Économie réunionnaise : le calme avant la tempête
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Pour que les cultivateurs d’ananas aient le même traitement que les planteurs de canne à sucre
15 février 2020, par

La CGPER a tenu hier une conférence de presse pour demander un assouplissement des conditions exigées pour obtenir une aide à la replantation d’ananas. Le syndicat rappelle qu’une simplification des démarches a permis aux agriculteurs ayant droit de bénéficier de l’aide à la replantation de cannes à sucre. Il est urgent d’agir, le syndicat a demandé à rencontrer le Conseil départemental et la Direction régionale de l’agriculture et de la forêt pour évoquer ce sujet.
335 producteurs pour 357 hectares officiellement recensés : la filière ananas est importante à La Réunion. Elle contribue notamment aux exportations. Elle est aussi une diversification appréciable pour l’agriculture réunionnaise.
Ces 335 producteurs ont droit à une aide à la replantation de 16.000 euros par hectare, ce qui compense en partie un coût estimé à 20.000 euros par hectare. Cette aide vient d’un fonds européen, le FEADER. Mais faute d’un processus trop complèxe, nombreux sont les agriculteurs à renoncer à toucher cette aide. La CGPER a cité le cas d’un exploitant qui exporte 35 tonnes d’ananas.
La CGPER indique que de nombreuses factures sont demandées : travail du sol, paillage plastique, intrants… autant de documents que les agriculteurs concernés ne peuvent pas fournir.
Bernard Maratchia, président de la CGPER, rappelle que bien souvent, un agriculteur est propriétaire de son tracteur. Lorsqu’il l’utilise pour replanter un champs d’ananas, quelle facture peut-il fournir pour justifier l’utilisation de son outil ? C’est la même chose pour la plantation effectuée par le cultivateur d’ananas avec des plants lui appartenant. Comment peut-il facturer son travail pour lui-même ?
La CGPER est d’accord sur le fait qu’une aide ne peut pas être accordée sans contrôle. Le syndicat demande donc un assouplissement de la procédure, à l’image de ce qu’il s’est passé pour les dossiers de replantation de cannes à sucre financés par le FEADER.
Il propose donc que ce contrôle soit présent pour les analyses de sol, le paillage plastique ou l’achat d’intrants, autant de postes où il est facile pour un agriculteur de fournir une facture.
La CGPER a demandé une entrevue à Serge Hoarau, élu responsable de l’agriculture au Conseil départemental, et à la DAAF. Le syndicat souligne que la part du FEADER destinée à aider à la replantation obéit aux règles de l’Union européenne : si l’argent n’est pas utilisé d’ici la fin de l’année, il repartira en Europe. D’où l’urgence de trouver rapidement une solution, estime la CGPER.
M.M.
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