Un triple anniversaire de portée mondiale
18 juillet, par4 septembre 1996, 4 novembre 2016 et 12 novembre 2016
Conséquence de l’agression israélo-américaine : perturbations possibles de notre approvisionnement
21 mars, par

Le port de Jebel Ali, hub stratégique par lequel transitent des marchandises destinées à La Réunion, a été frappé dans le contexte de la riposte de l’Iran à l’agression israélo-américaine. La fermeture du détroit d’Ormuz menace les routes maritimes. Cette crise révèle crûment notre dépendance aux importations lointaines et l’urgence d’un co-développement régional.
Illustration : desserte de La Réunion par CMA-CGM. Au Nord, le port de Jebel Ali.
Le port de Jebel Ali, aux Émirats arabes unis, est l’un des plus grands hubs mondiaux du trafic de conteneurs. Une partie des marchandises consommées à La Réunion y transite avant de prendre la route de l’océan Indien. Mais derrière les alignements de grues et de porte-conteneurs se cache aussi une réalité géopolitique :une base de la marine des États-Unis.
Dans le contexte de l’affrontement avec Iran, ce port stratégique a été visé par une riposte iranienne à l’agression menée par la coalition israélo-américaine. Malgré les dégâts, les autorités locales ont voulu rassurer : le port resterait pleinement opérationnel. Mais la question n’est pas seulement celle des quais et des grues. Encore faut-il pouvoir y accéder et en repartir. C’est aussi le cas pour le port de Khalifa, à Abu Dhabi, géré en partie par CMA-CGM, compagnie maritime française fortement implantée à La Réunion.
Car Jebel Ali et Khalifa se situent au-delà du détroit d’Ormuz, passage maritime stratégique que les autorités iraniennes ont décidé de fermer en réponse aux bombardements. Ce goulet concentre une part essentielle du trafic énergétique et commercial mondial. Sa paralysie partielle bouleverse les routes maritimes, rallonge les trajets, renchérit les assurances et désorganise les chaînes logistiques.
Selon les annonces iraniennes, seuls les navires battant certains pavillons — notamment ceux de pays considérés comme non hostiles — pourraient franchir le détroit. Les cargos qui desservent La Réunion correspondent-ils à ces critères ? Rien n’est moins sûr. Dès lors, notre approvisionnement peut être perturbé : retards de livraison, pénuries, flambée des prix.
Cette situation agit comme un révélateur brutal. Elle rappelle combien La Réunion est vulnérable, dépendante d’importations venues de l’autre bout du monde pour son alimentation, ses matériaux, ses biens de consommation. L’intégration à la France et à l’Europe a progressivement détruit une grande partie de la production locale, tout en éloignant l’île de son environnement naturel. Nous importons de loin ce que nous pourrions produire ou acheter plus près.
La crise actuelle souligne l’absurdité de ce système néocolonial. Pourquoi dépendre de routes maritimes traversant des zones de guerre alors que des pays voisins peuvent fournir une partie de nos besoins ? Madagascar, Maurice et les Comores sont des partenaires naturels. Le co-développement est une nécessité stratégique.
Relocaliser certaines productions, renforcer les échanges avec notre environnement africain, sécuriser des circuits courts d’approvisionnement : voilà les véritables réponses à la crise. Cela suppose un changement profond des mentalités et des priorités politiques.
La dépendance n’est pas une fatalité. Mais si nous persistons à regarder vers des hubs lointains plutôt que vers nos voisins, chaque soubresaut géopolitique mondial continuera de se traduire ici par l’angoisse des pénuries et la hausse des prix. L’heure est venue de choisir le co-développement et la din de la dépendance.
M.M.
4 septembre 1996, 4 novembre 2016 et 12 novembre 2016
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Messages
21 mars, 18:29, par Arthur
C’est très bien de mettre des cartes de géographie pour mieux comprendre, expliquer. A la télévision, nous avons vu sur BFMTV qu’un missile avait été tiré sur Diégo Garcia, île base américaine de l’archipel des Chagos. L’océan Indien est donc vraiment dans l’actualité malgré la distance avec l’Iran, environ 2 000 Km. Nous vivons l’Histoire, sans savoir malgré les informations et les leçons du passé, ce qui va se passer. Comme on dit : "on sait comment ça commence et on ne sait pas quand ça finira " Comme pour la 1° guerre mondiale, débutée en été 1914, beaucoup pensait qu’en deux semaines, ce serait plié, en fait, le conflit a duré 4 ans, presqu’autant que le conflit actuel entre la Russie et l’Hukraine qui continue. Bon WE zot out, et vote pour ceux, celles qui iront, un droit que beaucoup aimerait avoir et qui nous a coûté beaucoup de vies humaines jadis. Arthur.