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Agriculture - Visite du Préfet
3 novembre 2006

À la demande du Préfet Pierre-Henry Maccioni, une visite de terrain a été organisée par la Chambre d’Agriculture pour qu’il puisse se rendre compte des réalités de l’agriculture réunionnaise. De la filière canne à la filière porcine, en passant par l’horticulture et le maraîchage, le Préfet s’est engagé à considérer les spécificités de l’île. À bon entendeur...
L’agriculture est un secteur d’activité, en devenir, à préserver. Certes. Mais pour ce faire, il importe de considérer les nombreuses contraintes qui l’affectent. La filière canne mérite d’être modernisée par la mécanisation. Encore faut-il penser à l’irrigation des terres et parvenir à la maîtrise foncière, ce qui est loin d’être fait. La filière porcine se développe, mais il reste à contrôler la concurrence, presque déloyale des entreprises péi dehors.
La diversification des cultures passe également par une maîtrise foncière. Les agriculteurs ont besoin de terres pour développer leur exploitation. Encore faut-il gérer les affaires de copinage à la SAFER, ou peut-être même à la Chambre verte, comme le dénonçait un agriculteur saint-andréen. Bref ! le Préfet Maccioni s’est accordé une matinée de visite sur le terrain. Occasion de constater le travail de ce corps de métiers.
Quelles solutions peut-il apporter ?
Le rendez-vous est fixé sur le parking de Jardi’Cane à Saint-André, lieu d’approvisionnement pour les agriculteurs. M.Técher, Président de la CANE ouvre le dialogue avec le Préfet, lui signifiant les contraintes de l’approvisionnement en intrants. « L’approvisionnement des agriculteurs ne nous fait pas gagner de l’argent », lançait-il au Préfet à peine arrivé.
Et M. Técher de souligner les difficultés rencontrées par les agriculteurs eux-mêmes, notamment en raison de la petitesse de la majeure partie des exploitations. Après un petit tour d’horizon sur l’agriculture locale, le Préfet visite un “karo kann”, s’explique sur les modalités de développement de la filière. Et si la mécanisation de la coupe de la canne était au cœur du sujet, il s’avère que sa réalisation est quelque peu compromise, déjà par la morphologie des terres, mais aussi par le manque d’engins adaptés pour écaler les terres des roches.
Un sabre à la main, le Préfet s’adonne à l’exercice de la coupe de la canne avec dextérité. Une canne coupée, vite goûtée, la délégation va à la rencontre d’un horticulteur quelque peu désabusé par la SAFER. Pour peu, la visite n’aurait pu se tenir. Dépossédé de 3 hectares de terres, en friche, Henri-Jacques Hoareau n’a pas manqué de faire valoir son droit à la terre agricole pour travailler et étendre son exploitation. Son frère, Jean-Luc Hoareau, lui a volontiers cédé 3.000 mètres carrés pour ses fleurs, mais il importe qu’un horticulteur travailleur puisse bénéficier d’un espace plus étendu. Une solution ? Pierre-Henry Maccioni prévient pour autant qu’il n’a pas les pleins pouvoirs, mais qu’il réunira tous les protagonistes pour que cet horticulteur, autrefois érémiste, puisse continuer à travailler. Je ne décide pas, mais je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour trouver une solution le plus rapidement possible », assurera le préfet. Espérons que la promesse ne restera pas lettre morte.
Il faut plus que l’attention
Petit détour chez Yvette Sellin, une éleveuse porcine dynamique. Elle a privilégié le regroupement au sein d’une filière organisée. « Je sais produire, mais je ne sais pas vendre », explique-t-elle au Préfet. Peut-être que la constitution en collectif est une solution pour développer la filière ! Encore faut-il gérer les difficultés rencontrées par la profession, notamment pour le transport du lisier, considéré comme produit dangereux. Allez savoir pourquoi. Les producteurs canniers l’utilisent pour la canne à sucre. Comment pourrait-on dégager une solution pour les produits dérivés de l’élevage porcin tel que le lisier ? La question reste en suspens.
Autre petit tour chez un maraîcher touché comme tant d’autres par le cyclone Diwa, contraint par des coûts difficiles à honorer. Le Préfet est attentif et assure de son soutien « dans la mesure des possibilités », tout en assurant que tout s’est fait en temps et en heure. Alé di partou ! Bref ! une visite de terrain que l’on jugera bon enfant. On entendra souvent en effet « je ne décide pas ». Il dira même « je ne suis pas gouverneur, je suis Préfet ». Allez comprendre.
Bbj
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