Economie

L’État et le Département vont-ils enfin mettre de l’ordre dans le GDS ?

Conseil d’administration du Groupe de défense sanitaire cet après-midi

Manuel Marchal / 20 août 2019

La filière bovine est touchée par d’importants problèmes. Ils ont pour origine des causes sanitaires. A La Réunion, l’État et le Conseil départemental ont délégué dans ce domaine d’importantes compétences à une association, le GDS (Groupe de défense sanitaire). Sous les feux de la critique en raison des frasques de certains de ses dirigeants, il est clair que le GDS n’apparaît plus comme un outil efficace dans ses missions qui sont pourtant capitales. Le conseil d’administration de ce jour s’annonce donc mouvementé.

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L’élévage fait souvent la « une » de l’actualité en ce moment. Ce sont particulièrement les éleveurs bovins qui font les frais de la crise. L’existence de maladies dans le cheptel remet en cause le travail d’éleveurs qui n’ont rien à se reprocher, mais qui doivent utiliser leur trésorerie pour entretenir des animaux de plus en plus difficile à vendre. Là aussi, les répercussions touchent toute la chaîne, du naisseur à l’engraisseur. Les consommateurs n’ont plus confiance, les blocages s’accumulent. Ceci amène à des actes de détresse, comme l’a rappelé le mois dernier une prise d’otage de fonctionnaires venus enquêter dans une exploitation agricole.

Dérives

La Réunion a pour particularité d’être doté d’un outil qui, sur le papier, pourrait jouer un rôle important aux côtés des éleveurs touchés. Il s’agit du Groupe de défense sanitaire (GDS). Cette association est subventionnée par l’État, le Conseil départemental et des éleveurs qui peuvent ainsi bénéficier de l’achat de produits subventionnés par les fonds publics. Le GDS assume donc des missions déléguées par l’État et le Conseil départemental dans le domaine sanitaire. Pour cela, il dispose d’un effectif de 40 personnes. C’est un des plus gros GDS de la République, alors que La Réunion n’est pas réputée comme étant une terre essentiellement d’élevage.
Mais ce n’est pas l’efficacité du GDS dans ses missions qui fait plutôt la « une » de l’actualité, mais les frasques de certains des membres de sa direction. La goutte d’eau qui a fait déborder le vase est un voyage aux Etats-Unis payé par le GDS dont la durée, le lieu et les participants ne correspondaient guère à un déplacement professionnel lié à l’élevage. Manifestement, ces dérives n’ont pas cessé et des questions se posent sur l’utilité de l’achat d’un véhicule pour le GDS, qui va donc l’utiliser ?
Le fait que le GDS assume également une mission de commercialisation de produits pour le bétail entretient une certaine confusion des genres. N’y aurait-il pas là un risque de conflit d’intérêts ?
Tout comme il semble pour le moins étonnant que dans une structure de défense sanitaire, il soit nécessaire que des lanceurs d’alerte prennent le risque d’informer l’opinion.

Mission capitale

Ces quelques faits sont révélateurs d’un important désordre dans une association de 40 salariés ayant une mission capitale : la surveillance sanitaire de l’élevage à La Réunion. Cette crise de gouvernance intervient alors que les éleveurs ont plus que jamais besoin d’un outil efficace pour régler des problèmes urgents. Force est de constater à ce jour le silence de nombreuses institutions du monde agricole sur ce sujet. Un seul syndicat a dénoncé le scandale, il s’agit de la CGPER.
Autant dire que le conseil d’administration d’aujourd’hui verra sans doute un débat intéressant se développer. L’État et le conseil départemental prendront-ils enfin leurs responsabilités ?

M.M.