qui va nous ouvrir un entrepôt pour permettre des groupages de conteneurs. Aujourd’hui, les entreprises françaises ou anglaises ont plus de facilité que nous à exporter dans la zone. Le lien Nord-Sud fonctionne mieux.
Quels sont les secteurs d’activités qui s’exportent le mieux dans la zone ?
- Le domaine du BTP marche bien. À l’Ile Maurice, dans le cadre du tourisme et de la construction des hôtels de luxe, et à Madagascar qui est à la recherche d’une meilleure technicité pour la mise en œuvre de constructions. Les services, avec le graphisme, le packaging, l’expertise comptable, les logiciels informatiques aussi ont un fort potentiel à l’export parce que nous bénéficions de standards internationaux. L’agroalimentaire s’exporte plus dans les pays occidentaux.
L’exportation vers l’Europe n’est-elle pas plus coûteuse ?
- Avec les aides au fret proposées par l’ADIR et un certain nombre de dispositifs de soutien, on peut casser cette barrière des prix. Mais on en revient au déficit d’information pour les entreprises, c’est pourquoi le Club a mis en place un système de courriels qui permet d’informer régulièrement sur ce qui se fait.
Quel est l’intérêt de chercher à développer l’export dans la zone ?
- La Réunion, même si sa population augmente, reste un petit marché. Une entreprise se doit de croître. Les débouchés extérieurs apportent cette croissance génératrice d’emplois. Il y a aussi le fait que si on n’y va pas, les autres iront. À Madagascar, on retrouve la Chine, la Turquie, l’Afrique du Sud, l’Allemagne. Alors que La Réunion est une porte avancée de l’Europe et de la France dans l’océan Indien, il faut nous emparer de ces marchés. On peut amener un rapprochement, des services... On a une carte à jouer, il ne faut pas se faire damer le pion et surtout rester vigilants à ce que ces entreprises implantées chez nos voisins ne débarquent pas à La Réunion. C’est une guerre stratégique qui demande à ce que l’on joue groupés.
Entretien SL
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