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La Banque africaine de développement présente sa vision du futur pour une croissance durable et une résilience climatique

Réunion de coordination semestrielle de l’Union africaine

samedi 22 juillet 2023


M. Adesina a évoqué les investissements considérables de la Banque, notamment les 44 milliards de dollars consacrés à des projets d’infrastructure régionaux et nationaux au cours des sept dernières années.


Le président du Groupe de la Banque africaine de développement, M. Akinwumi Adesina, a présenté dimanche les réalisations et les engagements importants de la Banque en faveur de l’Afrique, soulignant la détermination de la Banque à mobiliser des ressources pour stimuler la transformation économique, la résilience climatique et relever le défi de la dette du continent, entre autres priorités.

44 milliards de dollars pour les investissements en 7 ans

S’exprimant à l’occasion de la 5e réunion de coordination semestrielle de l’Union africaine (UA) à Nairobi, au Kenya, M. Adesina a évoqué les investissements considérables de la Banque, notamment les 44 milliards de dollars consacrés à des projets d’infrastructure régionaux et nationaux au cours des sept dernières années.

Il a déclaré que l’augmentation générale du capital de la Banque de 93 milliards de dollars à 208 milliards de dollars en 2019, « la plus élevée de son histoire depuis sa création en 1964, a fourni à l’institution la puissance financière nécessaire pour soutenir fermement l’Afrique dans sa lutte contre la pandémie du Covid-19 et dans sa reprise. »

La Banque a mis en place une Facilité de réponse rapide au Covid-19 d’un montant allant jusqu’à 10 milliards de dollars afin d’aider les gouvernements et le secteur privé à faire face aux effets de la pandémie.

« Accélération de la mise en œuvre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) »

Neuf chefs d’État et de gouvernement, le président de la Commission de l’Union africaine, Moussa Faki Mahamat, et la secrétaire générale adjointe des Nations unies, Amina Mohammed, ont participé à cette réunion. Étaient également présents les dirigeants des organisations panafricaines et des Communautés économiques régionales, ainsi que des représentants d’organismes internationaux. L’UA a convoqué la réunion sous le thème « Accélération de la mise en œuvre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) ».

Faisant le bilan des efforts de mobilisation des ressources de la Banque, M. Adesina a déclaré qu’après deux années de travail acharné, la Banque africaine de développement avait contribué, avec la Banque interaméricaine de développement, à concevoir une structure financière innovante qui répondait aux exigences techniques du Fonds monétaire international (FMI) pour le réacheminement des droits de tirage spéciaux (DTS) par l’intermédiaire des banques multilatérales de développement.

Depuis l’année dernière, les dirigeants africains réclamaient 100 milliards de dollars supplémentaires en DTS pour le continent, et demandaient qu’une partie de cette somme soit réacheminée par l’intermédiaire de la Banque africaine de développement, qui est un détenteur agréé de DTS.

Cette initiative, qui a reçu des éloges du secrétaire général des Nations unies, António Guterres, et de plusieurs autres dirigeants mondiaux, permettrait à la Banque africaine de développement de multiplier par quatre la valeur des DTS grâce à un effet de levier et de fournir d’importantes ressources au continent.

M. Adesina a déclaré aux dirigeants africains que leur action était nécessaire pour confirmer le réacheminement des DTS par l’intermédiaire de la Banque africaine de développement cette année.

Il a indiqué que la Banque cherchait activement à mettre en place des mécanismes, en collaboration avec la Banque mondiale, le FMI et les créanciers bilatéraux, pour gérer la situation de la dette africaine dans le cadre commun du G20.

La question de la dette

Le G20 a lancé le Cadre commun pour coordonner le reprofilage et la restructuration de la dette par les créanciers publics et privés, y compris les prêteurs non membres du Club de Paris, tels que la Chine continentale, l’Inde, l’Arabie saoudite, le Koweït et la Turquie, afin d’assurer un partage équitable du fardeau entre tous les créanciers. Le Tchad, l’Éthiopie et la Zambie ont demandé un allègement de leur dette au titre du cadre commun.

« Nous devons nous attaquer résolument au problème croissant de la dette en Afrique », a insisté M. Adesina, qui s’est dit préoccupé par l’encours total de la dette du continent, qui s’élève à 1 300 milliards de dollars. Le coût du service de la dette a atteint 22 milliards de dollars en 2022 et devrait augmenter cette année.

Les ressources naturelles pas des garanties de prêt

Le président de la Banque a toutefois déclaré que l’Afrique devait changer son approche de la dette et a appelé à la cessation de tous les prêts garantis par des ressources naturelles. « Ils ne sont pas dans l’intérêt de l’Afrique, car ils ne sont pas transparents. Ils sous-évaluent les ressources et mettent en gage les actifs nationaux », a-t-il déclaré. Il a ajouté que les prêts garantis par des ressources naturelles avaient conduit à des « pratiques prédatrices en matière de prêts de la part des créanciers, qui aggravent la situation des pays emprunteurs ».

En ce qui concerne la mobilisation des ressources pour lutter contre l’insécurité alimentaire en Afrique, le président de la Banque a souligné l’importance du Sommet Dakar 2 sur l’alimentation qui s’est tenu en janvier 2023 et auquel ont participé 34 chefs d’État et de gouvernement, des partenaires au développement, des agriculteurs et des acteurs du secteur privé. À ce jour, la Banque a mobilisé 72 milliards de dollars pour mettre en œuvre les Pactes de fourniture de denrées alimentaires et de produits agricoles élaborés lors de ce sommet.

Vers l’autosuffisance alimentaire

M. Adesina a évoqué les résultats de la Facilité africaine de production alimentaire d’urgence de 1,5 milliard de dollars que la Banque a lancée en mai 2022 en réponse à la guerre de la Russie en Ukraine, qui a fait grimper les prix du blé et du maïs dans le monde entier et a fait planer la menace d’une crise alimentaire en Afrique. De nombreux pays du continent dépendent de ces deux pays pour leurs importations de maïs et de blé. Jusqu’à 44 pays bénéficient de cette facilité qui, selon M. Adesina, « aide 20 millions d’agriculteurs à travers le continent à produire 38 millions de tonnes de denrées alimentaires ».

Le président du Groupe de la Banque africaine de développement a souligné l’impact de la 16e reconstitution des ressources du Fonds africain de développement, le guichet de prêts concessionnels du Groupe, pour les pays africains à faible revenu, qui a mobilisé l’année dernière 8,9 milliards de dollars en faveur de ces pays. Il a indiqué qu’il s’agissait de la plus importante reconstitution des ressources depuis la création du Fonds en 1972. Il a expliqué que la reconstitution des ressources a également donné lieu à la création d’un Guichet d’action climatique spécial destiné à soutenir la résilience climatique dans les États fragiles et à faible revenu, pour lequel la Banque a mobilisé 429 millions de dollars.


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