Économie réunionnaise : le calme avant la tempête
6 juin, parIEDOM : « Un premier trimestre favorable avant l’impact de la crise au Moyen-Orient »
23 novembre 2007

C’est un véritable coup de projecteur sur notre économie. “Economie de La Réunion” édite un numéro spécial sur « L’industrie à La Réunion », un état des lieux détaillé de la situation, permettant d’identifier les perspectives d’avenir pour ce secteur qui regroupe 3000 établissements et 15.000 salariés, soit 8% du total des salariés réunionnais.
« C’est un document de base et de référence », déclare le préfet Pierre-Henry Maccioni. Il est vrai que le numéro spécial est riche en données, nourrissant notre compréhension du secteur économique. N’allons pas jusqu’à dire que la revue se veut davantage revendicative des potentialités réunionnaises. D’ailleurs sa présentation aurait été plus neutre si elle s’était déroulée hors cadre étatique. Cela a vite tourné à la propagande des mesures gouvernementales. Monsieur le Préfet est représentant de l’État. Cela s’entend. Mais ne soyons médisant.
Félicitations à qui ?
C’est en partenaire que la DRIRE et l’INSEE ont créé ce document, basé sur leurs données, mises en commun. “L’industrie de La Réunion” aborde avec précision la forte croissance des investissements privés, notant ainsi que La Réunion ne dépend pas seulement des effets directs ou indirects des transferts publics. Les acteurs de l’économie locale, et notamment l’industrie, continuent à investir, innovent, appuient l’émergence de nouvelles activités, créent des emplois. Notre croissance économique est remarquable, soit 4.4% par an entre 1993 et 2005. Nous disposons d’une jeunesse de mieux en mieux formée, une politique locale en faveur du développement durable, impliquée dans la recherche et l’innovation, aux côtés des pôles de compétitivité. L’industrie ne peut que se développer dans un tel cadre !
Ne nous avançons pas trop vite non plus. Au vu de la rareté du foncier, des contraintes dues à l’insularité (fret), à l’étroitesse du marché local, de la concurrence tarifaire des mains d’œuvre de l’Océan Indien, La Réunion n’est pas uniquement une terre d’atouts économiques. Elle traîne des retards structurels, que les acteurs de l’économie réunionnaise ne peuvent rattraper seuls, sans l’implication de l’Etat. A chacun sa place et ses responsabilités ? Il ne faut surtout pas remettre en cause le poids de l’investissement public depuis la départementalisation. Pour autant, il était mérité de faire le zoom sur l’investissement privé...
Zoom économique
Notre passé de sucriers ne caractérise pas un avenir réunionnais seulement axé sur les potentialités du sucre et de ses dérivés. Notre île s’est résolument orientée vers le secteur tertiaire, qui représente tout de même 84% de la valeur ajoutée totale, et 83% des effectifs salariés. Pour autant, la place de l’industrie réunionnaise est conséquente, enregistrant 581.6 millions d’euros de valeur ajoutée. La revue aura aussi le mérite de mettre en lumière les déséquilibres en microrégions. L’Est est de loin la microrégion où les emplois industriels sont moins nombreux. Le Nord ne dispose pas de beaucoup d’industrie, mais celles présentes sur son territoire seraient plus qualifiées qu’ailleurs. L’Ouest voit ses industries se concentrer autour de la ville du Port et de ses installations portuaires, tandis que le Sud devient le bassin agroalimentaire de l’île. Nous n’irons pas jusqu’à vous lire toute la revue. Juste encore pour vous préciser que les secteurs de l’industrie réunionnaise sont tous étudiés, les résultats restitués. Vendu à 4.5 euros, il devrait être disponible chez tout bon libraire.
Bbj
Chiffres clés : L’industrie à La Réunion
- 3000 établissements industriels
- plus de 13.800 salariés, soit 7% des salariés réunionnais
- 581.6 millions d’euros de valeur ajoutée, soit 7% de la valeur ajoutée régionale
- Production locale en 2003 : 1.8 milliard d’euros
- Mise à échelle équivalente, les industries agroalimentaires sont par deux fois, voire trois fois, plus élevées à La Réunion qu’en France.
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