Économie réunionnaise : le calme avant la tempête
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Le président du Groupe de défense sanitaire déstabilisé publiquement par les arguments du syndicat
9 octobre 2019, par

L’assemblée générale du GDS tenue hier au Vingt-septième kilomètre a souligné l’ampleur de la crise dans cet organisme d’importance stratégique pour l’élevage à La Réunion. La CGPER a rappelé le manque de légitimité d’une présidence discréditée alors que les éleveurs réunionnais sont touchés par une crise sans précédent et ont besoin d’un GDS solide pour espérer passer ce cap difficile.
L’assemblée générale du Groupe de défense sanitaire s’est déroulée hier au Vingt-septième kilomètre. Elle a montré le gouffre existant entre une présidence qui pense agir comme si de rien n’était, et des éleveurs remontés par les frasques et les affaires concernant cette présidence pendant qu’ils doivent faire face aux pires difficultés pour tenter de survivre.
Rappelons qu’une première assemblée générale avait été convoquée voici deux semaines. Ce jour là, la CGPER accompagnée d’un huissier avait pu constater que rien n’avait été prévu pour accueillir les adhérents. Le président du GDS, auteur de la convocation, était d’ailleurs introuvable dans les locaux à l’heure fixée. C’est ainsi que Jérôme Huet pensait faire croire que la réunion d’hier était la suite de l’assemblée générale reportée, et donc qu’elle pouvait se tenir sans quorum.
C’était sans compter sur la CGPER, représentée notamment par son président, Jean-Bernard Maratchia, et son secrétaire, Jean-Michel Moutama, qui a de nouveau pu faire venir un huissier, suite à une autorisation délivrée par le tribunal. Ce dernier a donc pu noter les déclarations contradictoire du président du GDS. Car de quorum il n’y avait point, étant donné que sur 800 adhérents, étaient présents 250 personnes dont seulement 70 avaient un droit de vote. Pour voter, il fallait en effet être à jour de cotisation pour 2018 et 2019, ce qui veut dire qu’un éleveur installé cette année et à jour de sa cotisation ne pouvait pas prendre part au vote.
La défiance vis-à-vis de la présidence s’est trouvée amplifiée par la lecture d’un extrait de procès verbal de l’huissier, qui avait constaté que la première assemblée générale convoquée ne s’était pas tenue. Ceci déstabilisa Jerôme Huet qui organisa alors un conseil d’administration à huis-clos pour déterminer si l’assemblée devait ou non se poursuivre. Force est de constater l’attitude étonnante du représentant de l’État. Ce dernier déclarant ne pas vouloir s’immiscer dans ce qui est analysé comme un problème de gouvernance interne au GDS. Or, l’État a transféré au GDS l’importante compétence du suivi sanitaire des élevages réunionnais, et tout un secteur souffre de l’impact d’une crise de confiance du consommateur réunionnais envers les produits de l’élevage bovin en raison de problèmes sanitaires dans des exploitations.
Privée de micro, la CGPER a fait entendre son point de vue par mégaphone. Les syndicalistes demandent la révocation immédiate du président du GDS, et son remplacement par le vice-président afin de gérer les affaires courantes dans l’attente d’un renouvellement des administrateurs.
Faisant comme si de rien n’était, le président du GPS a mis aux voix des comptes. Dans cette structure, les statuts indiquent que les votes se font obligatoirement à main levée. Mais quand Jérôme Huet a utilisé la formule consacrée « qui est pour, qui s’abstient, qui est pour », aucune main ne s’est levée ce qui révèle l’ampleur de la révolte face aux dysfonctionnements de cette structure qui doit être au service des éleveurs réunionnais.
Il est également à noter que la présidence du GDS n’a pas donné suite à la demande de l’huissier de lui fournir la liste d’émargement et celle des votants. C’est un nouveau fait révélateur de l’incapacité du GDS à fonctionner correctement.
Sur la base de tous ces éléments et notamment du procès verbal de l’huissier sur l’assemblée générale d’hier, la CGPER va se tourner vers la justice et compte déposer vendredi au tribunal une demande de référé. La lutte continue pour que les éleveurs réunionnais puissent avoir droit à un Groupe de défense sanitaire à la hauteur de la crise qu’ils doivent surmonter.
M.M.
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