Economie

Impact du coronavirus : profit maximum avec un nombre minimum de travailleurs

Augmentation nettement plus importante du chômage en France qu’à La Réunion

Manuel Marchal / 28 juillet 2020

Augmentation de 21 % des chômeurs inscrits à Pôle emploi sur un an en France, augmentation de 1,1 % des chômeurs inscrits à Pôle emploi sur un an à La Réunion : l’impact du confinement sur l’emploi à La Réunion rappelle donc que notre île est arrivée à un stade de pénurie d’emploi au-delà du tolérable. Car même lorsqu’une crise d’une ampleur aussi importante que le confinement touche La Réunion, le nombre relativement faible de l’augmentation du chômage confirme que le système est arrivé à son stade de profit maximum avec un nombre de travailleurs réduit au minimum.

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Les statistiques sur l’emploi à La Réunion publiées hier par la DIECCTE et Pôle emploi concernent le deuxième trimestre de l’année, soit la période durant laquelle La Réunion a été touchée par près de deux mois de confinement.
Si le nombre de Réunionnais inscrit à Pôle emploi a peu varié en restant supérieur à 180.000, des redéploiements sont observés. Le nombre de travailleurs inscrits à Pôle emploi et ayant eu une activité réduite a baissé de plus de 3000 personnes sur ce trimestre, tandis que celui des personnes totalement privée d’emploi sur la période est en augmentation de plus de 5000. Il semble donc que la réduction d’activité a d’abord touché les emplois précaires, qui constituent pour près de la moitié de la population la seule issue au chômage.
Les jeunes, c’est-à-dire les moins de 25 ans, voient leur nombre d’inscrits à Pôle emploi croître de près de 8 % sur un trimestre, soit 1300 jeunes chômeurs de plus en moyenne, officiellement. Ils ont donc eux aussi été particulièrement touchés par les effets du confinement.
Le chômage de longue durée continue de progresser. Sur le nombre total de travailleurs inscrits à Pôle emploi et tenus de rechercher un emploi, près de 60 % le sont depuis un an, soit 13 point de plus qu’en France.

Importante différence avec la France

Les statistiques trimestrielles de Pôle emploi soulignent la différence de l’impact du coronavirus sur l’emploi entre La Réunion et la France.
En France, la hausse du nombre de travailleurs totalement privés d’emploi au cours du second trimestre est supérieure à 23 % par rapport à l’avant-COVID, et de 21 % par rapport à l’année précédente. A La Réunion, ces valeurs sont bien différentes, avec respectivement 5,6 % et 1,1 %.
Cela ne signifie pas que l’économie réunionnaise a mieux résisté au ralentissement de l’activité imposé par le confinement. Cela veut dire au contraire que le taux de chômage à La Réunion est déjà tellement élevé que la crise COVID-19 n’a pas eu un impact aussi désastreux qu’en France, car le désastre est déjà là à La Réunion, depuis des décennies.

Pénurie d’emplois au-delà du tolérable

Déjà en 1975, une étude du Conseil général évaluait à 25 % la proportion des travailleurs privés partiellement ou totalement d’emploi.
Depuis le confinement en France, les réorganisations opérées par les entreprises ont donc été plus importantes en termes de licenciements. A contrario à La Réunion, ces réorganisations ont déjà eu lieu. Le taux de productivité des travailleurs réunionnais est plus important qu’en France, comme l’ont déjà indiqué des études de l’INSEE. Elles ont abouti à une société où la moitié de la population est exclue d’un emploi durable, car le système économique en place à La Réunion n’a besoin que de la moitié de la population active pour fonctionner.
L’impact du confinement sur l’emploi à La Réunion rappelle donc que notre île est arrivée à un stade de pénurie d’emplois au-delà du tolérable. Car même lorsqu’une crise d’une ampleur aussi importante que le confinement touche La Réunion, le nombre relativement faible de l’augmentation du chômage confirme que le système est arrivé à son stade de profit maximum avec un nombre de travailleurs réduit au minimum.

M.M.



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  • Personne n’ose promettre le plein emploi, en métropôle déjà et à la Réunion, surtout pas, ce serait un aveu d’échec. Je pense qu’il faut former les jeunes et ne pas leur promettre de faire leur vie profesionnelle entière ici, c’est pas possible. alors que faire ? Tout simplement, si j’ose dire et d’autant plus si on vient d’avoir son diplôme ou que l’on attend depuis trop longtemps, c’est d’aller là où le travail est. Se faire connaître, bouger, oser aller aileurs, comme ça, la dignité sera là, et la Réunion sera la destination des congés annuels. Qu’en pensez-vous ? Pour la métropôle, c’est pareil, il y a des régions sinistrées depuis longtemps, faut pas hésiter, partir, voir des pays, c’est rien que du bon en lieu et place de tourner en rond ici, pour finalement le plus rien chercher, espérer, rentrer dans l’assistanat, ce n’est pas vraiment une solution durable, constructive, mais un gâchis, nons ? Enfin, c’est mon avis, Arthur qui voit bien ce qui se passe alors qu’il y a tant à fair epour améliorer la vie des gens, de la planète....

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