Économie réunionnaise : le calme avant la tempête
6 juin, parIEDOM : « Un premier trimestre favorable avant l’impact de la crise au Moyen-Orient »
9 octobre 2008

Le marché est dépendant de la psychologie des foules : la moindre angoisse ou perte de confiance, et tout s’effondre.
Faut-il créer une cellule psychologique pour les traders, brokers et autres golden boys ? Cela se fait à Londres, on soigne psychologiquement les boursicoteurs licenciés ou traumatisés par la crise financière. Ainsi, la psychologie vient au secours de l’économie. Ces gens jeunes gens grassement payés étaient derrière leurs écrans d’ordinateur, le téléphone à l’oreille, et donnaient des ordres d’achat et de vente, spéculaient en espérant que les valeurs qu’ils traitaient monteraient, car leurs "bonus", leurs fameux "bonus" qu’ils dépensaient en voitures, appartements et objets de luxe, dépendaient de leur capacité à faire flamber la Bourse. Or, derrière toutes ces transactions, il y avait des contreparties, des entreprises qui se restructuraient, des fusions, des délocalisations, des logements qu’on achetait, bref, ce que l’on appelle de l’économie réelle, alors qu’eux restaient dans le virtuel.
Et voilà que le principe de réalité les rattrape... Et nous sommes en pleine psychologie. On peut dire que les banques faisaient un déni de réalité. A moins que leurs dirigeants n’aient profité de leur connaissance approfondie du marché avant les autres, pour prendre l’argent et partir avant que le système ne s’écroule, mais, franchement, qui pourrait le croire...
Les golden boys, eux, retrouvent la réalité du chômage, et le marché qu’ils avaient tant idolâtré ne leur a pas rendu leur dévotion. Mais au-dessus des problèmes individuels, il y a la question de la foule.
Un marché moutonnier
La psychologie des foules est finalement le grand moteur de l’économie. Le marché ce n’est pas l’offre et la demande, comme le croient les vieux économistes, mais le mouvement de foule. La foule heureuse, confiante, qui achète, et favorise une bulle, la foule qui panique et favorise un effondrement. Il n’y a pas plus moutonnier qu’un marché. Tout marché est dominé par l’imitation, le mimétisme. Le "buzzing", le bouche à oreille, la rumeur favorisent le mimétisme. Vous-mêmes, quand vous recommandez un livre, favorisez l’imitation et la propagation de la rumeur. La mode n’est pas autre chose que du mimétisme, de la passion et jamais de la raison. Et en ce moment les boursiers se disent : oh la la ! si le plan de sauvetage est aussi gros, c’est que la situation est beaucoup plus catastrophique que l’on ne croyait ! Vendons, vendons !
Cependant, il faut bien mettre son argent quelque part, et les banques sont en train de lorgner sur les énergies renouvelables. L’éolien et le photovoltaïque en particulier sont très demandés par les banques américaines. D’ici à voir un crash de l’éolien dans cinq ans... C’est un pas que nous ne franchirons pas. Reste la morale de l’histoire : le capitalisme ne connaît aucune pédagogie, pas même celle de la catastrophe.
Bernard Maris, France Inter et Marianne2
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