Infoport, un outil d’excellence pour faire face à la concurrence

Le Port de La Réunion joue dans la cour des grands

12 mars 2007

Eric Magamootoo, le Président de la CCIR, était entouré, la semaine dernière, au Foyer des Dockers, au Port, de toute la communauté portuaire pour annoncer 2 grandes informations : la création de la société Infoport et le lancement d’un appel à projet pour la construction d’un nouveau Terminal céréalier.

En se dotant d’une société anonyme simplifiée Infocor, la communauté portuaire crée une organisation qui lui permet de mettre en réseau l’information concernant toutes les arrivées de marchandises. Avant de mettre en avant une telle avancée, il faut souligner la capacité de rassemblement déployée par Eric Magamootoo. En effet, ce dernier a su mettre au cœur de son action l’union des 250 professionnels que compte la communauté portuaire : les armateurs ou leur agent, les manutentionnaires, les transitaires, les déclarants en douane, les entrepositaires, les administrations des douanes, de la capitainerie, des services vétérinaires et phytosanitaires, des services de la CCIR.
Il s’agit également de se rappeler du contexte. En effet, suite aux attentats du 11 septembre 2001 aux États-Unis, les spécialistes du terrorisme craignent une nouvelle attaque, par le biais de bateaux, cette fois. Par conséquent, les normes portuaires sont de plus en plus strictes. En ce sens, les douanes se dotent du logiciel Delta afin d’assurer un meilleur contrôle des marchandises, en 2007. La communauté portuaire décide à son tour, par le biais de la société Infocor, d’acquérir le progiciel AP+. Grâce à ce système, on saura tout ce qui se trouve à l’intérieur des bateaux.
Au niveau de la concurrence, une telle mise à niveau semble également obligatoire. En effet, les deux premiers ports de France, Marseille (Fos-sur-Mer) et le Havre, se sont déjà dotés d’une telle infrastructure. Le Port se devait d’effectuer un tel effort pour rester dans la course. Eric Magamootoo rappelle que le délai d’adaptation au logiciel devrait s’accomplir au cours des 12 prochains mois. Une fois cette année passée, le progiciel AP+ permettra d’accélérer : les temps de passage des marchandises ; d’améliorer la productivité ; de fiabiliser et de sécuriser des échanges ; d’effectuer des contrôles plus ciblés. Une telle amélioration technique vise une plus grande transparence de l’activité portuaire.
L’investissement dans le système représente 200.000 euros. Ce n’est pas ce montant-là qui représente une somme importante. Ce sont beaucoup plus les 220.000 euros annuels de location du logiciel qui constituent un coût conséquent.

Composition de la société

Le comité de Direction de cette société compte 11 membres. Sa composition rassemble tous les métiers de la communauté portuaire. Tout d’abord, il y a 2 membres des agents maritimes : la SRSM et la SEALRE. Puis, on trouve 2 représentants des acconiers (ceux qui manipulent les marchandises) : la SGM et la COR. Ensuite, les transitaires ont 4 délégués venant de la société Nouvelle Legarnisson, de Transit Repiquet, de Ttram, de Holdtrans. Les autres usagers ont la FNTR comme représentant. Enfin, la CCI Réunion a 2 représentants que sont MM. Riaz Mall et Pierre Châtelet.
La société anonyme simplifiée compte 35 actionnaires qui ont apporté en tout 150.000 euros de fonds. Son capital plafond est fixé à 250.000 euros.
En outre, pour le Président de la CCIR, Infoport n’est pas un lieu de pouvoir, mais une structure d’échange d’informations. Un actionnaire ou une alliance d’entre eux ne peut prendre le pouvoir. Un directeur sera recruté prochainement. Quant au Président, il s’agit d’Eric Magamootoo, ce qui se comprend aisément puisque la CCI est responsable de la zone portuaire.

Le projet d’un nouveau Terminal céréalier pour La Réunion se concrétise

Eric Magamootoo, le Président de la CCIR, a également annoncé la publication, aujourd’hui, d’un appel à projet dans la presse pour la construction d’un Terminal céréalier de 60.000 tonnes dont le coût devrait être de 24 millions d’euros. La première tranche devrait être livrée en 2008, et la seconde en 2009. Il faut dire qu’il y a urgence. En effet, la darse de grande plaisance devant être bientôt élargie, l’actuel Terminal céréalier qui se trouve à côté pâtira rapidement des travaux à venir.
Cette annonce était très attendue par les céréaliers du fait de nombreux dysfonctionnements. Les éleveurs étaient également favorables à une telle annonce. Actuellement, la capacité de traitement des céréales se monte à 30.000 tonnes. Celle-ci est insuffisante. En outre, le besoin en céréales ne fait que grandir. Enfin, conformément au souhait du Président du Conseil régional, une partie des 60.000 tonnes sera affectée à un lieu de stockage pour les îles de la zone afin de les aider lors de crises éventuelles.
Eric Magamootoo justifie sa décision d’y avoir eu recours en indiquant qu’avec un tel procédé, il n’y aura pas de dépassement de coût. Cela pose cependant la question de la durée de l’amortissement de cet investissement conséquent. Le Président de la CCIR table sur une durée de 30 ans. Or, la durée de la concession de l’installation portuaire à l’organisme consulaire va jusqu’en 2019. Eric Magamootoo indique que, pour prendre en compte ces différents aspects, il demandera au ministère de tutelle une dérogation lui permettant de s’engager pendant 30 ans. Il ajoute que s’il fait un tel communiqué de presse, c’est parce qu’il a des éléments en ce sens de la part du Préfet et du Ministère de l’Outre-mer.

Mathieu Damian


Qu’est-ce qu’un Partenariat-Public-Privé (PPP) ?

Pour la première fois pour un tel projet, la CCIR procède par le biais d’un PPP. Selon le Ministère de l’Economie et des Finances, cela permet à une collectivité publique « de confier à une entreprise la mission globale de financer, concevoir tout ou partie, construire, maintenir et gérer des ouvrages ou des équipements publics, et services concourant aux missions de service public de l’administration, dans un cadre de longue durée et contre un paiement effectué par la personne publique, et étalé dans le temps. Il a pour but d’optimiser les performances respectives des secteurs public et privé, pour réaliser, dans les meilleurs délais, les projets qui présentent un caractère d’urgence ou de complexité pour la collectivité : hôpitaux, écoles, systèmes informatiques, infrastructures ».


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