Chronique économique

Ile de La Réunion : Un réel potentiel à l’exportation

13 octobre 2005, par Risham Badroudine

Malgré que l’exportation reste aujourd’hui très faible, La Réunion dispose de quelques atouts pour son développement efficace (tissu industriel ; infrastructures logistiques, main d’œuvre formée, dispositif d’aides...)

Les atouts évoqués par les chefs d’entreprises sont nombreux : compétence technique, savoir faire, professionnalisme... .

Le tissu industriel

La densification du tissu industriel se poursuit à la Réunion. Alors qu’en 1972, l’île ne comptait que 62 unités industrielles, elles sont aujourd’hui 380 (activité principale et hors énergie) selon une enquête menée par l’INSEE. Ces entreprises ont généré un chiffre d’affaires total de 1.5 milliards d’euros pour une valeur ajoutée de 415 millions d’euros et emploient 8 904 salariés.
Même si l’agroalimentaire pèse de tout son poids (47% du CA total et 39% de la valeur ajoutée), l’industrie locale a su se diversifier et se développer. Le poids du secteur agroalimentaire résulte historiquement d’un potentiel agricole important basé sur la filière canne-sucre-rhum.
Le secteur du BTP est aussi très important (3.242 entreprises recensées par l’INSEE pour un chiffre d’affaires de 879,9 millions d’euros hors sous-traitance en 2002). La filière métallurgie par exemple est entièrement représentée à la Réunion. L’extension régulière des produits fabriqués localement ne doit pas empêcher les industriels de dispenser des efforts hors de l’île, à la recherche de nouveaux marchés.
La conquête de nouveaux marchés doit mobiliser l’énergie des responsables des collectivités, des acteurs économiques et de leurs partenaires. Le challenge est de taille, mais certaines conditions sont réunies pour que l’industrie locale relève avec succès ce nouveau défi.

Port et aéroport : des outils performants qui ouvrent sur la zone

Surmontant les handicaps de son insularité, la Réunion a pu se doter d’un port et d’un aéroport performant, qui s’ouvrent sur la zone et dont le trafic augmente régulièrement. Avec une croissance supérieure à 8% (inférieur toutefois au trafic aérien international : plus de 15 %), le trafic atteint désormais 1,69 millions de passagers (arrivées et départs confondus). Le fret aérien n’est pas en reste avec 28.345 tonnes transportées en entrée et en sortie (+11% en 2004).
Port Réunion est aussi indispensable à une économie insulaire. Il a vu le jour en 1886 et a connu de nombreux aménagements. Il rivalise aujourd’hui en équipement avec des ports européens et peut désormais accueillir des bateaux à fort tirant d’eau. Il dispose aussi de grandes capacités de stockage de fret maritime. Le trafic total de marchandises embarquées ou débarquées, incluant les transbordement a augmenté de 13,3% en 2004 avec 3,9 millions de tonnes. En valeur, la progression atteint 9,2% en 2004 soit 3,017 milliards d’euros d’importations et d’exportations.

Ouverture sur la zone

Le développement de La Réunion passe aussi par le rapprochement avec les communautés ou unions économiques de la zone tels que la Commission de l’Océan Indien (COI), la Southern African Development Community (SADC), le COMESA (Marché commun de l’Afrique de l’Est et de l’Afrique Australe) ou encore l’IOR (Indian Ocean Rim). La COI est une organisation de droit international à vocation régionale, regroupant les îles de la zone du Sud-Ouest de l’océan Indien créée le 10 janvier 1984 par les gouvernements de Maurice, Madagascar et des Seychelles dans le cadre d’un accord général de coopération prévoyant notamment le développement économique et social des Etats membres. L’adhésion de la France par le biais de La Réunion est intervenue en janvier 1986 parallèlement à celle de la République Islamique des Comores.

L’exportation du "savoir faire" réunionnais

Le savoir faire accumulé depuis le XIXème siècle par le secteur sucrier réunionnais s’exprime bien au delà des frontières de l’île. Aujourd’hui, les compétences des groupes sucriers de La Réunion sont mises à profit à l’extérieur, tant dans le domaine agricole que dans le domaine industriel par l’intermédiaire des organismes de recherches. La production d’électricité à partir de la bagasse et du charbon est appelée à se diffuser dans l’ensemble du monde cannier. L’exportation du savoir faire apparaît comme un axe de développement.
Le secteur des TIC (Technologie de l’Information et de la Communication), peu développé au début des années 90, a connu un véritable essor. Les TIC représentent à la Réunion un chiffre d’affaire de 1,2 milliard d’euros et emploient prés de 4.000 personnes. Le secteur se caractérise par un niveau de formation élevé (50% des salariés sont qualifiés). Le développement de cette filière peut aussi passer par l’exportation de nos compétences et de notre savoir-faire.
"Le seul atout que nous possédons, la seule carte de la Réunion dont nos voisins ne peuvent se passer c’est notre niveau de formation. Ce transfert de connaissances doit être la base de nos échanges avec nos voisins car il n’y a pas d’autres moyens de nous rendre indispensables (...) dans le cadre d’un échange gagnant-gagnant (...) et de nous intégrer", affirme Paul Vergès à l’occasion de la signature d’une convention avec le CIRAD (Centre de Coopération Internationale en Recherche Agronomique pour le Développement). D’où la nécessité pour "La Réunion de devenir un pôle d’excellence".

Risham Badroudine

Les atouts de La RéunionMondialisationChronique économique

Signaler un contenu

Un message, un commentaire ?


Témoignages - 82e année


+ Lus