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« Les Accords de partenariat économique (APE) dans l’océan Indien »
28 septembre 2018, par

Depuis hier et jusqu’à cet après-midi, l’Université de La Réunion organise une conférence intitulée « Les Accords de partenariat économique (APE) dans l’océan Indien ». Cette manifestation informe qu’à l’horizon 2022-2024, un accord de libre-échange entre l’Union éuropéenne et les voisins de La Réunion portera pleinement ses effets, et qu’il est important de s’y préparer.
Les accords de partenariat économiques rappellent que La Réunion est concernée par la mondialisation des échanges. Ces APE visent à régler les relations commerciales entre l’Union européenne et les pays en développement. En tant que région de l’Union européenne, notre île est donc pleinement concernée par ce que l’Europe signe en son nom. Ce sont trois APE.
Le premier a été signé en 2009 avec 4 pays du groupe de l’Afrique australe et orientale : Madagascar, Maurice, Seychelles et Zimbabwe. Il en a découlé APE intermédiaire ne traitant pas des services, et l’APE définitif s’appliquera en 2022.
Le second date de juin 2016 avec tous les pays de la SADC sauf l’Angola, soit l’Afrique du Sud, le Botswana, le Lesotho, le Mozambique, la Namibie et le Swaziland. Un APE intérimaire s’applique depuis octobre 2016.
Le troisième a lui aussi été signé en juin 2016 avec la Communauté d’Afrique de l’Est, mais seul deux de ses membres sont signataires, le Kenya et le Rwanda. Aucun accord intérimaire n’est appliqué en raison de ce faible nombre.
Dans tous les cas, la totalité du marché réunionnais est ouvert aux produits des pays signataires de l’APE. C’est une situation qui existait déjà à l’époque des Accords de Lomé, précise Laurent Didier, professeur à l’Université de La Réunion et organisateur de la manifestation. Il ajoute que dans les trois APE, les signataires se sont mis d’accord pour qu’un paragraphe permette de tenir compte des spécificités de La Réunion en tant que région ultrapériphérique (RUP) de l’Union européenne. Ceci engage donc l’UE à ne pas remettre en cause ces spécificités. Cela veut dire donner la garantie que des dispositions dérogatoires à cette ouverture totale du marché peuvent s’appliquer. Ceci permet le maintien de l’octroi de mer qui joue le rôle d’une barrière tarifaire. Les taxes imposées sur les importations peuvent augmenter le prix de marchandises qui viennent concurrencer celles produites à La Réunion. A cela s’ajoute le déclenchement possible de clauses de sauvegarde lorsque le niveau des importations met en danger la production domestique.
Au sujet de l’APE le plus avancé dans son application, il reste néanmoins à discuter des conditions de l’intégration des services dans le libre-échange. Or, ces services constituent plus de 80 % de l’économie réunionnaise.
Pour le moment, les flux commerciaux liés à ces APE n’ont pas été marqués par une brusque montée des importations à La Réunion, de nature à déstabiliser le tissu productif. Mais il reste la difficulté de se projeter à un horizon de 10 ans, quand tous ces APE produiront pleinement leurs effets. L’unique barrière, l’octroi de mer, est en effet un régime dérogatoire accordé par l’Union européenne qui pourrait très bien disparaître en 2020 si Bruxelles le décidait.
Aussi, l’objectif principal de la manifestation scientifique est d’informer les décideurs de l’application prochaine de ces APE, de leur contenu et de l’importance de s’y préparer. Il reste en effet des inconnues, telles que l’évolution de la dynamique des échanges et leurs effets sur l’économie de La Réunion. Laurent Didier note d’ailleurs qu’à ce jour, aucune demande d’étude d’impact n’a été faite publiquement. C’est un domaine sur lequel les universitaires sont prêts à travailler.
M.M.
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